André Lachance (à gauche) et Gino Vallée, les propriétaires de Proludik. Leur entreprise de location et de vente de structures gonflables et d’organisation d’évènements ludiques ayant dû cesser ses activités pendant le temps de la crise de la COVID-19, ils ont décidé de se lancer dans la commercialisation de stations de lavage de mains portatives qui seront mises sur le marché par Hygienik, leur nouvelle entreprise.
André Lachance (à gauche) et Gino Vallée, les propriétaires de Proludik. Leur entreprise de location et de vente de structures gonflables et d’organisation d’évènements ludiques ayant dû cesser ses activités pendant le temps de la crise de la COVID-19, ils ont décidé de se lancer dans la commercialisation de stations de lavage de mains portatives qui seront mises sur le marché par Hygienik, leur nouvelle entreprise.

[GÉRER LA CRISE] Proludik: de l’événementiel aux services essentiels

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
La pandémie de coronavirus change tout pour les entrepreneurs d’ici qui en souffrent, mais qui rebondissent aussi devant la tempête, se serrent les coudes avec leurs employés et, parfois, font jaillir de nouvelles façons de faire. Nous allons à leur rencontre dans cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise: Proludik 
  • Type d’entreprise: location et vente d’équipements et de jeux gonflés et organisations d’événements ludiques 
  • Contact: André Lachance, président

Q  La situation avant la crise 

R  Nous sommes une entreprise qui, bon an, mal an, est impliquée dans à peu près 2000 événements par année, de petits à gros, en tant de fournisseurs d’équipement et de jeux gonflables dans différents types activités qui peuvent être organisés, tant au niveau scolaire, que lors des festivals, pour des entreprises et des particuliers.

Q  Quels ont été les dommages collatéraux de la crise 

R  Pour nous, c’était une très grosse crise. Le volet événementiel était complètement tombé. Non seulement on a arrêté de nous contacter pour organiser des événements, mais les gens qui avaient déjà pris des ententes pour l’organisation d’activités nous ont contactés pour les reporter en 2021. Je comprends la situation. Mais nous avons des frais fixes et toutes sortes d’engagements. Et on n’avait plus de revenus. Nous avons dû mettre au chômage une dizaine d’employés permanents, qui travaillent au niveau opérationnel-vente, de même que les personnes qui travaillent pendant la période estivale, entre 75 et 80, du personnel à temps plein au niveau des opérations et de l’entretien.

Q  Comment avez-vous réagi

R  On ne pouvait pas attendre que les nouvelles se succèdent avant de savoir si on devait reporter dans trois mois, dans six mois ou dans un an la reprise de nos activités. On devait se retourner assez rapidement pour trouver une solution. Il fallait générer d’autres revenus. Gino Vallée, mon associé, et moi, nous nous sommes penchés sur la question. Et nous avons eu un déclic grâce à Tommy Roberge, un ami qui œuvre dans le domaine de la construction. Il m’a dit : «André, je me cherche des stations de lavage de mains portatives.» C’est là que l’idée a germé, que nous nous sommes dit que nous avions besoin de réaliser un tel projet et que nous sommes passés à l’action.

Actuellement, dans toutes nos sphères d’activités, nous faisons affaire avec environ 15 000 clients issus du domaine gouvernemental et municipal, des entreprises et des particuliers. En ayant déjà un système de location et de vente, nous étions en mesure de pouvoir nous retourner rapidement. Tout ce dont nous avions besoin c’était de développer notre projet. Et pour vraiment nous différencier de Proludik, qui est associé au domaine événementiel et location de structures gonflables, on a décidé de commercialiser notre produit dans une entreprise que nous avions déjà qui était opérante, mais non active. Nous l’avons rebaptisée Hygienik.

Les clients qui nous engageaient pour un type de service pourront maintenant faire affaire avec nous pour un autre genre de produit. Nous sommes présentement en mode préparation et nous espérons pouvoir livrer notre produit vers la mi-juin, peut-être même avant. Car on travaille vraiment fort pour le livrer le plus tôt possible.

Les stations de lavage de mains portatives de l’entreprise Hygienik

Q  Comment devient-on fabricant et distributeur de stations de lavage de mains portatives.

R  On avait déjà, autant au Québec qu’à l’étranger, des fournisseurs qui produisent des composantes de plastique faites sur mesure. Comme on avait besoin d’avoir des composantes rapidement, nous nous sommes tournés vers nos fournisseurs en Asie. Mais notre objectif est vraiment de ramener toute la production de nos stations de lavage de mains au niveau local le plus rapidement possible. Hygienik n’est pas un feu de paille. Elle va répondre à un besoin immédiat, mais aussi futur. Et nous avons plein d’idées pour développer des produits sanitaires connexes au niveau des stations de lavage de mains et de purification, que ce soit dans les entrées de commerces, les grands événements, etc. Il va y avoir une panoplie de produits qui répondront à différentes clientèles.

Q  Vers une reprise des activités 

R  La nouvelle entreprise nous permettra de réengager quelques personnes du personnel administratif. Pour les autres qui travaillaient pendant la période estivale, on va voir. On n’est pas fermés à certaines possibilités. Mais à moins qu’il y ait un changement de cap, ce sera nécessairement des événements très locaux et très privés.

Q  Une leçon apprise grâce à la crise 

R  J’ai réalisé à quel point j’étais dans une industrie fragile. On ne pouvait pas penser qu’une pandémie comme celle que nous vivons allait nous affecter. Ça n’avait jamais fait partie des scénarios probables. Sauf qu’aujourd’hui nous sommes au plein cœur de la tempête. Ça fait 27 ans que nous sommes en affaires mon associé et moi. Comme entrepreneurs, on n’avait pas l’intention de couler après avoir mis tant d’efforts dans notre entreprise au cours des années. Je ne veux plus que ça arrive de nouveau. Au Québec, il faut toujours être très innovant comme entrepreneur. On l’a toujours été dans notre entreprise actuelle. Mais là, on va l’être encore plus dans d’autre chose. Je vais toujours avoir une partie de mes activités qui répondront à un service essentiel. D’autres produits vont s’ajouter. C’est un risque financier de plonger dans autre chose, mais ça ne peut pas être pire que ce que vit le secteur événementiel en ce moment.