Dany Gilbert a fondé AD+ armoires de cuisine et décoration avec son père à l’âge de 19 ans. L'entreprise compte 100 collaborateurs répartis dans une usine manufacturière située à Sainte-Marie et trois magasins de vente au détail et de services dans le domaine des armoires de cuisine (Québec, Lévis, Sainte-Marie).
Dany Gilbert a fondé AD+ armoires de cuisine et décoration avec son père à l’âge de 19 ans. L'entreprise compte 100 collaborateurs répartis dans une usine manufacturière située à Sainte-Marie et trois magasins de vente au détail et de services dans le domaine des armoires de cuisine (Québec, Lévis, Sainte-Marie).

[GÉRER LA CRISE] Garder la flamme allumée

La pandémie de coronavirus change tout pour les entrepreneurs d’ici qui en souffrent, mais qui rebondissent aussi devant la tempête, se serrent les coudes avec leurs employés et, parfois, font jaillir de nouvelles façons de faire. Nous allons à leur rencontre dans cette série «Gérer la crise».

• Entreprises : AD+ armoires et décoration

• Type d’entreprise : Confection et vente au détail d’armoires de cuisine

• Contact : Dany Gilbert, présidente

Q La situation avant la crise?

R AD+ est une entreprise familiale que j’ai fondée avec mon père il y a 27 ans, à l’âge de 19 ans. On compte 100 collaborateurs répartis dans une usine manufacturière située à Sainte-Marie et trois magasins de vente au détail et de services dans le domaine des armoires de cuisine (Québec, Lévis, Sainte-Marie). Avant le début de la crise, l’économie allait très bien et notre industrie en général allait aussi très bien. Notre carnet de commandes était bien rempli. Quand la crise est arrivée, il a fallu du jour au lendemain cesser la production.

Q Comment avez-vous vécu la crise?

R La première chose que j’ai faite, avant même la fermeture obligatoire de nos installations le 23 mars, fut de rassurer les gens de nos équipes par rapport à ce qui s’en venait et de leur rappeler l’importance de respecter les exigences et les règles sanitaires émises par la Santé publique. Je leur ai aussi dit que nous avions isolé un montant d’argent afin d’aider, sous forme de prêts, les victimes de mises à pied temporaires en attendant qu’elles reçoivent une aide gouvernementale. On a rapidement communiqué avec nos équipes et on n’a jamais arrêté de le faire pendant le confinement via notre page Facebook privée. 

Comme entreprise, il fallait penser à la relance. Nous savons que celle-ci se ferait beaucoup plus facilement si nous nos gens restaient connectés à nous. Nos valeurs d’entreprise comme l’épanouissement et le développement personnel étaient bien présentes dans nos communications puisqu’on alimentait le fil d’actualités avec des articles informatifs. Tous les membres de l’équipe interréagissaient entre eux. On sentait beaucoup d’énergie, de mobilisation et d’esprit d’équipe. 

Q Quelle était votre plus grande inquiétude?

R Elle était au niveau de mon équipe. On est très proche de nos employés. On n’a pas une relation employeur-employés. Je voulais m’assurer que nos gens n’aient pas de difficulté pendant la crise. Depuis la fermeture jusqu’à aujourd’hui, je pense que j’ai travaillé beaucoup plus que je le faisais avant la crise. Au début, j’essayais d’élaborer des stratégies de trois-quatre semaines. Mais j’ai vite compris qu’elles devaient être aux 24-48 heures. En tant qu’entrepreneure, je suis une femme de projets. Là, j’étais en mode prendre soin et s’assurer que tout reparte comme il le faut. 


« Pendant la crise, j’étais en sprint. Là, c’est un marathon qui commence. »
Dany Gilbert

Q Comment se vit le retour au travail avec les exigences imposées par la Santé publique?

R On n’a pu reprendre nos activités à 100 % parce que nous ne pouvons pas encore faire de projets de rénovation. Il faut donc réorganiser complètement nos activités. Pendant la crise, j’étais en sprint. Là, c’est un marathon qui commence.

En général, il n’y a pas de problème. En usine, il y a quelques postes où la distanciation est plus difficile. Certains employés sont donc obligés se travailler avec des visières. Évidemment, à chaque matin on répète aux gens de faire attention et on les sensibilise sur l’importance de respecter les consignes. Parce que notre mois de mai était plein, on produit à pleine capacité. Mais on ne produit pas aussi vite qu’avant. C’est donc difficile de prendre un peu d’avance. Et si j’ai une inquiétude aujourd’hui, ce serait d’être obligée d’arrêter la production pendant 48 heures à cause de cas de COVID.

Au niveau de l’équipe des ventes, on a été obligés d’évoluer et de s’adapter à de nouvelles façons de faire. Il faut remplir notre carnet de commandes. S’il n’y a pas de ventes, il n’y aura plus de production dans trois semaines. Les gens sont en télétravail et les rencontres avec les clients se font de manière virtuelle. On a maintenant l’occasion de rentrer chez les gens comme jamais on ne le faisait avant. 

Notre relance ne pouvant pas encore se faire à 100 % et pour accélérer le processus de formation des nouveaux employés que nous avions engagés avant le début de la crise, nous avons instauré une plate-forme qui nous permet de les former. Cette plate-forme contient une cinquantaine de capsules qui ont été réalisées à l’interne par une technicienne pendant le confinement. La formation n’est pas que technique, elle est aussi personnelle.

Q Une bonne chose qui ressortira de la crise?

R J’ai une équipe qui a grandi en éveil et en conscience. Je n’aurai vraiment pas la même équipe quand ça va repartir pour de bon. Je le sens, je le vois. La mobilisation de nos employés par rapport à l’entreprise et à ses valeurs est extraordinaire. Ils sont solidaires et leur est contribution est remarquable. On avait une culture de reconnaissance chez AD+ avant la COVID, mais là, elle prend vraiment tout son sens. 

Q À quoi ressemblera l’après-crise pour AD+?

Comme on n’a pas fait de ventes pendant quatre-cinq semaines, les mois de juin et de juillet seront un peu plus au ralenti. Pour nous, l’après est vraiment cet automne et notre équipe des ventes est déjà mobilisée avec une solide stratégie. 

Et on pense déjà à AD+ de demain. Nous savons que tout ce que l’on a mis en place pendant la crise sera de bons outils que l’on va conserver et que notre manière de travailler ne sera pas du tout la même que celle d’avant la crise. Elle sera davantage axée sur le virtuel. Et on a plein de projets en ce sens comme des portfolios virtuels.