La Bromontoise Julie Beaulieu se dit «choquée» par la disparité des conditions de travail et le salaire proposés aux aspirants préposés aux bénéficiaires, dont elle faisait partie.
La Bromontoise Julie Beaulieu se dit «choquée» par la disparité des conditions de travail et le salaire proposés aux aspirants préposés aux bénéficiaires, dont elle faisait partie.

Formation accélérée de préposé aux bénéficiaires: «je me sens flouée»

Julie Béliveau fondait beaucoup d’espoir en passant à travers le processus de sélection pour la formation accélérée de préposé aux bénéficiaires. Or, la Bromontoise se dit amère, car plutôt qu’un travail à temps complet de 49 000$ par an, on lui a proposé un poste à temps partiel, avec un salaire bien en deçà de ce que promet le gouvernement Legault.

Julie Béliveau travaille en administration depuis des années. Elle a notamment occupé ce type de poste dans un CHSLD. Le salaire et les conditions annoncés par Québec en mai pour recruter 10 000 préposés afin d’endiguer la pénurie de main-d’oeuvre à travers la province l’ont attirée.

Ses espoirs se sont évanouis en quelques secondes lorsqu’une personne de l’équipe du CHSLD Santé Courville de Waterloo, un établissement privé ayant des places subventionnées, l’a récemment contacté.

«Le gouvernement demande de nous engager en nous promettant des conditions de travail et un salaire. À ma grande surprise, on m’offre quelque chose de totalement différent. Je suis choquée. Je me sens flouée. Et je ne suis pas un cas isolé», a-t-elle déploré, faisant référence à de futurs préposés qui vivent une situation similaire, notamment dans la région de Laval.

En fait, selon Mme Béliveau, le centre d’hébergement de Waterloo lui a proposé du temps partiel pour un salaire annuel avoisinant 26 000$. Un non-sens, a-t-elle clamé. «Je gagne déjà 34 000$ à 35 000$. Je ne peux pas joindre les deux bouts avec ce qu’on m’a proposé. Alors, j’ai refusé le poste.»

Confusion

Frédérick Berthiaume, conseiller en ressources humaines au sein du groupe Santé Courville, a indiqué en entrevue que «les CISSS et les CIUSSS ont eu le mandat de distribuer une partie des 10 000 candidatures aux établissements privés conventionnés». Ce qu’a corroboré le CIUSSS de l’Estrie.

Selon l’entreprise, deux candidats préposés ont été approchés pour le centre d’hébergement de Waterloo et six pour celui de Laval.

Or, pourquoi a-t-on offert un poste à temps partiel à Mme Beaulieu? «La disponibilité doit être à temps plein. C’est ce qui était annoncé», a fait valoir M. Berthiaume. Pourtant, le premier ministre lui-même a été on ne peut plus clair, assurant que la nouvelle rémunération promise aux préposés aux bénéficiaires qui complètent le cours accéléré est de 940$ par semaine, soit 49 000$ par année. Ce qui équivaut à un horaire à temps plein.

Devant la confusion qui règne à ce sujet, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, a tenu à remettre les pendules à l’heure, mercredi. «Le gouvernement a toujours été clair: on va offrir du temps complet aux préposés en CHSLD avec un salaire de 49 000$ par année. Ça va s’appliquer», a-t-elle publié via Twitter.

Concernant les propos de la ministre Blais et de François Legault, le représentant de Santé Courville est demeuré évasif, prétextant que «les discussions avec les candidats ont eu lieu au cours des deux dernières semaines».

De son côté, Julie Beaulieu dit avoir mis le projet de devenir préposée sur la glace. «J’ai perdu confiance. Même si la ministre Blais dit que les engagements seront respectés, j’ai un doute qui persiste. Ça m’en prendrait beaucoup pour me convaincre de me réinscrire pour une formation.»