C'est lundi, que Montréal deviendra la dernière région dans la province à se voir accorder la permission d'ouvrir ses magasins de détail, à condition de posséder une porte donnant sur l'extérieur.
C'est lundi, que Montréal deviendra la dernière région dans la province à se voir accorder la permission d'ouvrir ses magasins de détail, à condition de posséder une porte donnant sur l'extérieur.

Fébrilité et nervosité chez les commerçants de Montréal à la veille de rouvrir

Des propriétaires de commerces de la région de Montréal ont dit se préparer, dimanche, à trouver une nouvelle normalité au moment où Québec s'apprête à alléger davantage les mesures visant à freiner la propagation de la COVID-19.

Le port du masque, l'ajout de vitrines en plexiglas, la désinfection fréquente des mains et l'interdiction de toucher seront quelques-unes des actions mises de l'avant par des détaillants à compter de lundi.

C'est lundi, en effet, que Montréal deviendra la dernière région dans la province à se voir accorder la permission d'ouvrir ses magasins de détail, à condition de posséder une porte donnant sur l'extérieur.

Josée Madore, propriétaire d'une boutique de vêtements à Pointe-Claire, a dit se sentir excitée et seulement un peu inquiète.

«C'est l'inconnu», a déclaré Mme Madore lors d'une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, au moment où elle apposait les dernières touches en vue de la réouverture de la boutique Kiva.

Elle a décidé de limiter les heures d'ouverture, d'installer des panneaux en plexiglas à la caisse et elle compte désinfecter les surfaces fréquemment. Plutôt que d'essayer les vêtements, les clients seront encouragés à acheter le vêtement convoité et à le retourner s'il n'est pas de la bonne taille.

«Je suis en train de mettre la boutique belle. Elle est toujours belle, mais là, j'ai le goût qu'elle soit spécialement plus belle pour mes clientes. Je suis en train de réorganiser les collections. En même temps, je nettoie toutes les surfaces et je mets aussi de nouvelles enseignes dans la fenêtre parce qu'on a de nouvelles heures d'ouverture. Aussi, des nouvelles politiques concernant la façon de magasiner chez Kiva, les mesures de distanciation, tout ce qu'on a apporté de nouveau pour s'adapter à la situation», a-t-elle énuméré.

Mme Madore prévoit ouvrir son commerce pour des rendez-vous privés lundi et mardi, avant de le faire pour la population en général à compter de mercredi.

Elle dit n'avoir aucune inquiétude au sujet de sa santé avant la réouverture.

«Je ne suis pas inquiète du tout, mais je sais que mes clients pourraient l'être. Par respect pour eux, je vais porter un masque et faire tout ce que je peux pour m'assurer qu'elles se sentent en sécurité», a-t-elle déclaré.

Emilie Bordat, propriétaire de la boutique Karibu, dit vivre des «sentiments partagés» au sujet de la réouverture de sa boutique de cadeaux dans le quartier Saint-Henri. Tout en se disant excitée à l'idée de voir ses clients, elle ne sait pas à quel point leurs habitudes auront changé.

Déjà, elle a constaté une hausse des visites en ligne et a reçu des demandes pour la cueillette sans contact et des méthodes de livraison. Elle s'attend à ce que plusieurs de ses clients réguliers fassent leurs recherches au préalable et se rendent au commerce une fois qu'ils sauront ce qu'ils veulent.

Par ailleurs, elle espère attirer de nouveaux clients avec un étalage de masques faciaux fabriqués localement et qui seront mis en vente.

Pour assurer la sécurité de tout le monde, elle demandera à ses clients d'utiliser le désinfectant pour les mains qui sera installé près de la porte. De plus, elle compte leur demander d'éviter de toucher les articles inutilement.

Elle ouvrira ses portes mercredi pour se donner deux journées de plus de préparation.

«Ce sera une façon bien différente de faire des affaires», affirme-t-elle.


« Le fait de prendre cinq minutes pour parler peut changer quelque peu le sentiment de solitude chez certaines personnes qui se sentent très (isolées). En tant qu'entreprise locale, nous avons également un rôle social »
Emilie Bordat, propriétaire de la boutique Karibu

Malgré le nombre de cas élevés au Québec, elle ne pense pas que l'allègement des restrictions vient trop hâtivement à Montréal. Elle a confiance que ses clients seront prudents, et elle ne voit pas pourquoi de petits commerces devraient rester fermés pendant que des géants, comme Walmart, sont toujours demeurés ouverts.

Autre détail important à ses yeux : les commerces de plus petite taille offrent souvent un important lien pour leurs clients réguliers, dont certains se sentent isolés à cause de la pandémie.

«Le fait de prendre cinq minutes pour parler peut changer quelque peu le sentiment de solitude chez certaines personnes qui se sentent très (isolées). En tant qu'entreprise locale, nous avons également un rôle social.»

Les autorités provinciales ont graduellement allégé les restrictions, permettant depuis vendredi les rassemblements de dix personnes au maximum et provenant de pas plus que trois familles, dans le respect de la distanciation sociale.

Les dentistes, les spécialistes de soins thérapeutiques et les boutiques de toilettage d'animaux pourront accueillir des clients à partir du 1er juin tandis que les salons de coiffure et autres fournisseurs de soins personnels seront accessibles seulement s'ils se trouvent à l'extérieur de la région durement touchée qu'est Montréal.