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Au lendemain de la levée de la plupart des recommandations du port du masque par les autorités sanitaires américaines, Chloe, même pleinement vaccinée, porte toujours un masque noir dans les rues de Washington.
Au lendemain de la levée de la plupart des recommandations du port du masque par les autorités sanitaires américaines, Chloe, même pleinement vaccinée, porte toujours un masque noir dans les rues de Washington.

États-Unis : malgré la levée des restrictions, certains ne sont pas prêts à laisser tomber le masque

AFP
Agence France-Presse
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Au lendemain de la levée de la plupart des recommandations du port du masque par les autorités sanitaires américaines, Chloe, même pleinement vaccinée, porte toujours un masque noir dans les rues de Washington.

« Je pense que l’annonce (...) a clairement été un choc pour beaucoup de gens », a affirmé vendredi à l’AFP cette étudiante, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.

Chloe, 20 ans, a vécu l’annonce des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), la principale agence fédérale de santé publique du pays, comme « porteuse d’espoir », mais elle prévoit de continuer à porter le masque encore un peu de temps.

« Si je vois davantage de gens ne portant pas de masques, ça me mettra plus à l’aise pour ne pas en porter », déclare-t-elle.

« Et puis voir le nombre de gens qui sont vaccinés aux États-Unis m’aidera forcément. Si le chiffre monte, je serai peut-être plus à l’aise pour le retirer. »

Mais selon Chloe, « il est vraiment important d’admettre que la pandémie est toujours là ».

Actuellement, seuls 36 % des Américains sont pleinement vaccinés, tandis que le Covid-19 a fait plus de 580 000 victimes aux États-Unis.

Un masque « doudou »

« Hier, je n’étais pas vraiment enthousiaste à l’idée » de ne pas porter de masque, confie Lauren, un masque blanc lui barrant le visage.

Cette consultante de 36 ans, qui a également préféré ne pas donner son nom de famille, prévoit de garder son masque à portée de main quand elle sera à extérieur, et affirme à l’AFP qu’elle décidera de le porter ou non selon son sentiment du moment.

« C’est devenu en quelque sorte une partie intégrante de notre visage. Je me sens presque nue sans », précise Lauren, avant d’ajouter qu’elle associe parfois son masque à un « doudou » réconfortant.

Les experts en santé publique assurent qu’il est normal de se sentir angoissé à l’idée de retourner à une vie normale, après les difficultés affrontées lors de cette année de pandémie.

Mais ceux qui sont pleinement vaccinés n’ont pas besoin de continuer à prendre autant de précautions, explique le Dr Amesh Adalja : « La recherche scientifique montre que si vous êtes pleinement vacciné, le virus vous traitera de manière très différente, vous pouvez donc vous comporter de manière très différente. »

Selon ce chercheur à l’école Bloomberg de santé publique de la prestigieuse université Johns Hopkins, une partie du problème réside dans le fait que les autorités sanitaires, qui ont été extrêmement prudentes durant la pandémie, ont par contraste provoqué un choc jeudi avec de nouvelles recommandations pouvant être perçues comme plus radicales.

Selon le Dr Adalja, « les gens n’ont pas développé la capacité de calculer les risques ».

« On a tellement exercé des principes de précaution à outrance que je pense qu’il sera dur pour certains, qui les ont complètement adoptés, de s’en débarrasser », a-t-il déclaré à l’AFP.

« Quel bénéfice tirez-vous du vaccin, si en réalité vous ne vivez pas pleinement votre vie » après avoir reçu les injections ?, interroge le médecin.

Lauren, au fond, est d’accord avec ce sentiment : « J’ai vraiment hâte de voir à nouveau les visages des gens. »

« Je veux pouvoir leur sourire », dit-elle.