L’enseignante Natalie Debrecen
L’enseignante Natalie Debrecen

Enfants à la maison: un horaire d’apprentissage adaptable

En cette période où de nombreux citoyens tentent d’aider les autres, l’enseignante Natalie Debrecen propose aux parents un horaire d’apprentissage simple et accessible. Une routine de semaine qui, croit-elle, peut faire toute la différence sur l’attitude des enfants et, par ricochet, sur l’ambiance générale de la maisonnée.

« J’ai beaucoup d’amis qui sont parents, qui sont à la maison en ce moment, et qui ne savent pas trop comment établir un horaire de jour pour leurs enfants. Je suggère une structure qui est adaptable à différents groupes d’âge et différents niveaux d’apprentissage, dit-elle, pour expliquer cette initiative personnelle. C’est ma façon de contribuer à la cause. J’ai dix ans d’expérience en enseignement et je sens que je peux aider. Je veux juste donner un outil aux parents qui en ressentent le besoin », affirme Mme Debrecen, qui est professeur de maternelle depuis quatre ans dans une école de Granby.

« Mais j’ai aussi de l’expérience en petite enfance et j’ai enseigné au secondaire », fait remarquer la maman d’une petite fille.

Le nerf de la guerre en cette période d’isolement, insiste-t-elle, c’est l’établissement d’une routine. Parce que cela sécurise et rassure les enfants, tout en leur donnant le sentiment d’être utiles. « Une routine, ça s’apprend, si on suit les mêmes heures de la journée. »

Grosso modo, l’horaire que Natalie Debrecen a mis sur papier — en anglais et en français — s’étend de 8 h 30 à 15 h. En commençant par prendre son petit-déjeuner et s’habiller ! Car se fixer des objectifs est la clé.

La première activité de la matinée pour les jeunes : lire un livre ou se faire raconter une histoire. On les invite ensuite à résumer, en écrivant ou en dessinant, ce qu’ils ont lu ou entendu. Tout est une question d’âge, bien entendu. L’enfant de 5 ans et le grand du secondaire n’appliqueront pas les directives de la même façon. Pourtant, dans tous les cas, une « récréation » de 20 minutes, à l’extérieur si possible, est conseillée.

« Il faut que les enfants jouent dehors et prennent l’air. »

Pour les plus vieux, une heure peut ensuite être consacrée au français à travers divers exercices. « Pour les plus petits, un jeu ou du jeu libre », ajoute Mme Debrecen.

Et si l’attention d’un enfant plus âgé diminue, il est préférable de lui accorder aussi un peu de jeu libre, mais guidé, en lui donnant le choix entre deux activités. « Et on reprend l’apprentissage après. »

Après une heure de dîner, 60 autres minutes devraient, selon elle, servir à la pratique musicale ou sportive. L’horaire prévoit que vers 14 h, on fasse appel à des tutoriels sur YouTube ou à des vidéos éducatives, idéalement en famille. Sciences, histoire, intérêts particuliers de l’enfant, sujets du livre du matin... Tout peut servir à alimenter les connaissances, fait remarquer Mme Debrecen. « On peut s’informer sur la photosynthèse au printemps, sur Pâques, sur le temps des sucres. Pas besoin de chercher bien loin, il y a matière à apprentissage partout ! » Celle-ci rappelle que fabriquer une cabane d’oiseaux, se promener en forêt, cuisiner ou faire des tâches ménagères avec un adulte sont aussi des enseignements en soi.

Bref, l’après-midi se déroule davantage sous le signe de la créativité. Tout cela menant au « bonbon » tant attendu : avoir droit à la tablette vers 15 h.

Télétravail

Et si les parents doivent continuer à travailler de la maison ? S’ils n’ont pas le temps de mettre ces suggestions en application ? « Le parent fait ce qu’il peut ! Si c’est possible, on peut déléguer quelques responsabilités aux plus âgés, leur demander de s’occuper des plus jeunes. Les enfants aiment qu’on leur confie des responsabilités. »

L’important est d’éviter que les jeunes soient oisifs durant de trop longs moments. « Quand les enfants ont trop de temps libre, constate la dame, les conflits peuvent surgir et avoir des effets négatifs sur toute la famille. Un horaire fait en sorte qu’ils sont moins turbulents et qu’on a moins de discipline à faire. Leur donner des objectifs favorise les comportements positifs. Ils se sentent responsabilisés et font des apprentissages en même temps. Et je sais par expérience que ça permet de tisser des liens plus serrés entre les enfants et les parents. »

À compter de mercredi, Natalie Debrecen fera parvenir le document à tous ceux qui le lui demanderont. Il suffit de lui faire signe via sa page Facebook personnelle.