Maurice Richard Mongeau surveille à ce que les consignes sanitaires soient respectées chez Escompte Lecompte, rue Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch.  
Maurice Richard Mongeau surveille à ce que les consignes sanitaires soient respectées chez Escompte Lecompte, rue Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch.  

En sécurité avec Maurice Richard

À l’heure du magasinage post-confinement, Maurice Richard Mongeau est aux premières loges pour accueillir les clients d’Escompte Lecompte, rue Saint-Joseph, dans la bonne humeur et le respect des incontournables règles sanitaires. «Ils sont très bien entraînés. Ils les savent déjà en arrivant. Il y en a qui me les sortent par coeur.»

Ces jours-ci, son outil de travail essentiel est un vaporisateur renfermant un désinfectant rougeâtre fait d’eau et de savon, sans alcool. «Ça ne laisse aucun résidu. Pas besoin de se rincer les mains», dit-il, en aspergeant les mains de chaque client à l’entrée.

«Il y a des gens qui en veulent en entrant et en sortant. Il y en aussi qui arrivent avec leur linge dans les mains et qui ne touche à rien. C’est déjà pas facile d’être hypocondriaque quand ça va bien, imaginez là. C’est pas l’fun

L’agent de sécurité exerce ce boulot depuis 1976, lui dont le double prénom a été choisi en l’honneur de l’ancienne gloire du Canadien, Maurice «Rocket» Richard. Il prend son métier très au sérieux en ces temps de pandémie. «Tous nos paniers sont désinfectés après chaque usage. C’est propre propre, lance-t-il à une dame qui, comme la majorité de la clientèle vue mercredi, ne porte pas de masque.

«Le risque zéro n’existe pas, ajoute le sexagénaire. Pour ça, il faudrait vivre dans une bulle comme Bubble Boy, qui est d’ailleurs dans un épisode de Seinfeld.»

Une blague n’attend pas l’autre avec l’homme de 63 ans. «Mon Dieu Seigneur, vous ne me connaissez pas...» 

M. Mongeau se prête à l’entrevue et à une photo dans Le Soleil en autant que le journaliste précise le nom de sa compagnie, Titan. Voilà c’est fait. «Comme ça mon boss ne me chicanera pas. Vous savez ce qui est l’fun à Québec? On peut attraper un coup de Soleil même en hiver. Je ne sais pas si vous la pognez? Il faut dire que j’ai un humour spécial.»

Du mal avec la distanciation

Ailleurs en ville, lors de notre tournée matinale, les agents de sécurité avaient moins envie de rigoler. À la SAQ Dépôt, rue Einstein, notre interlocuteur se fait avare de commentaires au sujet de son travail à l’heure de la COVID. En milieu d’avant-midi, une trentaine de clients patientaient en file, à distance recommandée, pour faire le plein de bouteilles de vin. En heure de pointe, on en compte le double, voire le triple.

«Est-ce que le monde respecte les règlements?

«Pas tant. Il y en a qui ont du mal avec la distanciation. La file est petite en ce moment. D’habitude, ça fait le tour du stationnement. Des clients ne comprennent pas qu’on accepte une personne à la fois, qu’on ne rentre pas en couple. On va faire exception, parfois, quand ils font aussi des commissions pour leurs parents ou grands-parents. C’est un panier chacun, une facture, et 2 mètres de distance.»

À la succursale de la Société québécois du cannabis (SQDC), près des Halles Sainte-Foy, le gardien de sécurité de la compagnie Garda n’est guère plus loquace. Règlement de la compagnie, il n’est pas autorisé à parler aux journalistes.

«Il y a beaucoup de monde?»

«Pas pire.»

«Les clients sont frustrés en raison des consignes?»

«Ça arrive, mais c’est plutôt à cause des heures d’ouverture.»

Là aussi, on a attendu, sans jamais la voir arriver, la blague à la Maurice Richard pour détendre un tant soit peu l’ambiance...