Le directeur national de la Santé publique est présentement en point de presse virtuel. 
Le directeur national de la Santé publique est présentement en point de presse virtuel. 

Des tests rapides bientôt et deux médecins en renfort [VIDÉO]

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le Saguenay-Lac-Saint-Jean sera l’une des premières régions où seront déployés les tests de dépistages rapides. «Ce sera un déploiement progressif, mais nous serons une région pionnière», a souligné la ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Andrée Laforest, lors d’un point de presse organisé en compagnie du directeur national de la santé publique du Québec, Dr Horacio Arruda. Elle a également annoncé la venue de deux nouveaux médecins spécialistes en santé publique, qui viendront prêter main-forte. 

«La situation demeure très préoccupante chez nous», a affirmé Andrée Laforest. Les tests rapides devraient être disponibles «très bientôt», a précisé Dr Horacio Arruda. 

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est toujours la région qui enregistre le plus de cas actifs par 100 000 habitants au Québec. En date du 27 novembre, on enregistre un taux de 426,1 cas actifs par 100 000 habitants dans la région. 

À titre comparatif, les régions de Montréal et de la Capitale-Nationale présentent des taux de 135,4 et 165,9 cas actifs par 100 000 habitants. C’est la région de Lanaudière qui arrive derrière le Saguenay-Lac-Saint-Jean, avec 231,7 cas actifs par 100 000 habitants, selon les données de l’Institut national de la santé publique du Québec.

Le directeur national de santé publique n'était pas venu dans la région pour annoncer des mesures plus restrictives, bien que la situation reste très difficile. 

«C'est un virus qui se nourrit de nos contacts. Il aime ça quand les gens s'approchent. Chaque effort que vous faites pour limiter vos contacts est utile. C'est sur qu'on se relâche tous un peu. Mais la solution est entre nos mains. Il faut diminuer vos contacts« a répété Dr Arruda.

Noël soulève toujours des doutes

La situation épidémiologique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’une de pires endroits au Canada pour la propagation de la COVID-19, et l’état fragile du réseau de la santé ne sont pas des raisons qui peuvent justifier le gouvernement du Québec d’annuler immédiatement les rassemblements de Noël.

Le directeur de la Santé publique du Québec, le docteur Horacio Arruda, était de passage à Chicoutimi vendredi pour rappeler aux citoyens que, dans le contexte actuel, ils avaient entre les mains la recette pour infléchir la propagation du coronavirus.

Un peu plus tôt cette semaine, les dirigeants des deux principaux syndicats du CIUSSS soutenaient que la tenue des rassemblements pendant la période des Fêtes était comparable à mettre une bombe à fragmentation dans le milieu de la pièce. Ils évoquaient la grande fragilité du système de santé de la région qui peine à répondre aux besoins générés par la pandémie en plus des soins réguliers.

«Je comprends très bien les craintes et les préoccupations des gens et je les partage. On vous dit que la situation est fragile», a déclaré le patron de la Santé publique.

Le directeur national de la santé publique du Québec, Dr Horacio Arruda, était accompagné de la ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Andrée Laforest, lors d’un point de presse à Saguenay vendredi. 

« On a toujours dit que la décision était conditionnelle à des ‘‘si’’. Si la situation est sous contrôle. Si la transmission est abaissée à un tel point que les gens peuvent enquêter et faire l’historique des contacts. Si le système de soins n’est pas en train de s’en aller dans un mur. »
Horacio Arruda

Le gouvernement du Québec, a insisté M. Arruda, a fait le choix d’offrir une ouverture afin d’éviter la clandestinité. Par contre, il y a toujours la possibilité que Québec recule à la dernière minute en fonction de l’état sanitaire de la province. Le médecin n’a fait aucune ouverture quant à un éventuelle modulation des autorisations pour Noël en fonction d’une situation régionale spécifique.

Dans sa présentation en début de point de presse, Horacio Arruda a livré un plaidoyer afin de mobiliser les citoyens dans l’objectif d’en arriver à infléchir la propagation. Graphique à l’appui, il a expliqué qu’il y avait en ce moment un ralentissement dans la transmission communautaire.

La situation est telle, selon lui, qu’il faut avoir un comportement irréprochable et avoir à l’esprit que chaque personne que nous rencontrons dans une journée a de fortes chances d’être porteuse de la maladie et dans bien des cas, sans même le savoir.

«Le virus se nourrit de vos contacts», a insisté le médecin. La preuve n’est plus à faire quant à la facilité de transmission de la COVID-19 et il suffit de baisser la garde une fraction de seconde pour lui permettre de nous infecter.

La ministre Andrée Laforest, qui participait au point de presse, a de son côté expliqué que le gouvernement allait prendre les décisions qui s’imposent en fonction de la situation. Il n’hésitera pas à suspendre la permission de Noël si cette décision s’avère nécessaire pour sauver des vies.

Donald Aubin, directeur régional de santé publique

Le gouvernement a annoncé la venue à Chicoutimi de deux médecins de la santé publique afin de supporter l’équipe du docteur Donald Aubin. Les tests rapides seront déployés à la mi-décembre et un nouveau corridor d’analyses de tests en laboratoire sera ouvert entre la région et Québec.

L’appel lancé il y a maintenant 3 semaines à la grandeur du réseau a permis d’attirer jusqu’à maintenant 8 préposés aux bénéficiaires et 11 infirmières et infirmières auxiliaires. Ces renforts ont permis de diminuer légèrement le temps supplémentaire dans les milieux de soin.

La possibilité de sortir les personnes âgées des CHSLD pendant la période d’ouverture des Fêtes a été une autre décision du gouvernement du Québec qui a soulevé l’indignation au sein du personnel de ces établissements, principalement au Saguenay-Lac-Saint-Jean alors qu’il y aura encore de la transmission communautaire du virus. Horacio Arruda a été prudent quant à cette orientation et a expliqué qu’un guide sera publié d’ici quelques jours pour encadrer ce qui sera autorisé ou non en lien avec ces milieux de vie fragiles comme en témoigne la mortalité enregistrée depuis le début de la pandémie.