Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le parc victoria, dimanche après-midi. 
Le parc victoria, dimanche après-midi. 

Des partys au parc Victoria? 

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Article réservé aux abonnés
Plusieurs vidéos montrant des rassemblements au parc Victoria circulent sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. Si bien que la police de Québec accordera une attention particulière au secteur lors de prochaines patrouilles.   

Dans les vidéos visionnées par Le Soleil, on peut voir une grande quantité de personnes danser les unes contre les autres, verre à la main, sous une musique très forte. Ces vidéos ont vraisemblablement été prises vendredi soir.  

«Ils sont arrivés avec les caisses de son. Ils installent des tables pliantes et ils vendent des drinks», ont raconté des personnes présentes au parc Victoria vendredi soir. 

«C’était plusieurs gangs ensemble. Ils ont mis la musique vraiment forte.» Vers 20h30, le parc était devenu une «piste de danse».  

Le parc Victoria, comme plein d’autres à Québec, se remplit de monde lors des journées chaudes et ensoleillées. Chaque bulle s’installe pour boire ou manger, des amis se rencontrent et certains profitent du skate parc, notamment. 

Le manque de place de stationnements dans le secteur devient d’ailleurs une source d’irritation. 

C’est seulement vers la fin de la journée que le «party» s’installe. Le parc Victoria est situé juste à côté du poste de police de La Cité-Limoilou à Québec. 

La police pas avisée

Les agents de la police de Québec ne sont pas intervenus vendredi soir au parc Victoria. Ils ont seulement pris connaissance des vidéos le lendemain.  

Pendant la fin de semaine, un seul signalement concernait un rassemblement dans ce secteur. Le citoyen dénonçait un rassemblement au parc, dans lequel les personnes ne respectaient pas les consignes de distance, entre autres.  

Les agents ont vérifié ce signalement vers 19h45, les policiers n’ont pas constaté de manquement aux mesures sanitaires, indique David Poitras, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). 

Après avoir visionné la vidéo, David Poitras indique que ce genre d’événement aurait mérité une intervention policière, si les agents avaient su que l’événement était en cours. Il ne peut toutefois pas assurer que cette intervention aurait été répressive. 

Si les agents ne constatent pas de manquement aux décrets sanitaires, ils font plutôt de la sensibilisation auprès des citoyens.  

«La situation observée dans les vidéos et étant donné qu’il y a des éléments qui nous laissent croire à un manquement aux mesures sanitaires, ça fait en sorte qu’il y aura une attention supplémentaire à l’endroit du parc Victoria», signale David Poitras.  

Dans leur stratégie, relativement aux règles sanitaires des décrets en vigueur, les patrouilleurs du SPVQ doivent visiter les parcs et différents lieux publics, afin de faire des vérifications. 

«Les policiers à vélo patrouillent beaucoup les parcs dans le jour, l’unité GRIPP [Groupe de relation et d’intervention policière auprès de la population] aussi en soirée», ajoute David Poitras.  

La police de Québec privilégie l’intervention en personne pour remettre les constats d’infraction. Toutefois, les photos de rassemblements diffusées sur les réseaux sociaux peuvent devenir des éléments d’enquête.  

Les agents s’en servent pour de futures vérifications, les contenus diffusés sur les réseaux sociaux ou envoyés directement aux agents influencent les endroits de patrouille, par exemple. 

Dans le cas du «party» au parc Victoria vendredi, «il aurait fallu une intervention policière pendant l’événement pour faire une intervention adéquate», ajoute David Poitras.  

«On invite les citoyens à appeler», ajoute l’agent.  

Encore en rouge 

Appelée à commenter les vidéos tournées au parc Victoria vendredi, la santé publique de la Capitale-Nationale note d’abord «que les gens qui s’assemblent à l’extérieur le font, la plupart du temps, dans le respect des pratiques sécuritaires».  

«Il n’incombe cependant pas à la Santé publique d’intervenir directement auprès des contrevenants. Ce sont nos partenaires du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) qui sont chargés de faire respecter les décrets gouvernementaux et de sévir, le cas échéant. Nous profitons toutefois de cette occasion pour en appeler au sens des responsabilités de chacun», indique Mathieu Boivin, porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale.   

M. Boivin souligne l’amélioration objective de la situation épidémiologique qui justifie l’abandon de certaines mesures sanitaires d’urgence, d’ailleurs. Toutefois, la région se trouve toujours en palier d’alerte maximale rouge

«Les restrictions de rassemblement, ainsi que le maintien du couvre-feu, demeurent pertinents puisque la situation pourrait rapidement (re)prendre un tour défavorable si on n’y prend garde.»

«Dans ce contexte, les gens qui s’attroupent sans souci des règles sanitaires pourraient contribuer à l’augmentation du nombre de cas positifs COVID-19 et donc à une prolongation des mesures restrictives de Santé publique», met en garde Mathieu Boivin.  

La santé publique s’attend donc à de la «prudence» et du «respect d’autrui» à l’endroit des participants à tout genre d’événement festif.