Lorsqu’elle s’adresse à la population, Josée Filion lance le message « que la région de l’Outaouais est prête à faire face à la crise, à la pandémie ».
Lorsqu’elle s’adresse à la population, Josée Filion lance le message « que la région de l’Outaouais est prête à faire face à la crise, à la pandémie ».

Des longues journées pour la PDG du CISSSO

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
La présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Josée Filion, n’en est pas à sa première gestion de crise. Celle de la pandémie de COVID-19 rime avec des journées qui « commencent tôt » et qui « se terminent tard », mais elle devrait aussi permettre de redorer l’image du réseau de la santé de la région, croit sa grande patronne.

Jeudi 16 avril. Quelques heures après une conférence de presse virtuelle pour faire le point sur la situation dans la région, Josée Filion participait à une rencontre du conseil d’administration de l’organisation, encore une fois par le biais d’une visioconférence. Au terme de cette rencontre, Le Droit a pu prendre une quinzaine de minutes dans l’horaire chargé de Josée Filion pour savoir comment elle gère la crise de l’intérieur.

« Ce sont de grosses journées, lance-t-elle d’emblée. Elles commencent tôt, elles se terminent tard, mais en même temps, j’ai une excellente équipe autour de moi qui a bien pris en charge le volet très opérationnel de choses. C’est vraiment un travail monstre qui est fait par beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde. »

La PDG du CISSSO, Josée Filion

Il y a des rencontres de toutes sortes, à différentes fréquences. Il y a entre autres celles avec la direction générale, avec les syndicats, avec les cadres, avec le ministère et les dirigeants des autres centres de santé de la province, avec le conseil d’administration, ou encore avec les préfets et députés de la région. À cela s’ajoutent des points de presse, en général deux fois par semaine. Puisqu’elle est une personne « visuelle », cet horaire chargé est détaillé dans un tableau qu’elle a toujours à portée de main.

Josée Filion essaye « d’avoir un, deux, trois coups d’avance sur ce qui s’en vient, ce qui risque d’arriver », le tout dans le but de « ne pas frapper un mur ».

Se permet-elle une journée de congé, comme le fait le premier ministre François Legault ? « Pas vraiment », répond-elle. Les rencontres se multiplient « même la fin de semaine », dit-elle.

Lorsqu’elle s’adresse à la population, Josée Filion lance le message « que la région de l’Outaouais est prête à faire face à la crise, à la pandémie ». Elle reconnaît toutefois que ce « n’est pas évident » dans le contexte où il y a eu « pendant longtemps une perte de confiance envers » le réseau régional.

Point de presse virtuel du CISSSO pour faire le point sur la situation de la COVID-19 en Outaouais.

En début de pandémie, il y a eu beaucoup de critiques, dans la population, sur les délais d’obtention des résultats aux tests de dépistage dans la région. Il y a aussi les syndicats qui dénoncent des situations dans les divers milieux où travaillent leurs membres.

En parallèle, le soutien aux équipes du CISSSO est très présent. La population remercie le personnel sur les réseaux sociaux. Des affiches arborant un arc-en-ciel ou le message « ça va bien aller » sont installées près des établissements.

« La solidarité de la population, […] c’est en train de créer un fort sentiment d’appartenance des employés » envers le CISSSO, affirme Josée Filion, en soulignant que les travailleurs « sont fiers du travail qu’ils font ».

Des affiches colorées pour soutenir le personnel du réseau de la  santé à Gatineau.

Lorsqu’elle discute avec les autres cadres du CISSSO, Mme Filion prend d’ailleurs le temps, chaque jour, « de parler des bons coups ». Une des choses qui font « du bien », c’est le nombre de cas de COVID-19 par tranche de 100 000 habitants observé en Outaouais, qui est beaucoup plus faible que la moyenne provinciale.

Les projecteurs étant tous braqués sur le travail des professionnels de la santé, la PDG du CISSSO se dit convaincue que cela se fera sentir sur le nombre d’inscriptions dans les programmes d’études en santé.

« Depuis que je suis arrivée, je le dis [que] tant et aussi longtemps qu’on va parler négativement du réseau de la santé et des services sociaux dans la région de l’Outaouais, nous allons avoir de la difficulté de main-d’œuvre, note Mme Filion. Mais là, avec ce qu’on est en train de créer, avec l’image positive en lien avec les soins qui sont donnés et la mobilisation des équipes, je suis convaincue qu’on va voir des retombées. Pas demain ni après-demain, mais à moyen terme, j’en suis certaine. »