Alexandre Richard, chanteur principal du groupe Bodh’aktan, a réussi à recueillir assez de fonds grâce à ses prestations sur Facebook pour entamer la production d’un album solo.
Alexandre Richard, chanteur principal du groupe Bodh’aktan, a réussi à recueillir assez de fonds grâce à ses prestations sur Facebook pour entamer la production d’un album solo.

Des Facebook live... payants

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Les performances « live » sur les réseaux sociaux sont monnaie courante ces temps-ci.

Ces prestations, quoique très inégales dans la production et la présentation, semblent satisfaire les artistes de même que ceux et celles qui les regardent.

Plusieurs d’entre eux par contre, refusent de se produire ainsi, sans filet et en solo. Alors que d’autres y voient une opportunité de se rapprocher des gens et de créer des moments d’échange fait de petits bonheurs.

C’est le cas d’Alexandre Richard, le chanteur principal du groupe trad-punk Bodh’aktan, qui profite de ses jeudis soirs pour brancher sa guitare, s’ouvrir une bière et enfiler les demandes spéciales devant son téléphone cellulaire.

« C’est venu spontanément, du fait que je commençais à trouver le temps long, explique-t-il lorsque joint par Le Droit à sa résidence de Limoilou, près de Québec. J’ai toujours trouvé une scène pour jouer, que ce soit avec Bodh’aktan ou en mode chansonnier. Je trouvais l’idée ben l’fun de rassembler des amis et des connaissances autour de l’ordi pour chanter des chansons de feu de camp. » Alexandre a vite compris que ce besoin de se réunir manquait énormément aux gens. Selon lui, ces petites soirées Facebook avaient même un certain potentiel financier.

« Au fil des soirées, j’ai ajouté un lien gofundme à mes live juste pour permettre aux gens de laisser un pourboire à la fin de la soirée, raconte-t-il. Ce fut un geste spontané de ma part, sans trop réfléchir ni avoir des objectifs derrière ça. Mais en fin de compte, la somme a pris de l’ampleur. »


« Je suis quand même très surpris du succès de cette petite campagne qui me permettra, au final, de débuter la production de l’album. J’ai déjà deux chansons de produites et je compte en mettre cinq ou six sur un EP. »
Alexandre Richard

Financer son EP

Ce financement parallèle permettra même à Alexandre de démarrer la production de son prochain album, qu’il compte lancer d’ici la fin de l’année 2020.

« On s’entend, je ne fais pas des millions avec ça, lance-t-il. Je suis quand même très surpris du succès de cette petite campagne qui me permettra, au final, de débuter la production de l’album. J’ai déjà deux chansons de produites et je compte en mettre cinq ou six sur un EP. »

Et cet effort studio, il compte le mener à bien avec plusieurs collaborateurs. Le 10 avril dernier, il a lancé un premier extrait intitulé Au bout du monde.

Les autres chansons seront produites au fil des mois à venir, mais l’auteur-compositeur tient à donner à chaque titre une couleur particulière en y ajoutant des collaborateurs différents.

« J’ai envie de travailler avec plein de monde que j’aime et que d’admire, confie-t-il. Des gars comme Éloi Painchaud, Fred St-Gelais ou Raphaël Malenfant de Broil Audio font partie de ma liste. Mais, il y en a plusieurs autres. Déjà, les premiers contacts ont été faits avec tous ces artistes. On verra où ça nous mènera. »

C’est donc dire que chaque chanson aura sa propre équipe. Ce qui, selon Alexandre Richard, donnera une personnalité et une sonorité différentes pour chaque pièce de ce mini-album. Le son et l’intention de ce projet en solo seront résolument folk et en français. L’auteur-compositeur ne s’en cache pas, lors de ses soirées de chansonnier, il navigue allègrement entre les covers anglophones et les classiques de la musique québécoise. Mais pour ce qui est de ses propres compositions, c’est en français qu’elles se déclineront.

Quant à ses soirées sur Facebook, l’artiste originaire des Îles-de-la-Madeleine a bien l’intention de continuer. Il donne rendez-vous à ses amis tous les jeudis soir dès 20 h, sur sa page pour une belle dose de bonheur.

« C’est le fun au boutte ces soirées-là. On le fait à la bonne franquette, sans prétention et juste pour s’amuser. Je parle beaucoup entre et pendant les chansons tout en tentant de lire les commentaires qui défilent. Parfois, j’en oublie les paroles de chansons, lance-t-il dans un grand éclat de rire. À la base, ces soirées sont un peu des gestes égoïstes. Je sais que les gens apprécient ces moments, mais c’est encore plus valorisant pour moi. Ça me fait le plus grand bien. »