Les employés des urgences sont notamment touchés et devront attendre avant de recevoir leur prime additionnelle de 4% promise par le gouvernement Legault.
Les employés des urgences sont notamment touchés et devront attendre avant de recevoir leur prime additionnelle de 4% promise par le gouvernement Legault.

Des employés du réseau de la santé n'ont pas reçu toutes leurs primes de COVID-19

Une partie des primes promises à des travailleurs de la santé en raison de la pandémie de COVID-19 ne leur a pas été versée comme prévu, le système de paie n'étant pas en mesure de les «gérer».

C'était jour de paie, jeudi, pour les employés du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO). La prime temporaire de 4% destinée à tous les travailleurs du réseau leur a été versée.

Les employés à qui le gouvernement a consenti une prime temporaire additionnelle de 4% – pour un total de 8% – devront toutefois attendre avant de la recevoir. Il s'agit notamment des employés des urgences, des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), des cliniques et unités dédiées COVID-19 et des unités de soins intensifs où «au moins un cas de diagnostic à la COVID-19 a été confirmé».

Le même constat est fait pour la compensation de 15$ que doivent recevoir les salariés effectuant «une prestation de travail en temps supplémentaire, lorsqu’une période de repas est prévue durant ce quart de travail», de même que pour l'allocation de 30$ pour des frais de garde d'enfants, offerte selon certaines conditions.

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La situation est décrite dans une note de service acheminée jeudi matin à l'ensemble du personnel du CISSSO.

Le document provenant de la direction des ressources humaines indique que tant pour la prime additionnelle de 4% que pour les montants prévus pour des repas ou du gardiennage, les mesures ne «pourront trouver application seulement lorsque le système de paie sera en mesure de gérer ces dites mesures».

«Le gouvernement a manqué le bateau, encore une fois, pour remercier adéquatement ses professionnelles en soins», déplore le président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais (SPSO), Patrick Guay.

Dans un message diffusé sur sa page Facebook jeudi soir, le SPSO remercie le premier ministre François Legault «pour les primes temporaires à la Phénix», en référence aux ratés du système de paie des fonctionnaires fédéraux.

Le SPSO précise que la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) «fait présentement des représentations» auprès du ministère de la Santé et de Services sociaux (MSSS) «pour revendiquer que les membres soient payés pour leur travail acharné». Des griefs ont aussi été déposés, indique le SPSO.


« Le gouvernement a manqué le bateau, encore une fois, pour remercier adéquatement ses professionnelles en soins. »
Patrick Guay

Les explications du ministère

Le ministère a pour sa part indiqué au Droit que les «nouvelles dispositions monétaires doivent être paramétrées dans les systèmes de gestion de paie des établissements de santé» avant que le tout puisse se traduire dans la paie des travailleurs.

L'arrêté ministériel permettant l'octroi des primes a été adopté le 4 avril, de sorte que les délais pour les verser dès le 23 avril étaient «très» courts, fait valoir le MSSS.

«Afin de tenir compte de chaque problématique, le MSSS est intervenu auprès des agents payeurs des établissements afin de convenir d’un plan de travail qui permettrait de favoriser le plus rapidement possible un déploiement graduel des mesures, poursuit le ministère dans sa réponse. […] Les travaux se poursuivent pour s’assurer que le tout (forfaitaire rétroactif de 4 % et 8%) puisse être versé au courant des prochaines paies.»

Le ministère assure par ailleurs que tous «les acteurs concernés» – le MSSS, les établissements et les «firmes informatiques responsables de la paie des employés» du réseau – «sont à pied d’œuvre pour permettre la réalisation du versement de ces mesures pour le personnel salarié et d’encadrement».

«Il s’agit d’une priorité pour le MSSS et pour les employeurs du réseau de la santé et des services sociaux», conclut le ministère.