Andy Trépanier est en 3e année du programme de Technique en soins infirmiers. Avec ses camarades de classe Laurie Cabana et Frantzy Samedi, il est à l’initiative d’une pétition qui demande au ministère de l’Éducation de revoir sa décision, survenue au courant de la semaine du 13 avril.
Andy Trépanier est en 3e année du programme de Technique en soins infirmiers. Avec ses camarades de classe Laurie Cabana et Frantzy Samedi, il est à l’initiative d’une pétition qui demande au ministère de l’Éducation de revoir sa décision, survenue au courant de la semaine du 13 avril.

Des cégépiens interpellent le gouvernement pour récupérer des bourses de 2500$

Une trentaine d’étudiants à la Technique en soins infirmiers du Cégep de Granby se sont récemment vus privés d’une bourse de 2500$ du ministère de l’Éducation. Et des dizaines d’autres étudiants de la Technique d’éducation à l’enfance subissent le même sort. La cause? Un dernier stage annulé à cause du coronavirus. Trois élèves dénoncent cette injustice.

Andy Trépanier est en 3e année du programme de Technique en soins infirmiers. Avec ses camarades de classe Laurie Cabana et Frantzy Samedi, il est à l’initiative d’une pétition qui demande au ministère de l’Éducation de revoir sa décision, survenue au courant de la semaine du 13 avril.

«Ce programme de bourses est mal géré, dit-il. Sur une soixantaine d’élèves de notre cohorte, la moitié des élèves a reçu la bourse et l’autre moitié non.»

Mardi en fin d’après-midi, près de 550 personnes avaient déjà signé la pétition en ligne.

L’injustice soulevée par M. Trépanier vient du fait que le dernier stage s’effectue en deux volets — «ambulatoire» et «médecine-chirurgie». Pour une raison de paperasse administrative, les élèves ayant commencé leur session par le volet «médecine-chirurgie» auront droit à la bourse; les autres non.

Il s’agit ici des Bourses de soutien à la persévérance et à la réussite des stagiaires, qui concernent notamment les programmes des cégeps en soins infirmiers, éducation à l’enfance, éducation spécialisée, inhalothérapie et travail social, ces deux derniers n’étant pas enseignés dans l’établissement de Granby.

«Nous avons étudié pendant trois ans, effectué neuf stages non rémunérés, cette bourse existe pour nous, on y a tous droit», avance M. Trépanier, âgé de 20 ans.

Après son premier stage en CHSLD, Andy en a enchaîné huit autres en chirurgie postopératoire, pédiatrie, gériatrie, psychiatrie, maternité et à l’urgence.

«Je comptais aussi sur ce coup de main financier pour préparer mon budget à l’université», explique-t-il, alors que le Granbyen est inscrit l’automne prochain au baccalauréat en sciences infirmières de l’Université de Montréal.

Au Cégep de Granby, des élèves de la Technique d’éducation spécialisée et de soutien à l’enfance seraient également touchés. La Voix de l’Est a eu la confirmation que c’était le cas pour plusieurs étudiants du programme d’éducation spécialisée.

Le cégep derrière ses étudiants

«Ces bourses ne relèvent pas du Cégep de Granby, mais du service de l’aide financière aux études du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. C’est au Ministère de régler ça», souligne Michel Bélanger, directeur des affaires étudiantes du Cégep.

Cependant, le Cégep de Granby fait corps avec ses étudiants qui sont touchés par cette mesure et se désole de la décision du Ministère. «On va poursuivre nos démarches pour voir ce qu’il est possible d’obtenir», indique M. Bélanger, qui est en attente d’un retour du Ministère à ce sujet.

Les responsables du cégep ont effectué plusieurs démarches en ce sens pour permettre à leurs étudiants de récupérer leurs bourses.

«Nous pensons que le Ministère devrait faire preuve de compréhension [dans cette période d’incertitude], alors que des élèves ont peut-être perdu leur emploi ou n’ont pas droit à l’aide du gouvernement, avance M. Bélanger. On souhaite que les étudiants puissent avoir leur bourse.»

Fait étrange, un autre cégep — celui de Sainte-Foy, à Québec — a réussi à garantir cette bourse à leurs élèves, d’après une communication que la coordonnatrice des stages en soins infirmiers de Sainte-Foy a fait parvenir à ses élèves, et que La Voix de l’Est a pu lire.

M. Bélanger s’est étonné de cette information : «Si c’est le cas, ce n’est pas normal qu’il y ait des traitements inéquitables entre les différents collèges.»