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Dans l’ensemble, les gens donnent volontiers leur liste de contact et/ou acceptent de s’isoler, mais ils le font avec une certaine impatience, voire une impolitesse qui grandit, selon Guy Pépin, chef d’une équipe d’enquêteurs de Québec.
Dans l’ensemble, les gens donnent volontiers leur liste de contact et/ou acceptent de s’isoler, mais ils le font avec une certaine impatience, voire une impolitesse qui grandit, selon Guy Pépin, chef d’une équipe d’enquêteurs de Québec.

De plus en plus de gens impolis lors des enquêtes épidémiologiques?

Jean-François Cliche
Jean-François Cliche
Le Soleil
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«Oui, on en a qui nous raccroche au nez, qui ne veulent juste pas nous donner leurs contacts [avec qui ils ont été alors qu’ils avaient la COVID-19]. (…) Ça reste minime, la grande majorité des gens collaborent bien, mais je dirais qu’on a atteint un pic depuis un mois.»

Guy Pépin est chef d’une équipe d’enquêteurs de Québec chargés de retracer les contacts des gens qui ont eu un test de COVID positif. Lorsqu’un «récalcitrant» donne du fil à retordre à un de ses enquêteurs, c’est lui qui intervient pour calmer le jeu, tenter de réchapper la situation. Et il a noté une augmentation de ces cas-problèmes au cours du printemps. Dans l’ensemble, les gens donnent volontiers leur liste de contact et/ou acceptent de s’isoler, mais ils le font avec une certaine impatience, voire une impolitesse qui grandit, dit-il.

Il est très difficile de dire s’il s’agit d’une tendance généralisée (ou même réelle) car ni la Santé publique, ni ses directions régionales (DRSP) ne tiennent de statistiques sur le niveau de collaboration du public. Pas moyen d’avoir ne serait-ce qu’un taux de non-réponse aux appels des enquêteurs, personne ne collige de données du genre. Mais il semble tout de même y avoir un mouvement en ce sens. Le Soleil a obtenu des réponses de la part de neuf DRSP à ce sujet, dont six ont constaté la même chose : la collaboration demeure bonne, mais les enquêteurs font face à plus d’agressivité qu’avant.

«Les personnes contactées requestionnent de plus en plus les mesures sanitaires imposées. Les enquêteurs doivent prendre plus de temps pour répondre aux différentes questions et donner des explications encore plus détaillées», nous dit-on à la DRSP des Laurentides, par exemple.

«On constate beaucoup d’impatience et même d'impolitesse envers les enquêteurs. C’est un phénomène qui n’était pas présent avant et qui l’est de plus en plus», ajoute-t-on au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

À la DRSP qui semble avoir tenu les statistiques les plus complètes sur ce thème, soit celle de Laval, on observe également la même chose. Les cas de refus total qui requièrent l’intervention de la police sont rarissimes (autour de 5 par mois) et n’augmentent pas depuis septembre dernier (hormis une augmentation ponctuelle en décembre), ce qui suggère que la collaboration du public demeure bonne. Mais les enquêtes qui prennent plus de 48 heures à compléter parce que les gens ne rappellent pas rapidement ou parce qu’ils se montrent plus difficiles à convaincre sont plus nombreuses qu’avant — encore une fois, c’est rare, à 6 % du total en mars et avril, mais c’est en croissance, nous dit-on à Laval.

Embellie récente

Cheffe du service des enquêteurs qui retracent les contacts des cas positifs à la DRSP de Québec, Sandra Lebœuf-Gosselin note que la réticence est plus prononcée chez les contacts que chez ceux qui ont reçu un test positif. Elle estime également que ces mouvements d’humeur du public «sont plus marqués quand on change de palier d’alerte. Quand on passe du orange au rouge, ou du rouge au «rouge foncé», on a plus de résistance dans les jours qui suivent», dit-elle. C’est le resserrement d’il y a un mois à Québec qui aurait mené au «pic» observé par M. Pépin, à ses yeux.

À cet égard, d’ailleurs, elle note dans la région une tendance inverse depuis quelques jours. Le «pic» d’impolitesse a duré quelques semaines «mais là, dernièrement, les gens voient le nombre de cas quotidiens redescendre, ils voient que les mesures donnent des résultats, et on a moins à intervenir [parce que la personne est réticente ou agressive] depuis quelques jours», dit Mme Lebœuf-Gosselin.

Espérons que cette tendance-là se maintiendra...