L'objectif du gouvernement Legault est de former 10 000 préposés aux bénéficiaires d’ici la mi-septembre.
L'objectif du gouvernement Legault est de former 10 000 préposés aux bénéficiaires d’ici la mi-septembre.

De l'intérêt pour la formation de trois mois de préposé aux bénéficiaires

Valérie Marcoux
Valérie Marcoux
Le Soleil
Les centres de formation professionnelle (CFP) qui offrent un programme pour devenir préposé aux bénéficiaires reçoivent plusieurs appels depuis l’annonce du premier ministre concernant la création d’une formation rémunérée de trois mois afin de combler les besoins de personnel qualifié dans le réseau de la santé. Son objectif est de former 10 000 personnes d’ici la mi-septembre.

Les CFP ont pourtant peu d’informations à donner aux intéressés pour l’instant. Le diplôme d’études professionnelles (DEP) pour détenir le titre de préposé aux bénéficiaires s’obtient après un programme de 870 heures, explique la directrice du CFP Fierbourg à Québec, Mélissa Laflamme. «Il n’y a pas de perte de temps dans nos programmes d’étude. C’est une formation qui a déjà un bon rythme d’apprentissage», affirme-t-elle. «Je peux vous garantir que la qualité de la formation est exceptionnelle et ne peut pas être réduite à 300 heures.»

La création d’une formation de 300 heures menant à une attestation, et non à un DEP, lui semble par contre tout à fait possible. «On va arriver à un programme de grande qualité, mais on ne peut pas penser qu’on va faire les mêmes actes ou avoir les mêmes responsabilités que si on avait complété un programme de 870 heures. On ne verra pas toute la matière. Il va falloir cibler les objectifs d’apprentissage les plus importants pour répondre aux besoins du réseau de la santé», explique Mélissa Laflamme.

En fonction du plan de formation qui sera établi, le titre d’«aide de service» semble plus approprié pour les personnes qui auront terminé cette attestation de trois mois que celui de préposé aux bénéficiaires, avance le PDG de la Fédération professionnelle des préposés aux bénéficiaires du Québec (FPBQ), Michel Lemelin. «Par la suite, ils pourraient peut-être graduellement évoluer vers préposé aux bénéficiaires, mais ce n’est pas encore clair», partage M. Lemelin.

Objectif : 10 000

«10 000, c’est un gros chiffre», remarque Michel Lemelin. Selon lui, il y a environ 3000 finissants par année du côté des préposés aux bénéficiaires. 

Pour l’instant, la population semble intéressée. Même avant l’annonce du premier ministre concernant la formation rémunérée, la FPBQ recevait des appels de personnes envisageant devenir préposés aux bénéficiaires. D’ailleurs, pour la première fois depuis quelques années, Fierbourg a une liste d’attente pour intégrer ce DEP. Petite, cette liste d’attente est tout de même en contraste avec les difficultés de recrutement connues dans ce programme par le passé, remarque Mme Laflamme.

Déjà avant la pandémie, Fierbourg avait réussi à attirer plus d’inscriptions en transformant son programme pour y inclure 600 heures de stage en milieu professionnel.