Bernard Dubé, Mario Chaussée, Marco Desmarais et Jimmy Dubé ont éteint les friteuses de la célèbre cantine granbyenne pour une période indéterminée.
Bernard Dubé, Mario Chaussée, Marco Desmarais et Jimmy Dubé ont éteint les friteuses de la célèbre cantine granbyenne pour une période indéterminée.

De la poutine gratuite de Chez Ben comme source de réconfort

La Cantine Chez Ben on s’bour la bédaine a décidé de faire œuvre utile avant d’éteindre ses friteuses pour une durée indéterminée, en raison de la pandémie de la COVID-19. Elle a distribué environ 200 poutines au personnel et à quelques patients de l’hôpital de Granby mercredi soir.

«Quand on a pris la décision de fermer, on a fait l’inventaire de ce qu’il nous restait. On s’est dit que ça serait une bonne idée d’en profiter pour faire une bonne action et donner un coup de main au personnel du secteur de la santé qui travaille pour nous en ce moment», a expliqué jeudi le copropriétaire de la cantine, Bernard Dubé.

Celui-ci et son partenaire d’affaires, Jimmy Dubé, ont obtenu l’aval d’un responsable des ressources humaines du centre hospitalier après quelques coups de fil, ce qui leur a permis de mettre ce projet en branle. 

«On a averti nos employés vers 16h qu’on faisait le souper et qu’on fermait après», raconte M. Dubé. La confection des poutines pour les travailleurs du secteur de la santé a marqué l’arrêt des plaques. Quatre livraisons d’environ 50 poutines ont été réalisées, à 15 ou 20 minutes d’intervalle chacune. 

Quelques patients de l’urgence et du centre de dépistage de la COVID-19 en auraient aussi profité au passage.

Bernard Dubé raconte que «l’idée était parfaite» pour minimiser ses pertes (frites, fromage, sauce, etc.), tout en apportant du réconfort à des gens qui sont en première ligne dans cette crise sanitaire.

La distribution inopinée de poutines de Chez Ben a suscité un vent d’enthousiasme sur les réseaux sociaux.

Une première

Une fois cette commande spéciale réalisée et livrée, vers 19h, les Dubé ont «mis la clé dans la porte» et se sont lancés dans le ménage. 

Bien que l’achalandage ait diminué au cours des derniers jours, les «bourre-bédaines» et autres cheeseburgers de l’endroit continuaient à être populaires. «On est une des rares places encore ouvertes. Plusieurs venaient encore ici. On aurait pu continuer. Mais au lieu de penser affaires, on a pensé santé. On a voulu protéger la santé de nos employés», souligne Bernard Dubé. 

«En 70 ans, on n’a jamais eu de décision comme ça à prendre», ajoute celui qui représente la deuxième génération de Dubé à la barre du commerce.

À court terme, lui et ses partenaires d’affaires souhaitent avoir le temps de «se revirer de bord» et prendre la mesure de la situation. 

Si jamais elle devait perdurer et s’étirer, les entrepreneurs pourraient évaluer l’option de rouvrir la cantine pour une formule de mets à emporter, mais avec de nouvelles règles sanitaires. La livraison n’est pas envisagée, dit Bernard Dubé.

La distribution inopinée de poutines a suscité un vent d’enthousiasme sur les réseaux sociaux. M. Dubé invite par ailleurs d’autres restaurateurs à s’inspirer de l’initiative de l’équipe de Chez Ben, s’ils ont des surplus d’inventaires dans leurs frigos.