Les deux instances publiques chargées de publier les noms des écoles touchées par la COVID-19 au Québec ne s’entendent pas.
Les deux instances publiques chargées de publier les noms des écoles touchées par la COVID-19 au Québec ne s’entendent pas.

COVID dans les écoles: les listes ne concordent pas

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Les deux instances publiques chargées de publier les noms des écoles touchées par la COVID-19 au Québec ne s’entendent pas. Juste pour la grande région de Québec, près de la moitié des milieux scolaires qui apparaissent sur les listes du ministère de la Santé ne sont pas sur celle de la Direction régionale de santé publique. Et vice-versa!

Jusqu’à mercredi soir, à 21h, les listes des écoles ayant au moins un cas de COVID-19 rapporté ou potentiel depuis le 1er septembre fournies sur le site gouvernemental Québec.ca dataient de plus de cinq jours.

La fin de semaine jumelée au férié de la fête du Travail a retardé la mise à jour de début de semaine du mardi au mercredi. Car les données publiées sur Québec.ca datent quasiment toujours de la veille.

Après la première mise en ligne de la semaine dernière, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, avait promis une mise à jour quotidienne dès cette semaine.

Donc. Les données du 4 septembre, à 16h30, faisaient état de huit écoles du territoire de la Capitale-Nationale comptant «au moins un cas rapporté», tandis que cinq de plus se retrouvaient parmi les «écoles ayant potentiellement au moins un cas».

De ces 13 écoles, sept apparaissent sur la liste diffusée mercredi par la Direction régionale de santé publique (DRSP) de la Capitale-Nationale dans son bilan quotidien.

Où l’on trouve aussi sept autres écoles dont les listes du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ne font pas mention. Six écoles des listes du MSSS sont aussi absentes de celle de la DRSP.

Le ministère ne considère que les établissements d’enseignement préscolaire, primaire et secondaire. À la santé publique régionale, on inclut le centre de formation des adultes Louis-Jolliet.

On reste donc à six à six.

Pas la même source

Le ministère de la Santé tire ses données d’un formulaire rempli par les directions d’écoles «pour indiquer s’il y a un cas rapporté dans leur école. Les directions peuvent avoir été avisées par un professeur, un parent, la santé publique, etc.» explique par courriel la porte-parole du MSSS, Marie-Claude Lacasse.

De son côté, la Direction régionale de santé publique se base sur ses propres enquêtes épidémiologiques. «Si par exemple l’élève positif à la COVID n’a pas fréquenté l’école en période de contagiosité, on ne le met pas dans notre liste», affirme la porte-parole de la DRSP, Annie Ouellet.

L’information peut donc quand même être transmise au ministère, par le biais du formulaire rempli par les directions d’écoles au meilleur de leurs connaissances.

«Nous, on liste les écoles où il y a des mesures d’isolement. Si la personne infectée n’a pas eu de contact avec les élèves ou les membres du personnel de l’école, l’école n’apparaît pas dans notre bilan», précise Mme Ouellet.

De part et d’autre, on s’entend sur une chose : pour les parents, la lettre envoyée par la direction de l’école fait foi de tout pour savoir si un élève de la classe de votre enfant est atteint et a été en contact avec lui.

Les listes officielles des autorités publiques ne sont mises en ligne que par souci de transparence et d’information à la population en général, nous dit-on.

Et on ne vous a même pas parlé de la liste dressée par un simple citoyen! Le site www.covidecolesquebec.org recense les écoles touchées mentionnées dans les médias ou les lettres envoyées par les directions régionales de santé publique que des parents d’élèves partagent.

Mercredi soir, pour la Capitale-Nationale, cette liste-là comptait deux écoles primaires, une école de formation professionnelle et un cégep de plus que toutes les listes officielles.