COVID-19: trois contraventions dans un salon de massage érotique de Québec

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil
La police de Québec a remis des contraventions à trois personnes qui se trouvaient dans un salon de massage érotique ouvert en dépit des règles de distanciation sociale.

«Les infractions constatées visaient deux personnes présentes sur place en plus du commerçant de l’endroit», indique Étienne Doyon, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), qui rappelle que le montant des amendes varie entre 1000 et 6000 $ pour des infractions à la Loi sur la santé publique. 

Le SPVQ a révélé mardi l’existence de ces constats d’infraction. Mais ceux-ci ont été remis le 10 avril aux occupants de ce salon de massage érotique dont l’identité n’a pas été révélée en vertu des règles de confidentialité de la santé publique, indique M. Doyon. 

Ces infractions constituent une preuve supplémentaire que la prostitution a continué en partie à Québec malgré l’épidémie de COVID-19. 

Mardi matin, Le Soleil révélait qu’Aventurière, la principale agence d’escortes de la capitale, persistait à offrir les services sexuels de près d’une dizaine de prostituées. Le reportage montrait aussi que de nombreuses escortes indépendantes continuent à s’annoncer sur Internet, proposant de se déplacer chez les clients ou de les recevoir chez elles. 

La poursuite partielle de la prostitution en cette période d’épidémie soulève des préoccupations de santé publique. La prostitution pourrait contribuer à la propagation du virus dans la Capitale-Nationale. La proximité inhérente aux rapports sexuels expose les prostituées et les clients à un risque accru de contracter le virus, qui se transmet principalement par des gouttelettes de salive expulsées dans l’air.

Dénonciation

Mardi, le SPVQ n’était pas en mesure d’indiquer s’il a sévi contre l’agence d’escorte Aventurière, ni s’il avait reçu un signalement à propos de l’agence. 

Choquée par le maintien des activités illégales de l’agence, une travailleuse du sexe a affirmé au Soleil avoir dénoncé l’agence dès le 30 mars en appelant au 911. Mardi, le SPVQ n’a pas voulu commenter cette information. 

La prostituée ne comprend pas comment l’agence a pu continuer à vendre des services sexuels jusqu’à cette semaine en dépit des mesures de distanciation sociale. 

«Les policiers, ils donnent des tickets de 1546 $ à plein de monde, et, maudit, il y a des filles qui continuent à avoir des contacts intimes avec plein de clients..., déplore l’escorte, qui a cessé de se prostituer depuis plusieurs semaines déjà. 

La travailleuse de sexe estime que les clients, en particulier, sont à blâmer. «C’est vraiment, vraiment irresponsable!», dit-elle. 

De son côté, le SPVQ souligne qu’il continue à surveiller les crimes liés à la prostitution en dehors des infractions liées à la santé publique. 

«Nous avons, entre autres, arrêté un proxénète dans la matinée du 20 mars sur le boulevard Wilfrid-Hamel alors qu’une jeune fille de 16 ans en fugue était sous son emprise», souligne Étienne Doyon. 

Cette arrestation a permis le dépôt de plusieurs accusations reliées au proxénétisme devant le tribunal, note le porte-parole. 

Quant aux agences d’escorte et aux salons de massage, les «policiers continuent de porter une attention particulière à ce type d’endroit», dit M. Doyon.