S’il se réjouit de l’actuelle accalmie, le Dr François Desbiens a tenu à rappeler que le virus était «toujours présent» et qu’il risquait de revenir en force cet automne «si on ne respecte pas les consignes».
S’il se réjouit de l’actuelle accalmie, le Dr François Desbiens a tenu à rappeler que le virus était «toujours présent» et qu’il risquait de revenir en force cet automne «si on ne respecte pas les consignes».

COVID-19: Québec reprend son souffle [VIDÉOS]

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
Après trois mois de pandémie, la Capitale-Nationale, comme le reste du Québec, reprend un peu son souffle. Mais il ne faut surtout pas baisser la garde «parce que le virus n’attend que des opportunités de transmission», ont prévenu lundi les Drs Horacio Arruda et François Desbiens.

Le Dr Arruda était de passage dans la Capitale-Nationale lundi dans le cadre de sa tournée des différentes directions régionales de santé publique, qui lui permet de «discuter des principaux enjeux» en prévision d’une éventuelle deuxième vague de COVID-19, a-t-il expliqué. 

Actuellement, «les indicateurs sont favorables, le nombre de cas, d’hospitalisations et de décès sont toujours en baisse», a souligné le Dr Arruda lors d’une conférence de presse tenue conjointement avec le Dr François Desbiens, qui quittait lundi son poste de directeur régional de santé publique de la Capitale-Nationale pour poursuivre sa carrière à l’Institut national de santé publique du Québec. 

La situation va beaucoup mieux, donc, «mais notre pire danger, c’est qu’on oublie de faire les mesures de prévention, la distanciation, le lavage de mains et le port du couvre-visage» dans les endroits où le fameux deux mètres est difficile à respecter, a répété le DArruda. 

«Je sens, avec l’été, et c’est tout à fait normal, un relâchement des mesures […]. Tout dans la nature nous amène à nous rapprocher, à avoir envie d’oublier le virus, mais on ne peut pas se le permettre», a insisté le directeur national de la santé publique. 

«On ne sait pas s’il va y avoir une deuxième vague, moi je pense qu’il va y en avoir une, mais j’espère [que ce sera seulement] des vaguettes. On a tous la responsabilité de se préparer», a-t-il dit. 

S’il se réjouit de l’actuelle accalmie, le DFrançois Desbiens a lui aussi tenu à rappeler que le virus était «toujours présent» et qu’il risquait de revenir en force cet automne «si on ne respecte pas les consignes». 

«Il faut commencer dès cet été à porter le masque dans les commerces et les transports en commun, même s’il n’est pas encore obligatoire», a réitéré le Dr Desbiens. 

Tant le Dr Desbiens que le Dr Arruda ont par ailleurs indiqué qu’en prévision d’une éventuelle deuxième vague, des tests de dépistage «réguliers» des travailleurs de la santé seront «fortement implantés». «Personne n’a le goût d’être malade et d’infecter quelqu’un», a dit le Dr Arruda. 

Si des travailleurs de la santé refusent ces tests volontaires, c’est probablement parce qu’ils n’ont «pas eu toutes les réponses à leurs questions», a avancé le directeur national de la santé publique, tout en invitant les gens à s’informer auprès des «sources d’informations officielles» plutôt que «sur le web et les réseaux sociaux», où la désinformation au sujet de la COVID-19 pullule. 

Le Dr Arruda est du reste revenu sur les connaissances que l’on a maintenant du virus, notamment qu’on peut le transmettre sans présenter de symptômes. «On sait aussi que les enfants le transmettent peu et sont peu malades. […] On a pu rouvrir les écoles, on a eu quelques cas, mais pas d’éclosions soutenues», a-t-il rappelé. 

Tout en réitérant que le déconfinement actuel restait «conditionnel», le DArruda s’est dit d’avis que le reconfinement total était peu probable. «Si on apprend une nouvelle façon d’être, si on est à deux mètres tout le temps, qu’on porte un masque, qu’on se lave les mains, ça va diminuer de beaucoup le risque de transmission», a-t-il dit. 

Selon lui, il n’y a «pas de recette de déconfinement». «Il faut y aller avec prudence, être capable d’ajuster. Si les gens ne respectent plus les consignes, ou s’il y a des éclosions dans certains milieux, on pourrait reconfiner ou refermer certains secteurs, ou y aller de façon régionale, de façon plus chirurgicale», a-t-il avancé.

À l’instar du Dr Desbiens, le Dr Arruda ne rouvrirait pas la frontière canado-américaine le 21 juillet, compte tenu de l’actuelle flambée des cas de COVID-19 aux États-Unis. «Personnellement, avec ce que je vois, c’est sûr que ça me préoccupe […]. Mais si ça rouvre, on va être excessivement prudent» comme santé publique avec les voyageurs», a-t-il assuré.

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TROIS MOIS DE PANDÉMIE DANS LA CAPITALE-NATIONALE, EN BREF

  • La Capitale-Nationale est la troisième région la plus populeuse au Québec, mais la septième pour le nombre de cas de COVID-19.
  • Parmi tous les cas et les décès recensés au Québec, environ 3 % proviennent de la Capitale-Nationale, qui représente environ 10 % de la population du Québec. 
  • Le virus y a infecté 1842 personnes et causé 173 décès. Quelque 137 personnes ont dû être hospitalisées, dont 27 aux soins intensifs. Il ne reste actuellement que huit personnes hospitalisées, dont une aux soins intensifs. 
  • Environ 76 % des personnes infectées sont considérées guéries.
  • Les personnes qui ont été infectées sont à 60 % des personnes de 18 à 59 ans. Environ 95 % des personnes décédées avaient 70 ans et plus et vivaient en CHSLD ou en résidence privée pour aînés (RPA).
  • La capacité de dépistage dans la Capitale-Nationale est de 1900 tests par jour.
  • Plus de 35 000 tests de dépistage ont été effectués dans la région jusqu’à maintenant, avec un taux de positivité de 1,3 %, inférieur à la moyenne provinciale de 1,7 %, ce qui représente, selon le Dr François Desbiens, «une circulation communautaire moins importante que dans l’ensemble du Québec».
  • Le risque de contamination est actuellement considéré faible dans la région. 
  • Plus de 2000 personnes ont participé au dépistage massif dans les CHSLD, et 93 % des travailleurs de la santé ont été testés. La deuxième phase de dépistage dans les RPA, les ressources intermédiaires et les résidences de type familial se poursuit.
  • 92 % des milieux d’hébergement pour aînés de la Capitale-Nationale n’ont eu aucun cas de COVID-19. Parmi les 185 milieux d’hébergement que compte le CIUSSS, 14 ont été touchés par une éclosion. Actuellement, neuf de ces 14 éclosions sont terminées. Les autres devraient être levées d’ici la mi-juillet.
  • Le CIUSSS a dû soutenir cinq RPA touchées par une éclosion en leur envoyant du personnel et des conseillers en prévention des infections.