Une pétition a été lancée par quelques coiffeuses sur Internet, demandant au gouvernement d’exiger la fermeture des salons de beauté.
Une pétition a été lancée par quelques coiffeuses sur Internet, demandant au gouvernement d’exiger la fermeture des salons de beauté.

COVID-19: pour quand la fermeture des salons de beauté? 

Presque tout est fermé au Québec. Tout a commencé avec l’annulation des gros événements, ensuite les salles de spectacles, puis les installations municipales, les bars et les cinémas. Un manque de précision subsiste pour les salons de coiffure et autres services de soins de beauté. Pourtant, le un mètre de distance est loin d'être respecté.

Alors que le gouvernement n’a pas exigé leur fermeture, certains salons ont tout de même choisi de fermer par mesure de précaution, d’autres prennent le risque de demeurer ouverts. Les coiffeuses continuent de travailler par pure inquiétude. Pourront-elles être dédommagées? 

Le Soleil a rassemblé plusieurs témoignages de coiffeuses inquiètent de leur sort. Elles espèrent avoir l'interdiction de travailler bientôt, et être certaines qu'elles pourront toucher une aide financière. Elles risquent leur santé dans la peur de manquer d'argent pour payer les factures.

Les salons ouverts ont toutefois pris des mesures de sécurité plus strictes et se réservent le choix de refuser certains clients s’ils jugent que leur condition de santé n’est pas optimale. 

Une pétition a été lancée par quelques coiffeuses sur Internet, demandant au gouvernement d’exiger la fermeture des salons de beauté. Lancée dimanche soir, la pétition avait récolté plus de 7500 signatures mardi en soirée.

«Nous sommes à proximité de notre clientèle, nous ne pouvons respecter la distance d’un mètre recommandée par notre gouvernement. […] Les voyageurs ne font pas tous leur devoir de citoyens, nous risquons d’être contaminé et de contaminer alors nous demandons votre support afin de nous aider à éviter la propagation du COVID-19 et nous demandons une compensation pour les pertes de salaires encourues», peut-on lire dans la description de la pétition. 

Le problème, c’est surtout tous les clients qui ne respectent pas les consignes d’isolement et qui se présentent dans les salons comme si de rien était.

«La semaine dernière, j’ai eu six clients revenant de vacances sur ma chaise qui ne respectent pas leur quarantaine», raconte la coiffeuse qui a lancé la pétition, elle a préféré ne pas dire son nom.  

Cette coiffeuse travaille dans un centre commercial de Granby, qui demeure ouvert avec des heures d’ouverture réduites. Ce salon doit se plier aux décisions du gouvernement, les coiffeuses ne peuvent pas décider de fermer les portes sinon elles auront des amendes du centre commercial reliées aux conditions de bail. 

«Nous prenons beaucoup de précautions, mais nous sommes inquiets surtout de la sincérité de nos clients», ajoute-t-elle. 

Le gouvernement doit clarifier

Josée Rancourt est travailleuse autonome, elle loue une chaise dans un salon de Québec.

Elle a décidé d’arrêter de travailler vendredi, après avoir réalisé que plusieurs clientes revenaient de voyage.

«Elles ont passé par l’aéroport... Je l’ai su pendant le soin. L’isolement n’est pas respecté. Ça ne doit pas être volontaire, mais ordonné. Les coiffeuses vont propager la maladie et ça va dégénérer», dénonce-t-elle.

Toute son équipe et les propriétaires du salon de Josée ont salué sa décision. Ils l’ont respectée et d’autres ont choisi de rester à la maison. 

«Dans la location de chaise, on a de l’assurance emploi, mais je ne sais pas comment je vais être dédommagée. Beaucoup de coiffeurs n’arrêtent pas de travailler parce qu’ils ne savent pas ce qui va arriver, et je comprends. Ils paniquent et c’est là que c’est dangereux.»

Lundi, tous les magasins Sephora (Canada et États-Unis) ont décidé de fermer. Toutes les succursales du Salon Darbourg à Québec ont aussi choisi de fermer leurs portes pour deux semaines, une décision prise par le propriétaire après réflexion. Josée Rancourt et ses collègues espèrent que d’autres salons emboîteront le pas. 

«Faut que ça bouge. Ça aurait enlevé du stress si le gouvernement avait clarifié la situation pour le domaine de la beauté, ils ne nous ont pas nommés. Pourtant on touche à tout, coiffeuses, esthéticiennes, poses d’ongles… Nous aussi on a besoin d’arrêter. On pourrait être rassurées et ça enlèverait le doute s’il clarifiait la situation», termine-t-elle.