Chez SOS Dépannage, le Café des trois pommiers sera fermé pour une durée indéterminée, a fait savoir le porte-parole Éric Vachon.
Chez SOS Dépannage, le Café des trois pommiers sera fermé pour une durée indéterminée, a fait savoir le porte-parole Éric Vachon.

COVID-19: le milieu communautaire en mode réaction

Le milieu communautaire de Granby et de sa région suit d’heure en heure l’évolution de la situation en lien avec la pandémie de coronavirus. Certaines activités sont d’ores et déjà annulées, alors que des services essentiels à la population sont maintenus.

Chez SOS Dépannage, il a été résolu, au terme d’une réunion d’urgence tenue lundi matin, que le Café des trois pommiers serait fermé pour une durée indéterminée, a fait savoir le porte-parole Éric Vachon. « On a des buffets pour les salades et les desserts, donc on ne peut pas prendre de chance de ce côté-là pour éviter la contamination », explique-t-il.

Le magasin demeure toutefois ouvert, bien que des mesures d’hygiène supplémentaires ont été mises en place. « On va procéder à du nettoyage et à de la désinfection de façon régulière », précise M. Vachon.

La banque alimentaire demeurera également disponible pour les moins nantis, qui devront tout de même continuer à fournir des preuves justificatives pour se prévaloir du service. « On a garanti aux gens qu’on serait là pour eux », rappelle le porte-parole.

Idem du côté du Centre d’Action bénévole (CAB) de Granby, où on concentre les énergies de tous au maintien du service de popotte roulante. « C’est un service essentiel pour les aînés. Pour certains de nos usagers, c’est le seul moment de la journée où ils ont une visite », rappelle la directrice Nathalie Roberge.

Pour limiter au maximum les risques de contagion à la COVID-19, le service d’aide aux impôts du CAB a été mis sur la glace, tout comme les formations techno ; les visites d’amitié se dérouleront désormais au téléphone.

Le service de transport médical subit lui aussi les contrecoups des mesures. « Tout est au ralenti, mais heureusement, beaucoup de rendez-vous médicaux et de chirurgies ont été annulés, ce qui nous permet de suivre le rythme », indique Mme Roberge.

Au Partage Notre-Dame, le service de soupe populaire sera transformé en comptoir pour emporter pour au moins deux semaines. Le service d’écoute et de référence AZimut sera offert sur rendez-vous seulement. La friperie, elle, sera fermée pour au moins deux semaines.

« On est en mode solutions, mentionne la directrice Chantal Descoteaux. On veut protéger tout le monde tout en continuant d’offrir le service de soupe populaire, alors on a décidé d’offrir nos repas chauds pour emporter. On va laisser entrer les gens par petits groupes, qui devront se laver les mains avant de prendre leur repas et partir. Personne ne peut manger sur place. »

Le Centre d’action bénévole de Sutton a pour sa part maintenu ses activités de popotte roulante et de banque alimentaire. Les boîtes seront livrées à l’extérieur, indique-t-on, mais tout ce qui n’est pas considéré comme un service essentiel est annulé. Une rencontre avait lieu en avant-midi, lundi, pour trouver des manières de venir en aide aux personnes isolées et confinées.

Certains organismes comme le CAB de Granby pourront compter sur la générosité de travailleurs en arrêt le temps de la crise, se réjouit la directrice Nathalie Roberge.

Des activités annulées, des suivis téléphoniques

Le centre de jour de L’Autre versant est fermé depuis lundi, et ce, jusqu’à nouvel ordre. Les suivis réalisés par les intervenantes de l’organisme en santé mentale seront pour leur part effectués par téléphone. « On est en train de se concerter pour voir de quelle manière on va poursuivre nos activités auprès des plus fragiles, mentionne la directrice Joseph-Anne St-Hilaire. Mais une chose est sûre, les gens peuvent nous appeler, quelqu’un va leur répondre. »

Établissement d’hébergement ouvert en tout temps, l’Auberge sous mon toit demeure ouverte, mais n’accueillera plus de visiteurs temporairement. Les suivis post-hébergement seront faits par téléphone, alors que toutes les réunions et ateliers sont annulés, annonce la directrice Marie-Ève Théberge.

Les Cuisines collectives de la Montérégie ont fait savoir que toutes leurs activités étaient suspendues jusqu’au 20 mars.

Au Centre d’action bénévole de Cowansville, on a fait savoir vendredi que les repas communautaires et les cours de bone building étaient annulés jusqu’à nouvel ordre. Les usagers sont invités à téléphoner et à éviter de se présenter dans la mesure du possible. 

Enfin, la Société Alzheimer Granby et région a annoncé lundi qu’elle suspendra ses activités de groupes de répit-stimulation et les rencontres pour les proches aidants pour une période deux semaines. Cependant, elle publie des capsules d'information en ligne. Des appels téléphoniques aux proches aidants sont en cours à partir de mercredi, selon l’horaire des activités des groupes de répit-stimulation ainsi que les groupes des proches aidants. Les rencontres individuelles se feront par téléphone.  Des cartes de voeux seront pour leur part envoyées à certains bénéficiaires pour leur faire savoir que les intervenants pensent à eux.

Des bénévoles en isolement

Chez SOS Dépannage comme au CAB de Granby, plusieurs bénévoles manquent à l’appel en raison de l’isolement imposé aux personnes de 70 ans et plus. Bon nombre de bénévoles au sein des deux organismes appartiennent à cette strate démographique.

« L’appel du premier ministre Legault aux aînés de 70 ans et plus de rester chez eux nous fait mal, reconnaît Mme Roberge. C’est difficile de maintenir la cadence, mais dans le pire des cas, les employés vont prêter main-forte aux bénévoles qui restent. »

« Ils annulent un après l’autre, indique M. Vachon, qui est toutefois compréhensif. On va peut-être avoir besoin de bras supplémentaires bientôt. Comme les employés du restaurant n’auront pas de travail tant qu’il sera fermé, on va peut-être les réaffecter ailleurs en attendant. »

Néanmoins, certains organismes comme le CAB de Granby pourront compter sur la générosité de travailleurs en arrêt le temps de la crise. « On a reçu des offres spontanées de gens qui ne travaillent pas et qui veulent nous aider, se réjouit Mme Roberge. On est contents de voir que des gens ont pensé à nous. Ces situations-là nous montrent le pire de certaines personnes, mais ça fait aussi sortir le bon chez d’autres. »