Les restrictions seraient conçues pour garantir la poursuite des échanges et du commerce transfrontaliers.
Les restrictions seraient conçues pour garantir la poursuite des échanges et du commerce transfrontaliers.

COVID-19: le Canada et les États-Unis discutent de fermer la frontière

WASHINGTON - Le Canada et les États-Unis travaillent sur les détails d’un projet d’interdiction mutuelle des voyages non essentiels entre les deux pays, selon une source du gouvernement fédéral à Ottawa.

La source, répondant à une information du réseau CNN citant des chiffres du gouvernement américain, s’est exprimée sous couvert d’anonymat à La Presse canadienne pour révéler les détails des pourparlers en cours.

Le réseau a annoncé mardi soir que les deux pays travaillaient sur une déclaration commune qui serait publiée dans un jour ou deux.

Les deux pays sont impatients d’arrêter la propagation de la COVID-19, mais ils ne veulent pas étouffer le flux essentiel du commerce et des échanges commerciaux, en particulier à un moment où l’impact économique de l’escalade de la pandémie mondiale s’annonce grave.

Les restrictions seraient donc conçues pour garantir la poursuite des échanges et du commerce transfrontaliers.

À cette fin, le responsable canadien affirme que les deux parties discutent des travailleurs essentiels qui pourraient être exemptés - un groupe qui pourrait inclure des chauffeurs de camion transportant des marchandises critiques, des membres d’équipage de compagnies aériennes et des travailleurs de la santé dont les maisons et les emplois se trouvent de part et d’autre de la frontière.

Les Canadiens en vacances aux États-Unis, comme les «snowbirds», pourraient également rentrer chez eux.

Lors d’une conférence de presse tenue mardi à Ottawa, la vice-première ministre Chrystia Freeland a clairement indiqué que le gouvernement, qui a pour l’instant exempté les citoyens américains de sa propre interdiction des ressortissants étrangers, est soucieux de trouver une solution mutuellement acceptable à la question frontalière.

«Près de 200 000 personnes traversent cette frontière chaque jour», a déclaré la ministre Freeland pour illustrer à quel point les échanges frontaliers étaient importants.

«Nous approvisionnons nos épiceries grâce aux camionneurs qui traversent cette frontière. Des fournitures médicales et des médicaments dont nous avons un besoin urgent vont et viennent en traversant la frontière. Et des travailleurs essentiels traversent cette frontière chaque jour. C’est une relation unique pour le Canada et il est important pour nous de bien gérer notre situation à la frontière pour être sûrs que nous agissons pour faire avancer les choses.»

La ministre de la Santé, Patty Hajdu, a cité un certain nombre d’exemples de ce que le gouvernement considérerait comme des voyages non essentiels, comme les déplacements de citoyens qui se rendent aux États-Unis pour faire du magasinage, «des choses que les gens tiennent pour acquises dans une ville frontalière depuis très longtemps».

Le président Donald Trump, interrogé sur la possibilité de fermer la frontière nord lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche plus tôt dans la journée, a indiqué que des pourparlers étaient en cours.

«Je ne veux pas dire cela, mais nous discutons de choses avec le Canada, et nous discutons de choses avec le Mexique, très honnêtement. La relation est exceptionnelle avec les deux - exceptionnelle», a déclaré Donald Trump, citant en particulier le nouvel accord commercial liant les États-Unis, le Mexique et le Canada (AEUMC), qu’Ottawa a finalement approuvé à la fin de la semaine dernière avant la fermeture temporairement du Parlement.

«Nous travaillons en étroite collaboration avec le Canada. Le Canada a fermé (sa frontière) au monde, mais ils ne l’ont pas fermée aux États-Unis.»

Dan Ujczo, avocat spécialisé en échange commercial à Columbus (Ohio), spécialiste des questions canado-américaines, a déclaré que des entreprises et des gouvernements à tous les niveaux, travaillaient sur des solutions depuis que les attentats terroristes du 11 septembre 2001 ont mis en évidence l’absence de plans d’urgence.

Depuis lors, des programmes de coopération dits «de négociants fiables» comme «Expéditions rapides et sécuritaires» et «Partenaires en protection» ont contribué à faire avancer le discours selon lequel, quelles que soient les circonstances, le commerce transfrontalier doit être autorisé à continuer, a-t-il déclaré.

«Les entreprises inscrites à ces programmes auront probablement un accès continu pour assurer le commerce transfrontalier.»