Le président du Brésil Jair Bolsonaro a menacé vendredi de quitter l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le président du Brésil Jair Bolsonaro a menacé vendredi de quitter l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

COVID-19: le Brésil menace de sortir de l'OMS, la crise se calme ailleurs 

RIO DE JANEIRO — Le président du Brésil Jair Bolsonaro a menacé vendredi de quitter l'Organisation mondiale de la santé (OMS), en dépit d'une situation sanitaire qui ne cesse de s'aggraver, à l'opposé de l'Europe et des États-Unis où l'épidémie semble enfin marquer le pas.

«Je vous le dis ici, les États-Unis sont partis de l'OMS, nous y songeons, à l'avenir», a-t-il déclaré à la presse à Brasilia. «Soit l'OMS travaille sans parti pris idéologique, soit nous la quittons aussi. Nous n'avons pas besoin de gens de l'extérieur pour donner leur sentiment sur la santé ici».

Le géant sud-américain est depuis jeudi le troisième pays avec le plus de morts, avec plus de 34 000 décès répertoriés. Une «bombe à retardement», selon un médecin infectiologue au Paraguay, frontalier du Brésil. Ce pays a réaffirmé vendredi de rouvrir sa frontière avec un État où «la situation est assez chaotique», selon son directeur de la veille sanitaire.

Plus au nord, le président américain Donald Trump a assuré vendredi que les États-Unis avaient «largement surmonté» la crise, se basant sur les bons chiffres de l'emploi.

Commentant les chiffres du chômage en mai (13,3%, alors que les plus pessimistes craignaient presque 20%), Donald Trump a vanté la «force» de l'économie américaine. «Cette force nous a permis de surmonter cette horrible pandémie, nous l'avons largement surmontée», a-t-il dit lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche.

En Californie par exemple les tournages de cinéma et de télévision pourront reprendre à compter du 12 juin.

Même optimisme en Europe où la vie reprend ses droits. Avant l'Irlande lundi, la levée des restrictions imposées par le coronavirus se poursuit samedi en France, où l'épidémie est désormais «contrôlée», selon les autorités sanitaires.

Masque obligatoire 

Lieu emblématique du pays et l'un des plus visités au monde, le château de Versailles, près de Paris, rouvre samedi après plus de 82 jours de confinement. Avec masque obligatoire et nombre de visiteurs limité.

Moins prestigieux mais tout aussi emblématique, le casino de Monaco a rouvert lui aussi ses portes, trois mois après sa fermeture. «Aperto?»: le premier client à demander si c'était ouvert et à franchir l'entrée du casino et ses 28 colonnes Second Empire a été un Italien.

Le château de Versailles, près de Paris, rouvre samedi après plus de 82 jours de confinement.

Ailleurs en Europe on veut aussi y croire, et les mesures de déconfinement se multiplient. L'Irlande va ainsi procéder dès lundi à des allégements, avec la réouverture de tous les commerces, hors centres commerciaux, en attendant la fin des restrictions aux déplacements le 29 juin.

La Suisse a décidé de son côté vendredi de rouvrir plus tôt que prévu ses frontières avec tous les pays de l'UE le 15 juin, une mesure réclamée par l'Italie, dont la frontière avec son voisin dans les Alpes devait rester fermée au moins jusqu'au 6 juillet.

Réouverture progressive 

La République tchèque a elle aussi décidé de rouvrir ses frontières avec l'Autriche et l'Allemagne, dix jours plus tôt que prévu. Les ministres européens de l'Intérieur sont convenus vendredi de se coordonner pour une réouverture progressive des frontières extérieures de l'UE et de l'espace Schengen, qui n'est toutefois pas attendue avant le 1er juillet. La décision appartient à chaque État membre.

La prudence reste de mise. Vendredi, l'OMS a publié vendredi de nouvelles directives sur le port du masque, qu'elle recommande désormais en cas de «transmission généralisée» et lorsqu'il est difficile de maintenir une distance physique, «par exemple dans les transports publics, dans les magasins ou dans d'autres milieux fermés ou très fréquentés».

L'OMS a publié de nouvelles directives sur le port du masque, recommandé en cas de «transmission généralisée» et lorsqu'il est difficile de maintenir une distance physique.

Côté traitements, la polémique se poursuit sur l'efficacité de l'hydroxychloroquine. Elle ne montre «pas d'effet bénéfique» pour les malades de la COVID-19, selon les responsables de l'essai clinique britannique Recovery, qui ont annoncé dans un communiqué l'arrêt «immédiat» de l'inclusion de nouveaux patients pour ce traitement.

Recovery, premier essai clinique majeur à livrer des résultats très attendus, était l'un des seuls à n'avoir pas suspendu ses tests sur l'hydroxychloroquine après une étude controversée sur la revue The Lancet, retirée depuis. Cette publication pointait du doigt l'inefficacité, voire l'effet néfaste, de la molécule.