Le Brésil a franchi vendredi la barre des 70 000 morts.
Le Brésil a franchi vendredi la barre des 70 000 morts.

COVID-19: explosion du nombre des cas, inversion «encore» possible, selon l'OMS 

AFP
Agence France-Presse
GENÈVE — Le nombre des cas de COVID-19 a récemment explosé, mais on peut «encore» maîtriser la situation à condition d'intervenir très rapidement sur les foyers de la maladie, a estimé vendredi l'Organisation mondiale de la santé.

«Seule une action agressive combinée à une unité nationale et une solidarité mondiale peut renverser la trajectoire», a déclaré à Genève le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, selon lequel «il existe de nombreux exemples dans le monde entier qui ont montré que même si l'épidémie est très intense, elle peut encore être ramenée sous contrôle».

Et ce bien que, a-t-il souligné, les contaminations aient «plus que doublé ces six dernières semaines».

Si des cas réapparaissent, il faut «agir vite», a insisté Maria Van Kerkhove, une autre responsable de l'OMS. Il faut éviter le confinement de pays entiers, a déclaré un de ses collègues, Michael Ryan, mettant en garde contre les déconfinements «à l'aveuglette» sans mesures de surveillance.

La pandémie a fait plus de 556 000 morts pour plus de 12,3 millions de cas au total recensés depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi vendredi par l'AFP à partir de sources officielles.

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus

Les États-Unis ont salué l'enquête lancée par l'OMS sur les origines du virus en Chine, où deux experts de l'organisation sont attendus dans les prochaines heures pour une mission exploratoire.

«Nous nous félicitons de l'enquête de l'OMS sur les origines du nouveau coronavirus en Chine», a déclaré l'ambassadeur américain auprès des Nations unies à Genève, Andrew Bremberg, à des journalistes.

«Nous considérons cette enquête scientifique comme une étape nécessaire pour avoir une compréhension complète et transparente de la manière dont ce virus s'est répandu dans le monde», a-t-il ajouté, dans une déclaration inhabituellement positive concernant l'OMS de la part des États-Unis, qui ont lancé officiellement mardi leur procédure de retrait de l'organisation.

Record de nouveaux cas aux États-Unis 

Les États-Unis, le pays le plus touché avec plus de 133 000 morts et 3,18 millions de personnes atteintes, ont enregistré jeudi plus de 63 000 cas de coronavirus supplémentaires en 24 heures avec 774 décès.

«Quand nous nous comparons à d'autres pays, je ne crois pas qu'on puisse dire que nous nous en sortions bien. Ce n'est tout simplement pas le cas», a déclaré Anthony Fauci, l'expert de plus haut rang en maladies infectieuses du gouvernement américain.

L'immunologue sonne l'alarme depuis des jours face à la hausse du nombre des nouveaux cas dans le sud et dans l'ouest, dénonçant des déconfinements trop hâtifs et l'insouciance des Américains.

Le président Donald Trump, quant à lui, persiste à minimiser. «La raison pour laquelle nous avons tant de cas, comparé à d'autres pays qui ne font pas mieux que nous et de loin, est que nous testons beaucoup plus et mieux», a-t-il tweeté.

Donald Trump estime que «la raison pour laquelle [les États-Unis ont] tant de cas, comparé à d'autres pays [...], est que nous testons beaucoup plus et mieux.»

Ignorant les avertissements, le président américain s'est rendu vendredi en Floride, l'un des gros foyers actuels de COVID-19.

Pékin «aurait pu stopper» l'épidémie mais ne l'a «pas fait», a-t-il de nouveau affirmé.

Plus de 70 000 morts au Brésil 

La COVID-19 poursuit également ses ravages en Amérique latine, où il atteint certains de ses dirigeants.

En Bolivie, la présidente par intérim Janine Añez, candidate à l'élection présidentielle de septembre, a annoncé jeudi qu'elle était contaminée. Vendredi, c'est la présidente du Congrès bolivien Eva Copa, deuxième dans l'ordre protocolaire de succesion à la tête de l'État, qui a déclaré qu'elle l'était aussi.

La Bolivie, un pays de 11 millions d'habitants, compte 44 113 contaminations et 1 638 décès, selon le bilan officiel communiqué vendredi.

Le Brésil est le pays d'Amérique latine le plus affecté et le deuxième au niveau mondial.

Au Venezuela, le président de l'Assemblée nationale constituante et numéro deux du parti présidentiel PSUV, Diosdado Cabello, a annoncé jeudi avoir contracté la COVID-19. Le président brésilien Jair Bolsonaro avait dit être contaminé mardi.

Le Brésil est le pays d'Amérique latine le plus affecté et le deuxième au niveau mondial. Il a franchi vendredi la barre des 70 000 morts après avoir enregistré 1 214 décès supplémentaires au cours des 24 heures précédentes. Les contaminations s'élèvent à plus de 1,8 million de cas.

Résurgences 

Si le virus a reflué ailleurs dans le monde, des résurgences ont été enregistrées.

Conséquence, en Australie, les cinq millions d'habitants de Melbourne ont été replacés en confinement pour six semaines, comme la population de l'Ouzbékistan.

Hong Kong a annoncé la fermeture de toutes ses écoles à partir de lundi en raison d'une «hausse exponentielle» des contaminations et Israël a dénombré quelque 1 500 nouveaux cas en 24 heures.

Selon l'agence russe des statistiques, au moins 7 444 personnes sont mortes de la COVID-19 en mai en Russie, soit un chiffre plus de deux fois supérieur à celui jusqu'ici fourni par les autorités.

En Australie, les cinq millions d'habitants de Melbourne ont été replacés en confinement pour six semaines.

De nouveaux foyers sont aussi apparus en Europe, le continent le plus endeuillé avec plus de 200 000 morts (pour 2,8 millions de cas), où la situation paraît toutefois pour le moment sous contrôle.

L'Italie réfléchit ainsi à prolonger l'état d'urgence, qui doit expirer le 31 juillet, et, à la suite notamment de l'augmentation du nombre des cas dans les pays des Balkans voisins, la Grèce a décidé de renforcer les contrôles à ses frontières terrestres.

En France, où la barre des 30 000 morts a été franchi vendredi, le premier ministre Jean Castex a «demandé à tous les acteurs de porter de plus en plus le masque pour nous prémunir au mieux d'une éventuelle deuxième vague».