Toutes les personnes qui ont eu un contact étroit avec l'employé qui a contracté la COVID-19 au Marché Richelieu Brillant du Bic, à Rimouski, ont été jointes par la direction de la santé publique du Bas-Saint-Laurent.
Toutes les personnes qui ont eu un contact étroit avec l'employé qui a contracté la COVID-19 au Marché Richelieu Brillant du Bic, à Rimouski, ont été jointes par la direction de la santé publique du Bas-Saint-Laurent.

COVID-19 dans une épicerie à Rimouski: toutes les personnes à risque ont été contactées

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
Le directeur de la santé publique du Bas-Saint-Laurent, Sylvain Leduc, assure que toutes les personnes qui ont eu un contact étroit avec l'employé qui a contracté la COVID-19 au Marché Richelieu Brillant du Bic, à Rimouski, ont été jointes.

«On a identifié toutes les personnes qui ont eu un contact qu'on a jugé significatif, c'est-à-dire suffisamment long et près de la personne qui a eu le diagnostic positif.» Un total de 25 individus ont été ciblés parce qu'ils ont eu un contact proche ou parce qu'ils sont des collègues de la personne infectée. Le Dr Leduc précise que les tests ont commencé mercredi et qu'ils se sont poursuivis jeudi auprès de ces personnes. «Alors, si vous n'avez pas été contacté, c'est que vous n'êtes pas une personne à risque.» Par contre, le directeur régional de la santé publique appelle à la vigilance des clients qui ont fréquenté le commerce entre le 1er et le 16 mai qui présentent des symptômes. Il les invite à appeler au 1 877 644-4545. «[…] Le risque, même s'il est faible, il n'est pas nul.»

Enquête en cours

Dès que le résultat a été connu, la direction de la santé publique a ouvert une enquête épidémiologique dans les minutes qui ont suivi. «Il n'y a pas de délai, spécifie Sylvain Leduc. C'est la chance qu'on a, dans notre région, d'avoir des situations pas aussi nombreuses que dans d'autres régions.»

Le magasin a été fermé immédiatement après que le diagnostic est tombé. Il demeurera fermé le temps que la direction de la santé publique mène son enquête et que les procédures de décontamination ne seront pas complétées. «Je tiens à souligner la très bonne collaboration de l'employeur, de la bannière et aussi de la personne qui a été touchée», signale le Dr Leduc.

Inquiétude

Le médecin dit comprendre l'inquiétude ressentie par les clients du commerce. Selon lui, les personnes qui ont fréquenté l'épicerie dans la période visée ne sont pas obligées de se placer en isolement, pas plus que de s'empêcher de travailler. «On a eu, depuis plus de 24 heures, plusieurs situations étonnantes, où les gens n'ont pas pu aller au travail parce qu'ils avaient fréquenté l'épicerie et que leur employeur aurait jugé qu'ils constituaient un risque.» Il ajoute qu'il n'est pas non plus interdit aux enfants, qui auraient pu aller dans cette épicerie dans la période ciblée, d'aller à l'école.

Si c'est un précédent au Bas-Saint-Laurent, qui a été passablement épargné par le virus, Sylvain Leduc mentionne que des marchés d'alimentation ont été touchés dans d'autres régions du Québec et que, dans presque toutes les situations qui ont été portées à son attention, «le risque que d'autres personnes soient contaminées n'a jamais été les clients». «Ça a toujours été des employés entre eux, précise-t-il. Comme client, on est rarement 15 minutes avec une personne séparée d'une barrière et à moins de deux mètres. Je tiens à préciser aussi que le commerce en question a, depuis le mois de mars, instauré des plexiglas et il y avait aussi, depuis peu, le port du masque. Or, les mesures qui devaient être prises l'ont été et c'est pourquoi le risque de transmission est faible.»

Le virus circule partout

Pour le Dr Leduc, cet événement permet de rappeler que le coronavirus se propage partout au Québec et que le Bas-Saint-Laurent ne fait pas exception. «La situation, sans dire qu'elle était inévitable, était prévisible quand un virus aussi contagieux que la COVID-19 circule.» Il souligne aussi que ce nouveau cas n'a aucun lien avec la levée des points de contrôle routier qui étaient installés dans les limites territoriales de la région. «La personne a commencé les symptômes à une période où il y avait les barrages. Notre enquête ne nous permet pas, à ce stade-ci, d'identifier où la personne a pu contracter le virus. La personne n'a pas fait de voyage. Elle a eu un comportement irréprochable. Ce n'est pas une personne qui est allée prendre des risques en faisant des visites chez de la parenté d'une autre région. On a vraiment une situation de transmission communautaire.»

Avec le déconfinement graduel, le directeur régional de la santé publique prédit une augmentation des cas, surtout si certains baissent la garde. Selon le Dr Leduc, il faudra toujours garder en tête que parmi les dix personnes qu'un individu invitera à un BBQ au cours des prochaines semaines, «il y en a potentiellement une qui est porteuse du virus» et qu'elle peut être asymptomatique.