Le président de la COCD et directeur du centre L’Envolée de Shefford, Nicolas Bédard.
Le président de la COCD et directeur du centre L’Envolée de Shefford, Nicolas Bédard.

COVID-19 dans les centres de traitement des dépendances: «On se sent appuyés»

Il y a à peine quelques jours, la Coalition des organismes communautaires en dépendance (COCD) sonnait l’alarme pour avoir l’aide nécessaire pour traverser la crise du coronavirus. L’appel lancé au gouvernement Legault a fait écho.

Au terme d’une récente rencontre avec des représentants de la Direction des services en dépendance et en itinérance, le président de la Coalition, Nicolas Bédard, s’est dit «soulagé» des réponses obtenues.

«Les centres ont le libre choix de faire de nouvelles admissions ou non. On sait maintenant que dès l’apparition du premier cas de COVID-19 à l’intérieur d’un centre, la santé publique va venir nous épauler et nous donner des directives. On se sent appuyés», a mentionné celui qui dirige le centre L’Envolée de Shefford, qui peut abriter jusqu’à 120 pensionnaires.

Un discours à l’opposé de celui de la semaine dernière. «Le ministère de la Santé vient de nous demander de continuer à admettre des gens dans nos ressources tout en bloquant les sorties. On est prêts à faire notre part, mais pas à compromettre la sécurité de notre personnel et de notre clientèle. Quand on a demandé d’avoir des équipements de protection, entre autres des masques, le CIUSSS nous a dit qu’ils n’en ont pas pour nous. Vraiment, Québec nous laisse tomber», avait alors indiqué le directeur du centre de traitement des dépendances.

Au même titre que les effectifs médicaux, les membres de la Coalition veulent obtenir des masques, des visières et des jaquettes jetables. Bien qu’il n’ait eu aucun engagement formel en ce sens, le président de la Coalition se réjouit de l’ouverture de Québec. «On est confiants qu’on pourra avoir le matériel de protection et la formation. Ça nous rassure qu’on prenne en considération nos demandes.»

Sécurité

Pas question d’improviser avec des cas de gens ayant des symptômes du coronavirus en centre de traitement des dépendances. Ces personnes devront être testées sans tarder dans un hôpital avant de pouvoir réintégrer l’établissement, a fait valoir M. Bédard.

Afin de contrôler la propagation du virus, aucune nouvelle admission n’a été faite au centre l’Envolée depuis le 15 mars. «Et environ 75% des centres feront de même», a spécifié le président de la Coalition.

La sécurité demeure toutefois une priorité pour la clientèle et le personnel. «On a fermé des corridors, des escaliers et une salle de repas. On a 10 lits prêts pour des gens qui pourraient être en quarantaine complètement isolés du reste du centre», a mentionné le DG de l’Envolée.

Adaptation

Pas question de fermeture à Shefford. «Si on arrête parce qu’on a peur du coronavirus, quel message on envoie aux autres professionnels de la santé? Comme les infirmières, les médecins et les autres membres des équipes médicales, on ne peut pas abandonner, sinon, le système va s’effondrer», a imagé M. Bédard.

Or, la propagation du coronavirus au sein des équipes de certains organismes de traitement des dépendances de plus petite taille pourrait avoir d’importantes conséquences sur leurs opérations. Faute de personnel, certains pourraient même devoir fermer leurs portes temporairement, a concédé Nicolas Bédard.

La Coalition s’engage donc à assurer une continuité des services en centralisant les opérations dans des établissements plus grands, notamment à L’Envolée. «On s’engage au sein de nos associations à gérer les fermetures de nos petits centres. À aller chercher leur clientèle pour les accepter dans d’autres établissements, le temps que la crise se termine», a indiqué le président du regroupement.

Idem en ce qui concerne le personnel, qui pourrait être embauché temporairement dans les plus grands centres.

L’inclusion des établissements de traitement des dépendances parmi la liste des services prioritaires tombe aussi à point. «On a 20% de nos employés qui ont besoin d’un service de garde. Et jusqu’ici, ils n’en ont pas. Alors, ils doivent s’absenter du travail alors qu’on a grandement besoin de tout le monde au boulot. Avoir accès à une garderie, ça va enlever beaucoup de pression sur leurs épaules.»