Au cours de la dernière semaine, la Capitale-Nationale a enregistré en moyenne 27 nouveaux cas par jour, comparativement à une moyenne de 18 la semaine précédente.
Au cours de la dernière semaine, la Capitale-Nationale a enregistré en moyenne 27 nouveaux cas par jour, comparativement à une moyenne de 18 la semaine précédente.

COVID-19: cinq nouveaux décès dans la Capitale-Nationale

La Capitale-Nationale comptait mercredi 30 nouveaux cas confirmés de COVID-19 et cinq nouveaux décès (tous recensés dans des ressources d’hébergement pour aînés), contre trois nouveaux cas et aucun nouveau décès dans Chaudière-Appalaches. Deux territoires différents, deux réalités différentes et... deux stratégies de dépistage différentes. Alors que le CISSS de Chaudière-Appalaches vient d’annoncer le déploiement d’une unité mobile de dépistage sans rendez-vous de la COVID-19, qui permettra à tout citoyen, symptomatique ou pas, de se soumettre à un test, aucune stratégie de dépistage aléatoire de la population n’est prévue au CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Au cours de la dernière semaine, la Capitale-Nationale a enregistré en moyenne 27 nouveaux cas par jour, comparativement à une moyenne de 18 la semaine précédente. 

Un jour, les nouveaux cas recensés se trouvent majoritairement dans des ressources d’hébergement pour aînés (usagers et employés). Le lendemain, c’est dans la communauté qu’on dénombre le plus de nouveaux cas. 

Ainsi, mardi, sur les 29 nouveaux cas rapportés, les deux tiers étaient dans la communauté. Mercredi, sur les 30 nouveaux cas signalés, la totalité se trouvait en milieu d’hébergement pour aînés. 

C’est encore une fois aux Jardins du Haut-St-Laurent, dans le secteur de Saint-Augustin-de-Desmaures, qu’on dénombrait mercredi le plus de nouveaux cas (cinq chez les usagers, pour un total de 20 jusqu’à maintenant, et sept chez les employés, pour un total de 31).

L’éclosion s’est également aggravée à l’Hôpital général de Québec, qui compte maintenant 53 usagers (+ 4) et 34 employés (+ 5) infectés par le virus. 

De nouveaux cas ont aussi été recensés au CHSLD du Faubourg, où on dénombre maintenant 19 usagers (+ 6) et 11 employés (+ 1) infectés. 

Enfin, l’Hôpital du Jeffery Hale compte deux nouveaux cas chez ses employés, qui sont maintenant 118 à avoir été infectés (95 chez les usagers).

Les cinq décès recensés mercredi sont survenus à la résidence privée pour aînés Manoir et Cours de l’Atrium (deux décès), à l’Hôpital général de Québec (deux décès) ainsi qu’aux Jardins du Haut St-Laurent (un décès). 

La Capitale-Nationale dénombre jusqu’à maintenant 101 décès et 787 personnes rétablies sur les 1471 cas confirmés de COVID-19. Actuellement, 26 personnes (- 3) sont hospitalisées, dont trois aux soins intensifs (+ 1). 

Pas de dépistage aléatoire

En entrevue au Soleil, mercredi, le Dr François Desbiens a confirmé qu’il y avait une transmission «plus grande à l’extérieur» des milieux d’hébergement pour aînés, «mais ce n’est pas égal d’une journée à l’autre». «Dans la communauté, tout ce que j’ai, ce sont des cas isolés. Et souvent, il y a un lien avec le personnel de la santé», note-t-il.

Dans la Capitale-Nationale, le dépistage cible surtout les usagers des ressources d’hébergement pour aînés, le personnel de la santé, les milieux déconfinés (incluant les écoles et les entreprises) et les contacts proches des cas positifs. Depuis lundi, toute personne qui présente des symptômes compatibles avec la COVID-19 peut aussi être testée sur rendez-vous dans une clinique d’évaluation et de dépistage (il y en a une à Place Fleur de Lys, à MAclinique Lebourgneuf et à l'Hôpital du Jeffery Hale). 

Selon le DFrançois Desbiens, la situation actuelle dans la Capitale-Nationale ne justifie pas qu’on fasse du dépistage aléatoire dans la population, comme ça se fait à Montréal ou comme le CISSS de Chaudière-Appalaches le fera à compter du 2 juin. 

«Ce n’est pas dans nos plans de faire du dépistage chez les asymptomatiques. On en fait, mais en lien avec des milieux qui vivent une situation particulière. […] Mais d’offrir à la population en général, à 755 000 habitants, malades ou pas, des tests de dépistage, ce n’est pas dans mes cartons. On n’a pas de secteurs ou de quartiers [problématiques] qui justifieraient qu’on adopte une approche ciblée» avec une unité mobile de dépistage, expose le DDesbiens. 

Certes, il y a dans la Capitale-Nationale une équipe mobile qui se déplace lorsque du dépistage intensif doit être fait dans un milieu, «mais c’est uniquement pour des clientèles ciblées». Selon lui, aucun quartier n’est plus problématique qu’un autre en termes de transmission communautaire «si on enlève les cas dans les milieux d’hébergement pour aînés». 

«Mais si jamais ça devait être le cas, je n’hésiterai pas à déployer ce genre d’outil-là [une unité mobile de dépistage]», assure le Dr Desbiens.


« Mais d’offrir à la population en général, à 755 000 habitants, malades ou pas, des tests de dépistage, ce n’est pas dans mes cartons. On n’a pas de secteurs ou de quartiers [problématiques] qui justifieraient qu’on adopte une approche ciblée »
Le Dr François Desbiens

Pas question non plus d’inviter «at large» les gens, symptomatiques ou pas, à se présenter sans rendez-vous dans une clinique d’évaluation et de dépistage.

«On peut prélever des personnes asymptomatiques, mais il faut qu’il y ait un lien [avec des cas confirmés]. Si on faisait des tests aléatoires dans la communauté, 99,9 % reviendraient négatifs» parce que la transmission communautaire du virus est faible, explique le directeur de santé publique de la Capitale-Nationale.

«Je préfère dépister les milieux où je vois de la transmission, attendre d’avoir un cas et intervenir intensivement autour du cas», résume-t-il.

Dans la Capitale-Nationale, on sait que le R0 (le nombre moyen de personnes qu’une personne contagieuse peut infecter) se situe en-deça de 1, mais il n’est pas connu avec exactitude. «J’aimerais beaucoup ça que l’Institut national de santé publique me le dise, mais tout ce qu’il peut me dire, c’est que je suis bien en-deça du 1, mais que je ne suis pas proche de 0. […] Mais je suis en bas du 1 de façon confortable, comme toutes les autres régions à l’extérieur de la couronne de Montréal», dit le DDesbiens. 

Si on maintient un R0 en bas de 1, la courbe restera plate, «et on ne dépassera jamais notre capacité de traiter les gens», rappelle-t-il.

Bientôt une unité mobile de dépistage à Lévis

Dans Chaudière-Appalaches, le dernier bilan fait état de trois nouveaux cas confirmés de COVID-19, portant à 491 le nombre de cas recensés jusqu’à maintenant dans cette région. Sept personnes sont actuellement hospitalisées (+ 1), dont trois aux soins intensifs (+ 1). 

Depuis le début de la pandémie, huit résidents de la région ont succombé au virus. Le nombre de personnes rétablies s’élève quant à lui à 425, en hausse de cinq par rapport à mardi. 

Une clinique mobile de dépistage sans rendez-vous circulera dès le 2 juin sur le territoire de Lévis, secteur le plus touché par la COVID-19 dans la région de Chaudière-Appalaches, a annoncé le CISSS mercredi. Le projet-pilote d’unité mobile s’étendra par la suite (au cours des prochains mois) aux autres territoires de Chaudière-Appalaches. 

D’une capacité de 100 tests par jour, la clinique mobile aura pour mandat de procéder au dépistage des personnes symptomatiques et asymptomatiques au sein même de la population, explique le CISSS de Chaudière-Appalaches dans un communiqué.

«Grâce à la précieuse collaboration des intervenants du réseau et de la Ville de Lévis, nous serons en mesure d’offrir un service de proximité. Détecter et tester la population est un des critères qui nous permettront de réaliser un déconfinement avec succès», souligne la directrice de la santé publique du CISSS de Chaudière-Appalaches, la Dre Liliana Romero.

Plusieurs quartiers de Lévis seront sillonnés du lundi au vendredi entre 9h30 et 16h. La première clinique aura lieu dès 10h le 2 juin au Patro de Lévis, situé au 6150, rue Saint-Georges. Pour connaître les lieux et horaires de la clinique de dépistage mobile: www.cisssca.com/clinique-depistage.

Le CISSS de Chaudière-Appalaches précise que les cliniques d’évaluation et de dépistage sur rendez-vous se poursuivent dans les quatre cliniques du territoire (Centre Paul Gilbert, CLSC et CHSLD de Beauceville, Hôpital de Montmagny et Centre d'activités de jour en déficience intellectuelle et en trouble du spectre de l'autisme de Thetford Mines). Les personnes ayant des symptômes s’apparentant à ceux de la COVID-19 peuvent appeler au 1 877 644-4545 pour une évaluation et une prise de rendez-vous