COVID-19: besoin de personnel pour effectuer des tests de dépistage à Québec

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale est à la recherche de dizaines de professionnels de la santé pour répondre à la hausse du nombre de dépistages dans le contexte de déconfinement.

L’annonce de l’établissement survient quelques heures après la publication dans Le Soleil de témoignages de citoyens déplorant avoir attendu jusqu’à trois jours avant d’avoir accès à un test. Si l’on ajoute le délai de 48 heures avant d’avoir un résultat, c’est 5 jours d’incertitudes pour des gens qui présentent des symptômes ou qui ont été en contact avec des personnes infectées.

C’est le cas d’Alexandre qui a voulu faire tester sa fille à cause d’une mauvaise toux. La garderie où elle va ne voulait pas la reprendre avant qu’elle ait un résultat de test négatif. «Ce que l’on comprend complètement», tient à préciser Alexandre. Le couple a appelé info-santé mercredi matin, vu qu’ils étaient hors des heures de la ligne COVID. La clinique les a rappelés pour avoir un rendez-vous, mais il n’était pas possible de voir un médecin avant le dimanche. Avec le 48h de délai avant d’avoir les résultats, cela fait près d’une semaine d’attente. 

La conjointe d’Alexandre travaillant dans le domaine de la santé, elle s’est fait tester et le résultat est négatif. Le couple se doute donc que leur fille ne couve qu’un rhume, mais sans un test négatif, elle ne peut pas retourner à la garderie. Une situation très compliquée pour les deux parents qui sont de retour au travail. 

Pour sa part, Claudia* a aussi voulu faire tester sa fille qui avait plusieurs symptômes de la COVID-19. En arrivant sur le site le vendredi soir, elle se rend compte que la ligne d’information n’est pas disponible les fins de semaine. « =C’est un peu ordinaire en partant», témoigne-t-elle. Le lundi, elle a eu beaucoup de mal à avoir la ligne qui raccrochait sans arrêt. Finalement, elle a attendu 1h40 en ligne pour pouvoir parler à une infirmière. Sa fille n’ayant plus de symptômes depuis le dimanche matin, elle ne peut pas se faire tester. «Ils ne dépistent que les personnes qui ont des symptômes présents», rapporte Claudia selon ce que lui a dit l’infirmière. «J’aurais souhaité aller la faire tester pour en avoir le coeur net», s’inquiète-t-elle. 

Mieux répondre à la demande

Dans sa campagne de recrutement, le CIUSSS dit être à la recherche de toutes sortes de profils pour venir prêter main-forte: « des physiothérapeutes, des hygiénistes dentaires, des dentistes, des nutritionnistes, des inhalothérapeutes, des technologues médicaux, des audiologistes, des infirmières ou des infirmières auxiliaires qui seraient retraités depuis peu ou qui n’occuperaient actuellement pas un emploi à temps complet », peut-on lire dans le communiqué du centre de santé. Ces personnes seront formées, équipées pour éviter toute contamination et pourront obtenir une prime de 8 % liée au contexte de la COVID-19. 

Comme plusieurs personnes sont de nouveau en situation d’emploi avec la réouverture des entreprises, les initiatives gouvernementales comme «jecontribue» ne sont plus aussi efficaces. Beaucoup de gens qui étaient disponibles au printemps ne le sont plus. C’est pourquoi une deuxième vague de recrutement a lieu sur https://jecontribuecovid19.gouv.qc.ca et sur recrutementdepistage.ca

À Montréal, des files de plusieurs heures se forment devant les centres de dépistages. Le 11 juillet, la Direction régionale de santé publique de Montréal a demandé à tout ceux ayant fréquenté un bar ou un club de la ville, depuis le 1er juillet, d’aller se faire tester. Au Québec, on rapporte 141 nouveaux cas le matin du vendredi 17 juillet 2020. 

*Le nom a été changé pour préserver l'anonymat de la source