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La personne contaminée par le variant indien de la COVID-19 aurait été vaccinée il y a deux mois.
La personne contaminée par le variant indien de la COVID-19 aurait été vaccinée il y a deux mois.

COVID-19 : un cas de variant indien repéré en Mauricie-Centre-du-Québec

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
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Un premier cas du variant indien de la COVID-19 en sol québécois a été repéré en Mauricie-Centre-du-Québec.

Il n'aurait toutefois pas été identifié en Haute-Mauricie, contrairement à ce qui avait été véhiculé au départ, a précisé la chef de service aux communications externes du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, Geneviève Jauron, qui a toutefois refusé de donner l'information quant au lieu de résidence de l'individu.

La personne qui avait contracté le variant était déjà vaccinée et est même déjà guérie de la maladie. «L'enquête épidémiologique a été menée dès que le cas a été confirmé positif, continue Geneviève Jauron. Cette personne était déjà en isolement dû à un contact domiciliaire positif.  Depuis que le Laboratoire de santé publique du Québec a confirmé qu'il s'agit d'un variant indien, la direction de Santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec a repris l'enquête épidémiologique afin d'identifier l'origine du variant.»

Le variant B.1.617 se retrouve plus couramment dans les échantillons analysés en Inde. Selon Le Devoir, ce variant est caractérisé par une quinzaine de mutations. 

Ce variant qui est apparu en octobre dernier dans la province du Maharashtra, dans l'ouest de l'Inde, soulève actuellement plusieurs inquiétudes en raison de la dégradation rapide de la situation en Inde. Le pays fait en effet face à une très forte deuxième vague de coronavirus, alors que plus de 270 000 nouveaux cas ont été répertoriés dimanche.

Le cas de variant indien a été détecté par séquençage, mais l’Institut national de santé publique (INSPQ) a précisé à La Presse qu'il n’est «actuellement pas sous surveillance rehaussée, car il ne présente pas d’impact épidémiologique ou clinique démontré», ajoutant toutefois qu’il demeurera «sur le radar» du Laboratoire de santé publique (LSPQ).

En entrevue à La Presse, la professeure à l’École de santé publique de Montréal (ESPUM), Roxane Borgès Da Silva, a soutenu que l’arrivée du variant indien au Québec est certes «préoccupante», mais pas alarmante. «C’est sûr qu’on ne le veut pas ici idéalement, mais avant de sonner l’alarme, il faudra plus de données probantes, a-t-elle fait valoir. Ça restera un gros enjeu, même quand la population sera vaccinée : dès qu’on rouvrira les frontières, il y aura cette crainte de voir des gens arriver de pays dans lesquels il y a beaucoup de variants en circulation, dont certains pour lesquels on ne sait pas précisément si les vaccins sont efficaces.»

Plus de quatre infections sur cinq liées aux variants

Les variants continuent d'ailleurs de progresser rapidement en Mauricie et au Centre-du-Québec. Ils sont en effet en train de devenir dominants dans la région, alors que 84,8% des nouveaux cas de COVID-19 ont été positifs au criblage au cours des sept derniers jours.

On compte maintenant 495 cas présomptifs dans la région, selon les dernières données de l'Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ). Ce sont 26 de plus que la veille dans la région. La région compte également 11 cas confirmés de variants par séquençage comme étant de souche britannique. C'est une augmentation de six par rapport à la veille.

Par ailleurs, la tendance des derniers jours s'est poursuivie en Mauricie et au Centre-du-Québec, alors que ce sont 34 nouveaux cas qui ont été rapportés par le CIUSSS MCQ, mercredi, dont sept en Mauricie et 27 au Centre-du-Québec. C'est dans la MRC de Drummond que l'on retrouve la plus forte hausse, avec 19 nouveaux cas de COVID-19.

La moyenne de nouveaux cas par jour est passée de 29 à 45, au cours de la dernière semaine, en raison des journées de 50 et de 60 nouveaux cas qui ont été enregistrés en Mauricie et le Centre-du-Québec.

Le nombre d'éclosions est également passé de 46 à 55 dans le bilan hebdomadaire rendu public par le CIUSSS MCQ, mercredi. La grande majorité d'entre elles ne sont toutefois pas considérées comme étant des éclosions majeures.

Avec 34 nouvelles guérisons, le nombre de cas actifs est demeuré stable, mercredi. On en compte encore 373, dont 149 en Mauricie et 224 au Centre-du-Québec. Le taux de cas actifs par 100 000 habitants de la région se situe à 67,9, selon les données de l'INSPQ, ce qui en fait encore l'un des plus bas pour les régions en zone orange.

Au chapitre des hospitalisations, le CIUSSS MCQ note une augmentation de trois patients par rapport à la veille, portant à 14 le total de personnes qui étaient pris en charge, mercredi, au CHAUR de Trois-Rivières, dont deux aux soins intensifs.

Alors qu'on apprenait mardi que la Mauricie et le Centre-du-Québec demeuraient au palier d'alerte orange, la directrice de la Santé publique, la Dre Marie-Josée Godi, n'a pas tenu le point de presse hebdomadaire qui a généralement lieu le mercredi.

Elle a fait une courte déclaration écrite qui a été relayée par le CIUSSS MCQ sur les réseaux sociaux, dans laquelle elle invite la population à demeurer prudente. «La situation épidémiologique peut néanmoins basculer rapidement. Pour cette raison et afin de freiner le plus possible la propagation du virus, la Santé publique continuera d’être très interventionniste lors de la déclaration de cas positifs dans les milieux scolaires, de garde et de travail», rappelle-t-elle.

«La collaboration de la population est demandée afin d'appliquer avec rigueur les consignes émises par les équipes de la Santé publique, notamment l’isolement, lorsque requis, ajoute la Dre Godi. Les efforts de tous doivent également être maintenus dans le respect des mesures sanitaires en vigueur, entre autres l’interdiction de se rassembler dans un domicile privé qui représente toujours la principale cause de propagation du virus.»

Avec la collaboration de Martin Lafrenière