ll y avait du monde sur l’avenue Cartier par ce beau mercredi ensoleillé.
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Corridors sanitaires réclamés à Québec [PHOTOS]

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Des associations de marchands prônent l’installation de corridors sanitaires pour respecter la règle de distanciation au moment où les artères commerciales deviennent plus achalandées avec l’arrivée du beau temps et la réouverture des commerces, dont celle anticipée des restaurants et des bars.

«On continue de croire que ça serait une bonne option. Un samedi ensoleillé avec une artère bien bondée, c’est impossible de respecter le deux mètres.» Jean-Pierre Bédard est directeur général de la SDC Montcalm. Il est aussi président du Regroupement des SDC du Québec. Comme d’autres dg de SDC de la Ville de Québec, il observe les corridors sanitaires installés sur 11 artères de la métropole. Il croit qu’il serait souhaitable de les implanter sur certaines artères, dont l’avenue Cartier.

«En fait, ce sont des trottoirs élargis en empiétant sur des cases de stationnement. Ça permet un meilleur accès aux commerces où il y a souvent des files à l’extérieur, tout en respectant la règle des deux mètres de distance», explique-t-il.

ll y avait du monde sur l’avenue Cartier par ce beau mercredi ensoleillé.

Sans vouloir se faire le porte-parole des sept SDC de la capitale, il mentionne que tout le monde est «un peu au même niveau». «Avant d’aller de l’avant, il faut s’assurer que ça fait consensus auprès d’une majorité de commerçants.» Les SDC sont actuellement en période de sondage sur le sujet.

«On y pense nous aussi», confirme Marie-Noël Bellegarde-Turgeon, directrice générale de la SDC Faubourg Saint-Jean. Quelque 40 % de ses 180 membres sont des bars ou des restaurants, elle ne voudrait pas que la réouverture de ce type de commerce fasse fuir la clientèle.

«Le succès de la réouverture des commerces passe par la sécurité des usagers autant sur la rue que dans les commerces. Il ne faudrait pas que les gens se disent : “Je ne vais pas sur Saint-Jean parce qu’il y a trop de monde et que c’est impossible de respecter la règle de distanciation sociale”», souligne-t-elle.

La SDC 3Avenue en est une autre qui s’intéresse aux corridors sanitaires. «On envisage plusieurs scénarios, dont celui-là», lance la directrice générale de l’organisme, Isabelle Madrid. «On a des trottoirs assez larges qui nous permettraient peut-être de les implanter sans toucher aux cases de stationnement. On sait que c’est un sujet qui peut être sensible», reconnaît-elle. M. Bédard a aussi évoqué ce point de discorde potentiel. 

Des associations de marchands prônent l’installation de corridors sanitaires pour respecter la règle de distanciation.

La Ville réfractaire

Cette position n’est pas partagée par la Ville de Québec. Lundi encore, le maire affirmait que les corridors sanitaires n’étaient pas nécessaires après s’être promené sur l’avenue Cartier durant le week-end.

De son côté, M. Bédard précise que la Ville est réfractaire à cette idée pour des raisons techniques. «On nous dit que les renflements de trottoirs aux intersections empêchent de faire des corridors rectilignes et que ça peut être compliqué pour les personnes à mobilité. Je pense qu’on pourrait trouver des solutions.»

En attente des terrasses

Toutefois, Régis Labeaume a aussi déclaré être «prêt à aller loin» pour faire des artères commerciales des rues piétonnes aux cases horaires les plus achalandées. Si le gouvernement Legault donne le feu vert pour la réouverture des restaurants et des bars, les propriétaires pourraient donc agrandir leur terrasse en respectant les règles sanitaires. Mais ce n’est pas assuré que ça s’applique à chaque artère commerciale.

«D’un côté, j’ai une caserne de pompier et de l’autre, l’avenue Honoré Mercier. La rue est à sens unique et il y a du stationnement seulement d’un côté», soulève Mme Bellegarde-Turgeon.

Les artères commerciales risquent de devenir plus achalandées avec l’arrivée du beau temps et la réouverture des commerces.

Même constat dans Limoilou où il serait difficile d’interrompre le trafic sur toute sa longueur de la très passante 3e avenue. Cependant, il serait possible de fermer une portion de l’avenue comme lors de l’événement Limoilove ou encore pendant la période du marché public, pour y installer chaises et tables où les commerçants pourraient servir la clientèle. Faut-il encore que l’établissement soit situé à une distance raisonnable. «Ça fait partie des propositions», indique Mme Madrid.

Les SDC, comme la Ville, ont encore du temps avant d’en venir à une entente sur le plan de relance. Tout le monde est encore en attente de la réouverture des restaurants et des bars. En attendant, pour freiner les ardeurs des consommateurs, on peut compter sur la météo avec une fin de semaine qui s’annonce frisquet.