L’Université Laval a demandé samedi aux étudiants de quitter rapidement les résidences.
L’Université Laval a demandé samedi aux étudiants de quitter rapidement les résidences.

Casse-tête pour les étudiants étrangers priés de quitter les résidences de l’UL

Dans les derniers jours, des centaines d’étudiants des résidences de l’Université Laval ont reçu le mot d’ordre de quitter le plus rapidement possible. Chloé et Debora, deux étudiantes du campus, font partie de ceux qui vivent «beaucoup de stress» depuis samedi. Venues d’outre-mer, elles n’ont ni famille ni amis pour les héberger dans la région.

L’option de retourner à la maison n’en est pas une non plus. Avec des compagnies aériennes qui diminuent le nombre de vols internationaux pour limiter la propagation de la COVID-19, elles ne considèrent même pas s’aventurer dans les aéroports. La compagnie aérienne Air Canada a d’ailleurs suspendu la majorité de ses voyages à l’étranger et ne compte garder qu’un nombre limité de tracés actifs en provenance du Canada.

Stress

Pour Chloé Page-Travaglianti, une Française déménagée à Québec depuis septembre, la demande de l’Université Laval lui fait vivre des moments qu’elle aurait préféré éviter, raconte-t-elle. «Mes parents sont inquiets de la suite et moi je suis stressée, parce que je n’avais pas prévu faire des cartons à ce moment-ci», déplore l’étudiante qui termine sa deuxième session du baccalauréat en philosophie. 

«Ce n’est pas forcément si compliqué de partir des résidences et on ne nous met pas à la rue, mais c’était plutôt direct comme courriel, ajoute-t-elle. C’est surtout que déménager c’est une organisation qui demande du temps et il ne faut pas oublier que nous avons toujours nos cours à compléter.»

L’Université Laval a demandé samedi aux étudiants de quitter rapidement les résidences. Ainsi, les derniers jours, Chloé affirme les avoir passés à rechercher un autre logement où s’établir. Elle a finalement déniché un appartement dans le Vieux-Québec, dans lequel elle pourrait emménager dès la fin de semaine prochaine. 

«Je comptais déjà partir des résidences et j’avais signé un bail pour juillet ailleurs. J’ai vraiment eu de la chance de trouver un appartement sous-loué pour les trois prochains mois», reconnaît Chloé. Son nouveau chez elle appartenait d’ailleurs à une étudiante partie après avoir appris que la session se conclurait majoritairement en ligne. 

«Il me coûtera plus cher, mais au moins j’ai trouvé», soupire l’étudiante. 

Fermer les résidences?

L’Université Concordia et l’Université de Montréal ont pris la décision de fermer définitivement les portes de leurs résidences étudiantes, la semaine dernière. 

Si l’Université Laval entend maintenir le droit des étudiants de demeurer dans les résidences en respectant les mesures de distanciation sociale dans les aires communes, Debora, une étudiante en communication publique qui avait elle aussi une chambre sur le campus, se dit craintive que l’institution songe à l’«expulsion».

«J’ai écrit un courriel pour signifier mon intention de rester. Je n’ai nulle part d’autre où aller», se désole la jeune femme de 29 ans d'origine africaine.

Dans une réponse lui étant adressée et dont Le Soleil a obtenu copie, il n’est pourtant pas question d’un ultimatum. L’équipe du service des résidences de l’UL lui indique comprendre «ses préoccupations et la complexité des démarches à entreprendre», mais lui recommande «tout de même de faire tout ce qui est en [son] pouvoir pour trouver une alternative dès que possible afin de donner suite aux mesures prises par l’université».

N’en demeure pas moins que Debora confirme n’avoir pas non plus envie de retourner en Afrique, alors que le virus sévit et que le nombre de personnes infectées continue de croître. Les logements près de l’université se font rares et ils sont chers, selon elle, justifiant «l’impossibilité de libérer sa chambre» pour le moment. 

Du côté de l’Université Laval, on réaffirme la volonté d’accommoder le mieux possible celles et ceux pour qui il serait plus difficile de quitter les résidences.