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Le propriétaire du restaurant Petits Creux constate qu’à quelques pas de son commerce la place Richard-Garneau est bondée.  
Le propriétaire du restaurant Petits Creux constate qu’à quelques pas de son commerce la place Richard-Garneau est bondée.  

Averti par la police, un restaurateur dénonce le «deux poids, deux mesures» des autorités

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
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L’impatience d’un restaurateur de l’avenue Cartier a grandi, samedi, quand il a reçu un appel des policiers l’avertissant de retirer tables et chaises installées sur sa terrasse pour que ses clients attendent leurs commandes à l’extérieur. Pendant ce temps, les parcs et les lieux publics débordent. «C’est deux poids, deux mesures».

Pourquoi les regroupements agglutinés dans les parcs publics sont-ils tolérés mais pas quelques clients qui attendent à l’ombre leur commande sur une terrasse, questionne Kim Colonna du restaurant Petits creux sur l’avenue Cartier.

«Qu’est-ce qu’on peut faire de mal en mettant trois tables, six chaises et des parasols pour que les gens patientent dans un endroit confortable?» clame le restaurateur.

Puisque certaines personnes ont entamé leurs repas à même la terrasse du restaurant, deux ou trois heures auront suffi pour que son initiative soit dénoncée par des passants. S’en est suivi un appel des policiers, qui lui ont demandé de retirer toutes les installations de sa terrasse.

«Tout le monde était heureux, il n’y avait pas d’attroupement», rapporte-t-il, en entrevue avec Le Soleil. Distanciation et désinfection étaient respectées et le personnel ne servait pas de repas aux tables pour «éviter les interactions», assure M. Colonna.

Le restaurateur avait installé des tables et des chaises sur la terrasse pour que ses clients attendent leurs commandes à l’extérieur. Son initiative a rapidement été dénoncée par des passants.

«Manque de cohérence»

L’indignation est d’autant plus grande pour le propriétaire du restaurant corse lorsqu’il constate qu’à quelques pas de son commerce, la place Richard-Garneau, au coin de l’avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque, est bondée.

En plein soleil, des clients de boutiques et de cafés voisins se désaltèrent avec un breuvage ou consomment de la nourriture. Toutes les tables et les chaises placées dans ce lieu public étaient occupées, samedi après-midi. Une photo publiée par M. Colonna sur les réseaux sociaux permet de le constater.  


« C’est frustrant quand on voit qu’il y a des groupes de 15 à 20 personnes sur les Plaines et qu’il y a des rassemblements près des tables et des chaises placées par la Ville. Les gens qu’est-ce qu’ils font là-bas vous pensez? Ils mangent et ils boivent toute la journée! »
Kim Colonna, propriétaire du restaurant Petits Creux

Selon celui qui est aussi propriétaire du restaurant Terroir - Vins et Compagnie dans le Petit Champlain, la tolérance des autorités à l’égard de ces comportements des citoyens dans les parcs ou les espaces publics «manque de cohérence». Son initiative prise avant tout pour satisfaire sa clientèle, «ne peut pas être pire que ce qu’on voit ailleurs», dénonce-t-il. 

«C’est aberrant: on est en plein été, il fait beau, les gens ont envie d’être dehors et la propagation est quasi nulle à l’extérieur», ajoute Kim Colonna. Il considère qu’il évitait d’attrouper les clients dans son restaurant en les installant dehors. 

«Survie» 

«On ne fait aucunement ça parce qu’on est des hors-la-loi. On est juste des gens qui veulent s’en sortir», plaide M. Colonna. Lors des prochains assouplissements, il espère que le gouvernement aura une pensée pour lui et ses semblables. Si la réouverture des salles à manger n’est pas envisageable, croit-il, celle des terrasses devrait l’être. 

«À l’extérieur, on n’est pas néfastes, insiste-il. Au contraire, on contrôle et on est capables d’ouvrir dans des bonnes conditions sanitaires, alors que sur la place publique… ce n’est probablement pas le cas.» 

Dans une publication sur les réseaux sociaux, il interpelle même directement le premier ministre François Legault, l’implorant d’entendre l’appel des restaurateurs «très vite». Mais surtout, de ne pas appliquer le décret selon la formule «deux poids deux mesures». 

«François Legault, s’il vous plaît laissez-nous rouvrir nos terrasses ou bannissez tout mobilier urbain dans les villes», écrit-il.  

À ce point, ce n’est ni plus ni moins qu’une «question de survie» pour l’industrie. 

«Chaque journée de beau temps perdue une journée de plus qui nous fragilise encore plus», déplore M. Colonna.