Marc Tardif
Marc Tardif

Atteint par la COVID-19, Marc Tardif a pu compter sur le soutien d’anciens coéquipiers 

Michel Lamarche
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — S’il ne le savait pas déjà, Marc Tardif a eu la confirmation au cours des dernières heures qu’il ne laisse pas indifférent à Québec et ailleurs dans la province, et qu’il compte encore de bons amis qui se soucient de son bien-être. Et il reconnaît que tout ça est réconfortant.

Alors qu’il continuait à se remettre, à son domicile de la Capitale nationale jeudi, d’un épisode de la COVID-19 qui l’a frappé de plein fouet il y a un mois, l’ancienne grande vedette des Nordiques de Québec à l’époque de l’Association mondiale de hockey a aussi eu à répondre à des gens qu’il a côtoyés de près et qui ont tenu à savoir comment il se portait.

«J’ai eu des nouvelles de Réjean Houle, Serge Savard, Michel Goulet, Dave Pichette, Reynald Leclerc, des gars avec qui j’ai joué», a raconté Tardif lors d’une entrevue téléphonique qu’il a accordée à La Presse canadienne jeudi après-midi.


« Ça fait chaud au coeur de voir que les gens sont si sympathiques »
Marc Tardif

Il y a cinq semaines à peine, Tardif ne pouvait imaginer ce qu’il allait devoir endurer au tournant du mois de mars.

Il avait quitté la Floride en voiture, le 19 mars, et fait des escales nocturnes en Caroline du Sud et à Albany, ans l’État de New York, avant de rentrer à Québec le 21 mars.

Dans le respect des directives du gouvernement réservées aux voyageurs québécois qui revenaient de la Floride, Tardif a fait les démarches pour subir un test pour la COVID-19 le 24 mars, test qu’il a subi deux jours plus tard.

«À ce moment-là, je me sentais très bien. Mais comme de raison, le résultat n’arrive pas immédiatement, seulement quatre ou cinq jours après. Durant la fin de semaine qui a suivi, la descente a été vertigineuse. Le 30, comme on dirait, ce n’était pas chic», a raconté l’homme de 70 ans, qui s’est rendu à l’hôpital sur l’insistance de son épouse.

Après avoir appris que Tardif avait subi un test pour la COVID-19, les médecins ont reçu la confirmation que le résultat était négatif. Un deuxième test, effectué à l’hôpital, a mené à un résultat positif.

C’est à la mi-avril, à la suite de deux tests négatifs consécutifs, que Tardif a su qu’il était guéri, non sans avoir dû passer par les soins intensifs à l’Hôpital Laval.

Lorsqu’il revient sur cet épisode, Tardif n’hésite pas à admettre ses torts. Entre autres, il se reproche encore d’avoir sous-estimé les symptômes qui l’affligeaient.

«Il y a beaucoup d’orgueil, on ne veut pas aller à l’hôpital, on ne veut pas prendre le camion jaune. On est toujours un peu inquiet, suite à ce qu’on voyait dans les journaux et à la télé. Au début, je ne voulais pas y aller. Sincèrement. Je ne voulais pas y aller. Je prenais des Tylenol et je me disais que ça allait passer.

«J’ai pris le tout trop à la légère. On se dit que ce n’est que pour les autres. Quand on a des symptômes, il ne faut pas seulement se dire que c’est une petite grippe. Il faut se mettre au diapason avec tout ce qui se passe mondialement avec le virus.»

Tardif admet aussi avoir été habité par une certaine crainte.


« J’ai eu peur de perdre un peu de facultés mentales ou physiques. Physiques, parce que le virus, tu ne sais jamais comment ça va tourner. J’avais un peu d’inquiétude, mais en fin de compte, je suis sorti et de ce côté-là, ça va bien. »
Marc Tardif

Tardif estime que son passé de hockeyeur élite a possiblement contribué à lui permettre de surmonter cet épisode. Il reste qu’il a été fortement déshydraté, «pas au maximum, mais presque» a-t-il décrit, et il a perdu une douzaine de livres.

«Comme de raison, je suis moins actif à mon âge que quand j’avais 20 ans, mais le fait d’avoir été un athlète, je pense que ç’a aidé. Il faudrait que je demande au pneumologue ou au cardiologue, mais au bout de la ligne, je pense que ça m’a aidé. Mais ça ne nous met pas à l’abri», rappelle Tardif, à qui on a dit qu’il lui faudra quelques semaines pour retrouver ses forces et son énergie.

Reconnaissant du soutien qu’il a reçu des membres de sa famille au moment, Tardif est également très élogieux du travail des professionnels du milieu de la santé.

«Le personnel médical est absolument extraordinaire. Ces gens sont d’une grande bonté, d’une grande gentillesse. Ce n’est pas facile le travail qu’ils font. C’est extraordinaire ce qu’ils font. Ils sont dévoués. C’est quelque chose que je tiens à dire.»