Pour sensibiliser les proches aidants lors de leur visite, le CHSLD Granby veillera à les former afin qu’ils respectent et comprennent les règles sanitaires.
Pour sensibiliser les proches aidants lors de leur visite, le CHSLD Granby veillera à les former afin qu’ils respectent et comprennent les règles sanitaires.

Assouplissement du confinement dans les résidences pour aînés: on s’y prépare

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
Des intervenants de la région oeuvrant dans le milieu de la santé se préparent, alors que le gouvernement du Québec a annoncé mardi un assouplissement du confinement dans les résidences pour aînés.

Dès le 11 mai, tous les proches aidants « significatifs » (qui étaient déjà présents auprès d’un résident sur une base régulière avant la pandémie) pourront réintégrer les foyers pour aînés, que ce soit une résidence pour aînés (RPA), une ressource intermédiaire ou un centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Pour sensibiliser les proches aidants lors de leur visite, le CHSLD Granby veillera à les former afin qu’ils respectent et comprennent les règles sanitaires.

Des infirmières en prévention des infections s’occuperont de cette tâche. Elles sont trois fois plus nombreuses depuis le début de la pandémie, alors qu’elles s’assurent que les consignes sanitaires sont suivies dans le milieu de vie.

« Dans un CHSLD, un cas de COVID-19, c’est mortel. Une personne qui ne comprend pas les consignes met les résidents en danger », soulève Perry Nadon, président-directeur général du Groupe Santé Nadon, qui détient le CHSLD Granby.

Ce dernier croit néanmoins qu’il était temps que le confinement s’assouplisse, afin que les personnes âgées retrouvent le moral.

« Il y a un équilibre à trouver », dit-il.

Le Groupe Santé Nadon évalue les options qui s’offrent à lui : les heures de visite seront-elles changées ? Limiter le nombre de visiteurs à la fois ? « Il faut que je voie tout ça avec l’équipe de prévention », souligne le PDG.

Il ne cache pas que cette nouvelle fait augmenter le niveau d’anxiété de l’équipe, mais que celle-ci va bien gérer la situation. « Les employés sont tellement dévoués. »

« On ne peut pas se cacher qu’il va y avoir un plus grand achalandage, donc plus de vecteurs », lance M. Nadon en soulignant qu’aucun cas de la COVID-19 n’a été répertorié dans ses cinq centres.

Les 66 résidents du CHSLD Granby auront chacun une borne de désinfection dans leur chambre. Le port du masque demeurera obligatoire pour les visiteurs. « Ils doivent respecter les mêmes normes que les employés. »

M. Nadon estime à une cinquantaine le nombre de visites de proches aidants par semaine.

Une bonne nouvelle

Ce retour graduel vers la normalité a été bien accueilli par Marie-Pierre Hébert, directrice générale de la Maison soutien aux aidants de Granby.

« Ça va permettre aux proches aidants de rassurer leurs proches. La dégénérescence des personnes Alzheimer va très vite et elles peuvent ne plus reconnaitre quelqu’un après quelques jours sans l’avoir vue », soulève-t-elle.

Mme Hébert remarque qu’une partie des 250 membres de la Maison vivaient beaucoup d’inquiétudes et se sentaient coupables de délaisser leur proche dans les foyers pour aînés.

Sortir faire ses courses

Toujours à partir du 11 mai, le gouvernement offrira également des plages horaires destinées spécifiquement aux aînés des RPA intéressés à faire leurs courses dans des commerces inscrits sur la liste des services essentiels, comme les pharmacies et les épiceries.

Martyne Lessard, directrice générale à la résidence privée Excelsoins à Cowansville, avoue qu’elle ne s’attendait pas à une telle annonce, qu’elle accueille avec prudence.

« Pour nous c’est trop tôt. Ça fait 60 jours qu’on fait les achats pour les résidents et on a réussi à n’avoir aucun cas ici » relève-t-elle.

De surcroît, on a annoncé que les résidents des RPA où aucun cas de la COVID-19 n’a été détecté pourront prendre l’air sans supervision. On leur accorde aussi la liberté d’échanger avec un proche, à l’extérieur des murs de l’édifice, si les consignes sont respectées: distance de deux mètres entre chacun, lavage des mains avant et après la rencontre, port recommandé d’un masque dans les lieux publics.

Chez Excelsoins Cowansville, les rencontres extérieures ont toujours été permises.

« Au début, on le faisait sous supervision, mais les gens étaient tellement raisonnables. Ils marchaient juste sur notre terrain. On est chanceux, il est très grand. Juste faire le tour de notre bâtisse c’est deux kilomètres . »

La directrice générale souligne qu’elle s’assure à ce que les résidents ne vivent pas trop de solitude, en instaurant toutes sortes de mesures. Les résidents moins autonomes ont notamment accès à un « parloir ».

« C’est comme un gazebo avec des vitres en plastiques. Les personnes se voient bien, elles sont près l’une de l’autre, elles sont protégées et s’entendent très bien » relève Mme Lessard.

« Il a fallu faire des adaptations. Ça n’a pas été facile se rendre là. »