Dominique Anglade, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'économie
Dominique Anglade, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'économie

Assemblée nationale: les députés d’opposition entrent en scène vendredi

Les députés d’opposition veulent creuser des sujets liés à la COVID-19 avec les ministres de l’Économie et du Travail vendredi, lors des deux premiers débats virtuels organisés par l’Assemblée nationale.

Jusqu’à présent, seuls les journalistes ont pu poser des questions publiquement au premier ministre François Legault et à sa ministre de la Santé, Danielle McCann, le parlement étant fermé aux députés.

La conférence de presse quotidienne d’une heure avec le premier ministre ne satisfait pas les oppositions qui ont réclamé — et finalement obtenu — la reprise virtuelle des travaux parlementaires.

Vendredi dès 15h, ce sont donc une poignée d’élus qui se brancheront à leurs ordinateurs pour interroger les ministres Pierre Fitzgibbon (de 15h à 16h) et Jean Boulet (de 16h à 17h).

Les échanges seront diffusés sur le canal de télévision de l’Assemblée nationale, ainsi que sur sa page web.

Selon la députée libérale Dominique Anglade, le ton sera cordial, le but n’étant pas d’attaquer les ministres, mais plutôt d’obtenir les meilleures réponses possible pour éclairer la population.

D’ailleurs, les députés se sont déjà entretenus plus d’une fois en privé avec le ministre Fitzgibbon, a-t-elle indiqué en entrevue.

«Ça fait certainement quatre semaines que je parle de la nécessité de mettre de l’argent sur la table [...] pour accompagner nos commerçants, a-t-elle déclaré. Le loyer s’en vient dans une semaine, qu’avez-vous à [leur] dire?»

Les libéraux veulent également savoir comment le gouvernement Legault va aider, à moyen terme, les commerçants à se transformer et être «beaucoup plus agressifs» sur le web.

Ils soulignent que la relance économique en région passera par le commerce au détail, mais aussi par le tourisme, et qu’il faudra faire les choses différemment après la COVID-19.

«J’ai toujours dit moi que le développement économique devait se conjuguer avec le développement social et environnemental: ça va être essentiel pour la suite des choses», insiste Mme Anglade.

Le député de Québec solidaire (QS) Vincent Marissal est d’accord. «Relancer sur les mêmes bases, ça n’a pas de sens.» Il s’inquiète pour les très petites entreprises «qui vont passer un sale moment».

«Moi, dans Rosemont, j’ai la promenade Masson, mais d’où je viens à Granby, ça s’appelle la rue Principale, puis à Québec, c’est la rue Cartier ou la 1ère avenue à Limoilou, et à Sherbrooke, c’est la rue King, dit-il. Je suis très inquiet de voir un nombre effarant de commerces fermer.»

Son parti s’interroge aussi sur le rôle des banques, «à qui il a fallu tordre le bras pour avoir des assouplissements».

Salaire des préposés à l’agenda

Le Parti québécois entend profiter de la présence du ministre Boulet pour aborder la question du salaire des préposés aux bénéficiaires dans le secteur privé, qui est d’environ 15 $ l’heure.

«On parle beaucoup des préposés du secteur public, mais moi je veux voir ce qu’on fait avec les préposés qui sont dans le privé», a déclaré en entrevue le député péquiste Harold LeBel.

«Certains pensent qu’en augmentant les salaires des préposés au public, le reste va suivre, mais c’est pas évident comme ça.»

Il veut demander au ministre s’il imposera les salaires dans les résidences privées par décret, comme il l’avait déjà évoqué, et si oui, s’il proposera un programme pour soutenir les propriétaires de ces résidences.

Le PQ souhaite également se pencher sur la question de la formation de la main-d’oeuvre agricole, dans la mesure où le gouvernement Legault dit souhaiter que le Québec devienne plus autosuffisant en agriculture.

«On n’est pas là pour mettre le gouvernement dans l’embarras», assure M. LeBel.

Trois autres débats virtuels sont prévus la semaine prochaine avec les ministres Danielle McCann (Santé), Jean-François Roberge (Éducation) et Andrée Laforest (Affaires municipales).