La ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, en conférence de presse à Québec, mercredi
La ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, en conférence de presse à Québec, mercredi

Arénas rouverts et matchs permis, mais attention aux parents! [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
«J’invite les adultes à regarder ce que font nos jeunes. Peut-être, comme parent, se rappeler que le rassemblement qui pourrait être dangereux, ce n’est pas celui du sport qui est là, mais celui qui se passe autour», prévient Horacio Arruda.

Arénas, piscines intérieures, salles de conditionnement physique, plateaux de gymnastique et autres infrastructures sportives intérieures pourront rouvrir leurs portes à compter de lundi prochain, le 22 juin. Les plages aussi redeviendront alors accessibles de façon légale.

Même que la tenue de véritables matchs de sports collectifs impliquant des «contacts accidentels et sporadiques», comme le soccer ou le hockey, sera dorénavant possible. Sans le port obligatoire d’un masque ou d’une visière.

Le tout dans le respect des autres consignes déjà établies par la Santé publique : maximum 50 personnes en même temps dans un lieu fermé, conserver deux mètres d’espacement entre chaque individu si possible, désinfecter les objets de façon régulière, se laver les mains à répétition.

Le Dr Arruda, directeur national de santé publique du Québec, et la ministre déléguée à l’Éducation et responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, ont annoncé cette nouvelle phase de déconfinement des sports et des loisirs, mercredi. 

«Il s’agit pratiquement de la dernière phase de reprise, à l’exception bien sûr des sports de combat, qui demeurent interdits jusqu’à nouvel ordre. On entend les combats ou les prises. Par contre, l’entraînement ou l’ouverture des dojos sont permis», précise Mme Charest, ministre chargée du dossier sport et loisir.

Pas recommandé, mais pas interdit

Si la pratique du sport retrouvera une presque normalité, tout ce qui est autour risque d’être transformé.

«On recommande d’éviter, dans la mesure du possible, l’utilisation des vestiaires, des toilettes et tout ça. Par contre, ça demeure permis dans le respect des normes sanitaires», explique Mme Charest, se référant aux guides sectoriels produits par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) à l’attention des gestionnaires d’infrastructures.

«Il y a le nettoyage des aires communes qui se fait de façon plus rigoureuse. Ça vient aussi du gros bon sens. Les gens qui peuvent éviter d’utiliser les vestiaires, ça aide les gestionnaires dans l’application de leurs mesures sanitaires. Donc ce n’est pas recommandé d’utiliser les vestiaires, mais ce n’est pas interdit.»

La règle maîtresse : 2 m

Le Dr Arruda revient sur les deux mètres de distanciation. La règle maîtresse, selon lui. Malgré l’adoption de nouvelles distances pour certains secteurs, dans certaines circonstances.

«C’est la chose la plus simple... c’est le deux mètres. Un mètre pour les enfants, l’école va s’en occuper. Les cinémas, les théâtres vont mettre le 1,5 m. Mais, pour tout le monde, ça demeure le deux mètres. [...] Le message pour le monde, s’ils veulent être bien simples, c’est deux mètres. Ce n’est pas compliqué, c’est deux mètres. Si vous ne voulez pas vous casser la tête, là, dites-vous :  “Moi, quand je respecte le deux mètres, je suis correct!”»

«Gardez vos deux mètres de distance! poursuit l’expressif scientifique. Je sais que ce n’est pas normal, je sais qu’on a le goût de parler à notre voisin puis de dire : “Mon gars est bon” ou “ma fille est extraordinaire”. Mais dans le fond, on essaie d’avoir une logique importante.»

«Il faut collaborer»

Quant aux centres de conditionnement physique qui ont déjà rouvert en signe de protestation, la ministre ne cautionne pas cette action.

«Ça s’applique à toutes les sphères de la société. Si tout le monde dicte sa façon d’opérer en fonction de ses besoins, on se retrouve devant une situation qui est ingérable. Par respect aussi pour toutes les mesures qui sont mises en place par toute l’industrie, on doit se conformer aux règles», tranche-t-elle.

De son côté, le Dr Arruda estime que par respect pour ceux «qui ont fait beaucoup d’efforts, qui ont été très inventifs pour le faire, par respect pour nous, par respect pour la santé des gens, on a tous une responsabilité. Il peut toujours y avoir certaines délinquances, mais il faut collaborer. [...] J’espère que ça ne donnera pas l’idée à d’autres de le faire, parce qu’on peut perdre le contrôle. Je veux de l’espoir, mais je ne veux pas de l’absence de lucidité».

29 décès de plus

Le bilan de la COVID-19 continue d’être en baisse au Québec, avec 29 décès ajoutés et 117 nouveaux cas confirmés. De ces 29 Québécois morts de la maladie à coronavirus, 20 ont trépassé dans les semaines précédentes, mais viennent d’être compilés. Rien de tout cela n’adoucit le fait que 5298 Québécois et Québécoises ont succombé à la COVID-19 depuis trois mois.

Le nombre de patients hospitalisés passe sous la barre des 700, à 690 avec 28 de moins dans les 24 heures précédentes, tandis que ceux traités aux soins intensifs ne sont plus que 72, en baisse de cinq.

Les 117 nouveaux cas d’infection, ce qui porte le décompte total à 54 263, pourraient être influencés à la baisse par le faible nombre de tests réalisés dans les derniers jours. Après des sommets surpassant l’objectif journalier de 14 000, le nombre de dépistages au cours des derniers jours au Québec est retombé sous les 5000 tests quotidiens.

«Il faut qu’on se donne une capacité de réagir. Que dans la semaine prochaine, s’il faut passer à 20 000 parce qu’on est plein d’éclosions, on va y aller ! Il faut être capable de le faire. On l’a déjà démontré qu’on était capables d’aller jusqu’à 14 000», affirme-t-il.

Mais en ce moment, «les gens ne sont pas au rendez-vous. Les autobus, il n’y avait quasiment plus personne qui se présentait. Je suis en train de revoir complètement la stratégie avec mes directeurs de santé publique. L’offre est là. Peut-être qu’on va devoir aller chercher les gens plus pour mieux leur expliquer. [...] Comme ça circule moins, on a l’impression que c’est moins présent. Actuellement les gens ont plus le goût de faire des sorties et d’organiser leurs vacances que d’aller faire faire des tests», résume le Dr Arruda.