De cette somme de 375 millions $ annoncée, 100 millions $ permettront de bonifier le programme d'aide financière aux études de façon permanente.
De cette somme de 375 millions $ annoncée, 100 millions $ permettront de bonifier le programme d'aide financière aux études de façon permanente.

375 M$ de plus pour les étudiants du postsecondaire

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Pour les étudiants du post-secondaire qui ont besoin d'aide en ce temps de pandémie et afin d'éviter le décrochage scolaire, Québec a annoncé vendredi un investissement supplémentaire de 375 millions $, notamment en bonifiant le programme de prêts et bourses.

Le but est double: appuyer financièrement directement les étudiants, tout en aidant les établissements d'enseignement à leur offrir un meilleur soutien.

«Les étudiants ont été ébranlés par la situation inhabituelle de la COVID-19, a déclaré la nouvelle ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann. L'un des principaux enjeux lorsque l'on décide de poursuivre ses études, c'est l'aspect financier.»

Et ces mesures devraient faire une différence pour eux, a-t-elle déclaré.

La ministre a fait cette annonce en conférence de presse, vendredi matin à Montréal. Ironiquement, alors que le ministère demande à ses établissements scolaires d'enseigner en ligne, la diffusion de sa conférence sur sa page Facebook n'a pas eu lieu en raison de problèmes techniques.

De la somme de 375 millions $ annoncée, 100 millions $ permettront de bonifier le programme d'aide financière aux études de façon permanente.

Ainsi, 20 000 étudiants de plus devraient pouvoir être admissibles, a indiqué la ministre.


« La crise sanitaire a privé plusieurs étudiants et beaucoup de familles de leurs revenus. Cette situation ne doit pas les empêcher de poursuivre leurs études supérieures »
Danielle McCann, ministre de l'Enseignement supérieur

De plus, un investissement non récurrent de 200 millions $ dans le programme de prêts et bourses devrait aider les étudiants à traverser la crise de la COVID-19 lors de l'année scolaire 2020-2021. Cela représente un montant supplémentaire de 96 $ par mois pour les étudiants qui résident chez leurs parents et de 205 $ pour les autres, a calculé le ministère.

Ces mesures visent à maintenir l'endettement à un bas niveau et à fournir plus de liquidités aux étudiants.

Ces derniers seront ainsi encouragés à poursuivre leurs études ou à les reprendre, espère le ministère.

Étant donné tous les bouleversements causés par la pandémie de COVID-19, une enveloppe de 75 millions $ sera accordée aux établissements d'enseignement, dès la prochaine rentrée, pour le soutien direct aux étudiants, afin d'assurer leur réussite.

Cette somme est répartie de cette façon: 35 millions $ pour du soutien matériel, 30 millions $ pour de l'encadrement pédagogique - notamment pour l'embauche de personnel supplémentaire - et 10 millions $ pour du soutien psychosocial.

«La crise sanitaire a privé plusieurs étudiants et beaucoup de familles de leurs revenus. Cette situation ne doit pas les empêcher de poursuivre leurs études supérieures», a indiqué la ministre McCann.

Réaction des étudiants

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), la Fédération des cégeps, et l'Union étudiante du Québec (UEQ) ont accueilli favorablement l'annonce vendredi.

«Il était temps!», a même lancé la FECQ.

Celle-ci voit cet investissement d'un bon oeil, mais ajoute aussitôt qu'il ne s'agit que d'une portion des transferts fédéraux réclamés. Elle juge aussi que les sommes arrivent tardivement.

«La communauté étudiante a attendu trop longtemps: certaines personnes ont dû suspendre ou abandonner leur parcours scolaire en raison des barrières financières exacerbées par la crise socio-sanitaire.»

La FECQ demande ainsi que cette aide financière soit remise aux étudiants dans les plus brefs délais. La ministre McCann l'a déjà promis en conférence de presse vendredi matin.

Quant aux 10 millions $ octroyés par Québec pour l'aide psychologique aux étudiant, ils ne sont pas suffisants: «Il n'est un secret pour personne que l'isolement engendré par la crise de la COVID-19 a contribué à détériorer massivement l'état de santé psychologique des étudiantes et étudiants», a indiqué par communiqué Noémie Veilleux, présidente de la FECQ.