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Le préfet du Kamouraska, Yvon Soucy, a aussi déploré les événements qui se sont produits dans des bars de sa MRC et estime que, comme le «cauchemar» tire à sa fin, il n’est donc pas le temps des relâchements.
Le préfet du Kamouraska, Yvon Soucy, a aussi déploré les événements qui se sont produits dans des bars de sa MRC et estime que, comme le «cauchemar» tire à sa fin, il n’est donc pas le temps des relâchements.

COVID-19: violence et débordements dans des bars de Rivière-du-Loup et du Kamouraska

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
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Les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) sont intervenus dans des bars de Rivière-du-Loup et du Kamouraska en fin de semaine pour des débordements qui ont dégénéré en altercations et autres gestes violents. La SQ a informé les dirigeants du Centre de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent et les préfets des MRC concernés de ces événements et de comportements enfreignant les règles visant à freiner la propagation de la COVID-19.

«Dans un bar de la MRC de Kamouraska, qui est toujours en zone orange, nous avons été avisés de plusieurs incidents de non-respect des règles sanitaires ayant eu lieu, a écrit le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé, sur sa page Facebook. La même situation se serait reproduite dans ou autour de certains bars de Rivière-du-Loup. Des comportements de non-respect des règles sanitaires, mais aussi un déplacement de la clientèle de zones rouges du Bas-Saint-Laurent vers les bars de Rivière-du-Loup [en zone orange] qui auraient donné lieu à la commission de gestes violents. Il y avait donc un climat assez explosif dans les rues de Rivière-du-Loup.»

«Ce n’est pas acceptable, dénonce M. Lagacé dans une entrevue téléphonique accordée au Soleil. On comprend que, quand il y a des actes agressifs entre des personnes, habituellement, les 2 mètres ne sont pas respectés!»

Appel à la vigilance

Samedi, Michel Lagacé et son homologue du Kamouraska, Yvon Soucy, ont eu un échange avec la présidente-directrice générale du CISSS, Isabelle Malo, concernant ces situations jugées inacceptables. «Essentiellement, j’ai convenu avec Mme Malo qu’on allait interpeler les médias sociaux, raconte M. Lagacé. C’est là où les plus jeunes se retrouvent et les moins jeunes aussi. J’ai fait une parution pour indiquer que la situation était grave et qu’il était souhaitable que tout le monde assume pleinement et entièrement leurs responsabilités […].»

Le préfet du Kamouraska en a fait autant. «La ligne est mince, actuellement, entre rester en zone orange et tomber en zone rouge, a écrit Yvon Soucy. Nous avons cette chance, au KRTB [Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata et Les Basques], d’être toujours en zone orange, ce qui nous procure une vie relativement «normale» dans le contexte actuel. Malheureusement, il y aurait eu des débordements dans des bars des MRC de Kamouraska et de Rivière-du-Loup à un point tel que la santé publique pourrait réévaluer la situation pour nos MRC. J’en appelle une fois de plus à la responsabilisation de chacun et chacune de nous. Le «cauchemar» tire à sa fin. Ce n’est pas le temps des relâchements.»

Il était important, pour Michel Lagacé, de rappeler que sa MRC fait partie de la portion ouest du Bas-Saint-Laurent qui est demeurée en zone orange, comparativement à la partie est qui a récemment basculé au palier d’alerte rouge. «Il y a eu beaucoup de sacrifices en lien avec le respect des consignes sanitaires. Puis, il y a toujours une minorité, dans toute société, qui préfère être sur la voie d’évitement que sur la voie où la très grande majorité se retrouve. Malheureusement, ça a été le cas pour ce qui est de certains bars de la MRC de Rivière-du-Loup et il y a eu des choses inacceptables qui se sont passées.» Michel Lagacé recevra le rapport complet de la SQ relativement à ces incidents lundi. 

Le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup en appelle donc à la vigilance. Il exhorte sa population à éviter les rassemblements et à respecter les consignes de la santé publique. Il estime que le succès de la situation sanitaire de son territoire relève de la responsabilité de sa population. «La période des Fêtes arrive. Ce n’est pas le temps de relâcher!»

«Tout le monde est tanné de la COVID, des mesures, des consignes et j’en suis, continue le préfet. Mais, en même temps, il y a encore un bout à faire avant qu’on puisse prétendre à un peu plus de liberté ou, sinon, avant de retrouver ce qu’on a perdu depuis le début mars passé. Il y a encore des efforts à faire.»

La SQ invitée à sévir

Michel Lagacé a réitéré auprès de la SQ l’importance de mettre en œuvre tous les pouvoirs qui lui sont conférés et qu’il approuvait l’application de mesures strictes à l’endroit des contrevenants qui adoptent «des comportements stupides qui nous mettront tous à mal». 

«Les avertissements et la sensibilisation, ça a ses limites! Quand ça dégénère, quand les gens ne comprennent pas, qu’ils ne veulent pas collaborer, que ça se répète et que ça vire en incidents violents, il faut arrêter ça! Je dis souvent que ce qui parle, c’est le portefeuille. Donc, quand les gens ne veulent pas comprendre que le respect des consignes est important et qu’ils ont une contravention, ils feront plus attention!»

Zone rouge

M. Lagacé donne l’exemple d’établissements de Rimouski qui ont été visités, il y a environ un mois, par des gens provenant de zones rouges. Cette situation a contribué à une flambée de cas qui fait maintenant de Rimouski l’épicentre de la COVID-19 au Bas-Saint-Laurent. «La vie était belle, à Rimouski. Les gens étaient en diapason avec les consignes sanitaires. Puis, il est arrivé un incident isolé qui a fait en sorte que les choses ont basculé. Il s’agit de peu!»

Sur les 20 nouveaux cas rapportés au Bas-Saint-Laurent dimanche, 14 proviennent de la MRC de Rimouski-Neigette. Avec 448 cas sur les 1105 recensés dans la région depuis le début de la pandémie, la MRC de Rimouski-Neigette demeure le principal foyer de contamination du Bas-Saint-Laurent.

«On l’a aussi vu dans la MRC de La Matanie, indique l’élu. Personnellement, je n’aurais jamais pensé que l’est du territoire virerait au rouge avant l’ouest parce qu’à Rivière-du-Loup, au printemps et au mois de septembre, ça avait été plus difficile, de même qu’au Kamouraska. Il y a eu un bel effort collectif qui a été fait par nos populations. Il y a eu un rattrapage. Là, je pense que la situation est trop importante pour qu’on puisse se permettre de glisser de nouveau et d’échapper une situation qui, pour l’instant, est maîtrisée.»