Le maire de Lévis Gilles Lehouillier
Le maire de Lévis Gilles Lehouillier

COVID-19: une fermeture complète des commerces serait catastrophique à Lévis

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Alors que les cas de COVID ne cessent d’augmenter dans la région de Chaudière-Appalaches et que le spectre de l’imposition de mesures plus restrictives afin de limiter la contagion du virus se pointe, Gilles Lehouillier est catégorique. Une fermeture complète des commerces serait catastrophique. Le maire de Lévis est d’avis que le gouvernement devrait plutôt y aller d’une façon plus pointue et ciblée afin de ne toucher que les récalcitrants.

«On ne peut pas se permettre de fermer les commerces qui agissent de façon exemplaire», a expliqué M. Lehouillier. «Si on ferme les petits commerces qui ont investi pour respecter les consignes et que l’on maintient ouvertes les grandes surfaces où, à mon avis, il y a plus de chances de propager le virus, on va avoir un problème d’iniquité. 

«Le défi de la deuxième vague c’est de savoir comment faire pour appliquer des mesures qui vont nous donner une équité et qui vont assurer que nos commerçants vont pouvoir faire du commerce. Ça va être ça un des enjeux majeurs.»

Le premier magistrat de Lévis n’a pas caché qu’un nouveau confinement causé par une seconde vague de la COVID serait également épouvantable pour l’économie de sa ville. Il a indiqué qu’elle serait plus difficile à traverser parce qu’il n’était pas certain que les gouvernements, malgré toute leur bonne volonté, auraient les reins assez solides pour soutenir aussi intensivement au niveau financier les travailleurs, les entreprises,  les villes et les municipalités comme ils l’avaient fait lors de la première vague.

«Ce qui fait que 90 % de gens jusqu’à maintenant ont payé leurs taxes à la Ville de Lévis, ce sont les milliards, les dizaines de milliards et même les centaines de milliards de dollars qui ont été investis par le gouvernement fédéral pour maintenir en place notre économie. Est-ce que ces moyens pourraient être au rendez-vous lors d’une deuxième vague?

«Ce qu’il va falloir faire, et on inclut la Ville, c’est responsabiliser davantage les citoyens à cette deuxième vague qui s’en vient et trouver des moyens pour que les gens soient vraiment solidaires au sein de la communauté pour respecter les consignes et faire en sorte que l’on ne retourne pas à des mesures massives qui, à mon avis, entraîneraient davantage de fermetures de commerces que les 43 que nous avons eues jusqu’ici, un chiffre dans les moyennes annuelles. Il ne faut jamais baisser la garde. C'est la clé du succès».


« Le défi de la deuxième vague c’est de savoir comment faire pour appliquer des mesures qui vont nous donner une équité et qui vont assurer que nos commerçants vont pouvoir faire du commerce. Ça va être ça un des enjeux majeurs. »
Gilles Lehouillier, maire de Lévis

Interrogé si la Ville de Lévis serait prête à faire face à la crise si du code jaune elle passait au code orange, M. Lehouillier a mentionné qu’étant donné que la population était plus sensible, une approche cœrcitive ne serait pas la solution en début de crise.

«Je pense qu’il faudrait plutôt revenir aux éléments de base et à les répéter sans cesse. Il faudrait continuer à prêcher par l’exemple et à démontrer que si on arrive à respecter un minimum de règles, nos commerces vont rester ouverts.

«Actuellement, la meilleure façon d’éviter de passer au niveau orange, c’est la prévention. Mais si on passe à un autre code, on va réfléchir à notre affaire. Nous on s’adapte aux situations et règle générale on suit les consignes de la santé publique. Dans une société qui est organisée, il faut qu’il y ait des gens qui donnent des orientations et nous on les applique. Et nous c’est dans l’application que l’on essaie d’aller chercher le plus de consensus possible sur une base volontaire. C’est extrêmement important pour nous. Et la coercition, c’est le moyen ultime que l’on doit utiliser.»

Permis en hausse

Annoncé en grande pompe en avril dernier, le plan de relance économique de la Ville de Lévis a porté fruit. Ce plan de relance avait été appuyé par une stratégie d’accélération des travaux d’infrastructures de la Ville de 40 millions $ pour 2020 et 2021 qui ont permis la réfection de plusieurs rues, et une campagne pour promouvoir l’achat local auprès des 4500 établissements d’affaires.

«Nous prévoyions, dans notre plan de relance économique que nous avions lancé au plus fort de la COVID, la construction de 500 unités d’habitation pour 2020. Au 31 août, des permis de construction avaient été accordés pour 1254 nouvelles unités comparativement à 642 pour la même période en 2019, une augmentation de 95 %. 

«Dans le volet industriel, nous avons connu une hausse spectaculaire de 60 % des investissements privés. Jusqu’au 31 août 2020, des permis de construction pour des projets industriels de l’ordre de 35 millions $ ont été émis comparativement à 22 millions $ pour la même période l’an dernier. Tout ça parallèlement à une solide relance pour la construction navale et une zone d’innovation en plein déploiement.»

M. Lehouillier a indiqué que la Ville travaillait sur un projet d’intelligence appliquée dans la partie ouest de son territoire. Le projet a été déposé au gouvernement et les parties en sont à attacher les dernières ficelles. «À court terme, ce sera 500 millions $ d’investissements, mais on prévoit plusieurs milliards d’investissements dans ce magnifique projet.»

Parlant du programme particulier de soutien aux entreprises, qui avait été lancé au printemps, le maire de Lévis a mentionné que 100 entreprises lévisiennes avaient profité de prêts et de garanties de prêts totalisants de 2,7 millions $. Cent-trente-huit autres ont été appuyées dans leur démarche de financement auprès des gouvernements.

«Parce que nous sommes toujours en pandémie, toutes les mesures que nous avions annoncées en avril sont encore en vigueur. Et nous en sommes très fiers.»