COVID-19: un controversé bingo de la Montérégie récidive; la police appelée en renfort

Michel Saba
La Presse Canadienne
Les délinquants ont parfois des visages surprenants.

Les responsables d’une salle de bingo de la Montérégie qui se sont attiré les critiques pour avoir rassemblé des centaines de personnes vendredi ont récidivé mercredi soir, si bien que les policiers ont dû interrompre l’activité.

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Environ 170 personnes étaient présentes dans la salle du Bingo communautaire HR au moment de l’intervention, a estimé Jérémie Levesque, un porte-parole du Service de police de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Le sergent Levesque a raconté à La Presse Canadienne que des collègues et lui-même se sont rendus sur place dans le but d’interrompre la soirée et les organisateurs ont décidé d’y mettre fin après avoir été «invités à le faire» par les policiers.

Ils souhaitaient «avoir peut-être meilleure presse auprès de l’opinion publique», a mentionné M. Levesque.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) avait pourtant clarifié le jour même que les salles de bingo n’ont pas le droit de rassembler plus de 25 personnes, après que 250 personnes, principalement âgées dans la soixantaine, se soient rassemblées vendredi pour tenter de remporter un gros lot de plus de 100 000 $.

Le MSSS allait jusqu’à recommander aux participants de surveiller l’apparition de symptômes de la COVID-19 au cours des prochains jours.

Le Secrétariat du bingo, l’organisme qui représente les salles de bingo du Québec, recommandait jusqu’à ce moment que la capacité soit limitée à 250 personnes.

Il prétendait aussi que les salles pouvaient en réalité accueillir autant de personnes qu’elles le souhaitent pourvu qu’il y ait un maximum de 10 personnes par table et une distance de deux mètres entre chacune d’elles.

Le Bingo communautaire HR commence possiblement à s’habituer à la visite des policiers puisqu’ils y ont fait cinq «visites de courtoisie» depuis le mois de juillet, y compris au moins une lorsque la région était en zone orange, selon le sergent Levesque.

Parfois, plus de 25 personnes s’y trouvaient, a indiqué le sergent, qui a expliqué que les policiers s’assuraient de faire respecter «la loi la plus permissive». Autrement dit, ils ont vérifié que les personnes qui ne résident pas à la même adresse soient à plus de deux mètres et que le rassemblement ne compte pas plus de 250 personnes.

«On attend un positionnement du gouvernement, des ministères de la Santé et de la Sécurité publique», a-t-il ajouté.

Selon la santé publique, le bingo est une activité de loisir qui se pratique souvent dans une salle et qui ne peut pas être assimilée à une audience, une réunion ou un auditoire.

- Texte de l’Initiative de journalisme local.