Le premier ministre François Legault
Le premier ministre François Legault

COVID-19: quatre semaines de sacrifices de plus [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le gouvernement Legault impose quatre autres semaines de sacrifices aux citoyens en zones rouges, soit la vaste majorité des Québécois, pour limiter la transmission de COVID-19. Jusqu’au 23 novembre, les fermetures d’entreprises liées au public se poursuivent et les visites à la maison demeurent interdites. Même qu’on ajoute les élèves de troisième secondaire pour la fréquentation en classe un jour sur deux.

En conférence de presse lundi en fin de journée, à Montréal, le premier ministre François Legault avait encore l’air grave qui le suit depuis bientôt une semaine. Il était entouré de son ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda.

«C’est le temps pour le peuple québécois de se serrer les coudes plus que jamais. Notre destin est lié. On est liés les uns aux autres plus que jamais dans l’histoire du Québec et moi, j’ai confiance au peuple du Québec», a-t-il déclaré d’un ton solennel, disant vouloir maintenir un équilibre fragile entre «dire la vérité aux Québécois, mais aussi donner un peu d’espoir».

Au rayon de l’espoir, M. Legault a entrouvert la porte à la possibilité de raccourcir ce deuxième défi de 28 jours, si jamais les indicateurs pointent dans le bon sens durant 14 jours. C’est-à-dire qu’on assisterait à une baisse des nouveaux cas quotidiens, du nombre d’hospitalisations et des nouveaux décès.

La situation sera réévaluée dans deux semaines, promet le premier ministre. «Si les indicateurs montrent une baisse soutenue pendant deux semaines, on pourra relâcher plus tôt. Mais pour l’instant, il faut s’en tenir à aller au travail et aller à l’école.»

Pour ceux qui le peuvent encore. Ça, c’est le rayon des vérités. Car les salles à manger des restaurants, bars, centres de conditionnement physique, salles de spectacles, cinémas, musées et autres demeurent fermés dans le but de maintenir au plus bas le nombre de contacts prolongés entre les gens.

L’aide gouvernementale annoncée pour ces entreprises fin septembre et évaluée autour de 100 millions $ pour la première tranche de quatre semaines par le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, sera reconduite pour un deuxième mois. M. Legault a d’ailleurs dit avoir discuté avec M. Fitzgibbon pour accélérer les délais nécessaires aux entrepreneurs pour toucher cet argent.

Québec part de loin

Le nombre de nouveaux cas quotidiens se maintient autour du millier depuis plusieurs jours. Même s’il voudrait le voir diminuer, deuxième objectif raté du premier défi de 28 jours, le premier ministre Legault se réjouit quand même de voir un plateau des données au lieu d’une montée en flèche comme dans d’autres pays, dont la France.

M. Legault avait évoqué, vendredi, le chiffre de 500 nouveaux cas par jour pour penser à rouvrir. Les hospitalisations et les décès comptent aussi dans le calcul, mais plus que ça. «Ça dépend d’où part la région. Dans certaines régions, ça va prendre plus de travail. Comme à Québec et dans Chaudière-Appalaches, on part de plus loin qu’à Montréal», a-t-il donné en exemple, indiquant que l’objectif de 500 nouveaux cas par jour pour la province constitue «un ordre de grandeur».


« Si les indicateurs montrent une baisse soutenue pendant deux semaines, on pourra relâcher plus tôt. Mais pour l’instant, il faut s’en tenir à aller au travail et aller à l’école »
Le premier ministre François Legault

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) fera un nouveau blitz de surveillance dans les milieux de travail, sachant qu’une part importante des éclosions y prennent leur source depuis quelques semaines.

Le secteur de la transformation des aliments sera particulièrement dans la mire des inspecteurs. Après l’importante éclosion survenue à l’abattoir Olymel de Vallée-Jonction, où l’on dénombre quelque 90 cas positifs à la COVID-19 et un décès.

Il n’est pas exclu de fermer une usine, au besoin, dit le Dr Arruda.

À l’école 1 jour sur 2

Avec 881 classes fermées en ce moment à travers le Québec sur quelque 45 000 classes pour le primaire et le secondaire, voilà que les élèves de troisième secondaire s’ajoutent à ceux de quatrième et de cinquième secondaires pour la fréquentation de l’école une journée sur deux, à partir de lundi. L’autre journée est occupée par de l’enseignement en ligne.

«Une recommandation de la santé publique», précise M. Legault.

Le Dr Arruda a ajouté qu’avec cette nouvelle consigne, «nous estimons que c’est suffisant pour faire baisser le nombre d’éclosions dans ce groupe d’âge».

Pas question par contre d’allonger le congé scolaire des Fêtes, a répondu M. Legault. Les semaines perdues au printemps à cause de la fermeture complète des écoles, plus de trois mois pour les écoles secondaires, forcent déjà un certain rattrapage.

L’autorisation de passer l’Halloween, samedi prochain, dans le respect des consignes, n’est par contre pas remise en cause.

Quant à l’adhésion de la population pour une autre période de 28 jours, adhésion plus fragile qu’au printemps, le premier ministre en a fait «appel aux Québécois. Ceux qui sont capables de comprendre et qui réalisent l’importance de la situation ont le devoir de l’expliquer à leurs amis et connaissances qui ne le voient pas et ne réalisent pas cet impact-là», a demandé M. Legault.