Le premier ministre Justin Trudeau à Ottawa, mercredi
Le premier ministre Justin Trudeau à Ottawa, mercredi

COVID-19: Ottawa présentera un «portrait» de l’état de ses finances en juillet [VIDÉO]

OTTAWA - C’est en juillet que les Canadiens pourront mesurer une première fois l’impact de la pandémie sur le trésor fédéral.

Justin Trudeau a annoncé que son ministre des Finances présentera un «portrait de l’économie» du pays le 8 juillet.

«Ça va nous donner une mise à jour sur l’économie, sur la façon dont notre réponse se compare à celle d’autres pays et sur ce à quoi on pourrait s’attendre dans les mois à venir», a déclaré le premier ministre à son point de presse quotidien, mercredi.

M. Trudeau se garde cependant de qualifier l’exercice d’énoncé économique. «Une mise à jour économique serait encore irréaliste», selon lui. Il propose donc que le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, compile les dépenses occasionnées par la pandémie et y ajoute «quelques prévisions» pour présenter ainsi ce «portrait».

Depuis que l’opposition, conservatrice et bloquiste, réclame au gouvernement un énoncé économique, celui-ci répond que la pandémie a provoqué une situation trop instable et trop imprévisible pour la production de pareil document.

«Il nous a inventé un nouveau terme», s’est moqué le député conservateur Alain Rayes lorsqu’il s’est retrouvé face au premier ministre dans la Chambre, en début d’après-midi. «On va avoir un «snapshot» économique. C’est assez incroyable ce qu’on vient d’apprendre aujourd’hui», a-t-il ajouté.

La réaction du Bloc québécois a précédé l’annonce de la date précise.

«Je pense que le gouvernement qui fait la mise à jour économique pendant l’été donne fortement l’impression qu’il a davantage de choses à cacher que de choses à montrer», a déclaré Yves-François Blanchet au cours d’une conférence de presse, quelques minutes avant la sortie du premier ministre.

M. Blanchet réclamait alors que le document soit présenté aux Communes. Et M. Trudeau a annoncé que c’est ce que le gouvernement prévoit faire. La Chambre siège exceptionnellement deux jours en juillet, dont le 8, et deux jours en août.

PCU et NPD

Les néo-démocrates ne croient pas avoir cédé trop facilement au gouvernement en lui donnant leur appui pour un vote de confiance prévu mercredi en échange de deux mois de prolongation de la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

La semaine dernière, le Nouveau Parti démocratique (NPD) réclamait au moins quatre mois de prolongation de la PCU. Mercredi matin, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a assuré qu’il aura d’autres occasions de mettre de la pression sur le gouvernement.

«On va continuer de pousser le gouvernement pendant l’été», a dit M. Singh, faisant référence aux quatre jours prévus à l’horaire cet été pour des séances aux Communes.

«Pendant les mois de juillet et d’août, on a des moments dans le Parlement où on peut continuer de pousser le gouvernement pour livrer un plan de match pour les gens», a dit le chef néo-démocrate lors d’un point de presse précédant le vote où ses troupes voteront avec le gouvernement libéral.

M. Singh est convaincu que les difficultés provoquées par la pandémie ne seront pas disparues au mois d’août.

Avec les deux mois ajoutés à la PCU par le gouvernement, les travailleurs qui ont commencé à recevoir ces 2000 $ par mois en mars n’y auront plus droit le 29 août. Les autres auront jusqu’au 3 octobre pour épuiser leurs 24 semaines.

Le Bloc et la monarchie

Agacé par les derniers développements qui ont vu ses «propositions» écartées par le gouvernement, un accord avec le NPD ayant suffi pour le vote de confiance, M. Blanchet accuse Justin Trudeau de se comporter en «monarque» et en «prince».

«C’est le prince Trudeau qui dirige le Canada présentement et il n’a pas de considération pour les 338 élus de la Chambre des communes, dont 32 députés du Bloc qui disent «écoutez, vous devriez peut-être porter davantage attention à ce que le Québec demande»», a lancé le chef bloquiste durant son point de presse.

Le premier ministre a relevé le gant lorsque ces propos lui ont été rapportés par les journalistes.

«Si à chaque fois que quelqu’un n’a pas son souhait en tant que parti dans une situation minoritaire, s’il commence à crier que c’est une dictature, (...) c’est un peu ridicule», a rétorqué M. Trudeau.

Son lieutenant québécois, Pablo Rodriguez, a repris les hostilités une fois tout ce monde réuni en Chambre.

«Le gouvernement du Québec joue très bien son rôle. Il communique directement avec nous. Et on n’a pas besoin du Bloc québécois pour s’entendre avec eux», a lancé le ministre Rodriguez au bloquiste Stéphane Bergeron qui réclamait pour Québec le transfert, sans condition, de la part des 14 milliards $ offerts maintenant par Ottawa aux provinces.

Nombre de cas

Il y a eu plus de 2216 000 tests administrés au Canada depuis le début de la pandémie. On fait passer en moyenne 36 000 tests par jour au Canada. La maladie a été détectée par seulement un peu plus de 1 % de ces tests.

Jusqu’à maintenant, on a recensé 99 786 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 8254 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux : 54 263 cas au Québec, dont 5298 décès; 32 744 cas en Ontario, dont 2550 décès; 7530 cas en Alberta, dont 151 décès; 2775 cas en Colombie-Britannique, dont 168 décès; 1061 cas en Nouvelle-Écosse, dont 62 décès; 693 cas en Saskatchewan, dont 13 décès; 306 cas au Manitoba, dont sept décès; 261 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 164 cas au Nouveau-Brunswick, dont deux décès; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, tous guéris; 11 cas au Yukon, tous guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.