Les Canadiens de tout le pays ont été contraints d'attendre des jours pour savoir s'ils étaient infectés après avoir été testés pour la COVID-19 - ce qui est «inquiétant», de l'aveu même de l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, Theresa Tam.
Les Canadiens de tout le pays ont été contraints d'attendre des jours pour savoir s'ils étaient infectés après avoir été testés pour la COVID-19 - ce qui est «inquiétant», de l'aveu même de l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, Theresa Tam.

COVID-19: Ottawa conclut une entente pour acheter des tests rapides

Lee Berthiaume
La Presse Canadienne
OTTAWA - Le gouvernement libéral a repoussé les critiques concernant l'absence de tests rapides pour la COVID-19, mardi, en dévoilant une entente pour acheter des millions de ces dispositifs à une entreprise américaine - une fois que Santé Canada les approuvera.

Les Canadiens de tout le pays ont été contraints d'attendre des jours pour savoir s'ils étaient infectés après avoir été testés pour la COVID-19 - ce qui est «inquiétant», de l'aveu même de l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, Theresa Tam.

La docteure Tam a souligné qu'avec les retards, les autorités sanitaires perdaient du temps pour faire la recherche de contacts.

Selon elle, il faut travailler pour «réduire les délais le plus rapidement possible».

Le nombre de diagnostics positifs continuait d'augmenter partout au Canada, mardi, avec près de 800 nouveaux cas au Québec et plus de 500 en Ontario.

Les tests rapides qui pourraient produire des résultats dans les hôpitaux, les résidences pour personnes âgées, les écoles et même les maisons privées sont vus comme un moyen de prévenir la propagation de la COVID-19 alors que le monde attend un vaccin.

En quête de tests antigéniques

Bien que Santé Canada ait approuvé un test la semaine dernière qui ne nécessite pas de laboratoire, le dispositif a encore besoin d'environ 90 minutes pour obtenir un résultat et implique une unité portative. On met plutôt l'accent sur ce qu'on appelle les tests antigéniques, qui ont été décrits comme étant similaires à un test de grossesse pour ce qui est de la rapidité et de la facilité d'utilisation.

D'autres pays ont déjà approuvé des tests antigéniques rapides, le président américain Donald Trump annonçant lundi son intention d'acheter et de distribuer 150 millions d'unités de tests rapides à travers le pays. L'Organisation mondiale de la santé a également conclu une entente pour fournir 120 millions de tests aux pays en développement.

Pourtant, le nombre de tests antigéniques approuvés au Canada se situe actuellement à zéro. Les autorités ont prévenu que l'approbation d'un dispositif qui ne produirait pas de résultats précis pourrait, en fait, propager la COVID-19.

Le premier ministre Justin Trudeau a défendu les organismes de réglementation, mardi, alors que les conservateurs critiquaient le gouvernement pour le manque de tests antigéniques.

«Les experts médicaux prendront les décisions qui conviennent le mieux aux Canadiens», a dit M. Trudeau aux journalistes, après avoir co-organisé une conférence des Nations Unies visant à collecter des fonds pour aider les pays en développement à lutter contre le virus.

«Sur le plan politique, même si nous aimerions voir ces tests le plus rapidement possible, nous n'allons pas dire à nos scientifiques comment faire leur travail.»

Les lignes directrices dévoilées

Alors même que le premier ministre défendait le manque de tests, Santé Canada dévoilait ses toutes premières lignes directrices à l'intention des entreprises qui espéreraient faire approuver leurs dispositifs antigéniques par l'organisme de réglementation. La ministre fédérale de l'Approvisionnement a également annoncé une entente pour acheter 7,9 millions de ces tests une fois qu'ils seront approuvés.

Les nouvelles directives stipulent qu'un dispositif doit être précis à au moins 80 % pour être autorisé.


« Sur le plan politique, même si nous aimerions voir ces tests le plus rapidement possible, nous n'allons pas dire à nos scientifiques comment faire leur travail »
Justin Trudeau

La conseillère médicale en chef de Santé Canada, la docteure Supriya Sharma, s'est fait demander pourquoi les lignes directrices n'étaient publiées que maintenant, alors que la course pour développer et approuver un test rapide est en cours depuis des mois

Elle a rétorqué que la norme était déjà appliquée.

«Des entreprises ont présenté des soumissions, a-t-elle mentionné. Nous avons examiné ces soumissions, nous avons travaillé avec elles au cas par cas tout au long de ce processus. C'est un moyen de normaliser cela, de le systématiser et de le publier dans un document d'orientation qui est accessible au public.»