Avec l’interdiction des gros navires de croisière, le Port de Québec a déjà annoncé que 18 bâtiments ne viendront pas, que leurs 30 000 passagers ne visiteront pas le Vieux-Québec.

COVID-19: les guides touristiques face à une situation «catastrophique»

La saison des groupes scolaires québécois, ontariens et nord-étatsuniens est désastreuse pour les guides touristiques de la capitale. Et les annulations arrivent aussi pour les mois chauds de l’été.

«C’est catastrophique ! Il n’y a presque pas de tours guidés qui se font», observe Claude Beauchamp, président de l’Association des guides touristiques de Québec. «Sur le terrain, c’est à peu près vide. On se promène dans les rues du Vieux-Québec… c’est désolant.»

À la place d’Armes près du château Frontenac, lundi après-midi, il a compté 5 personnes. «C’est de l’inédit.»

Mars ne peut pas être qualifié de «haute saison», convient M. Beauchamp. Mais les classes de jeunes qui envahissent habituellement les quartiers centraux ne sont pas au rendez-vous. «C’est désert. Normalement, il  y a toujours des groupes. Surtout des groupes d’étudiants. Le gros de l’activité touristique du printemps, de la mi-mars au 15-20 juin, ce sont surtout les groupes étudiants.»

Croisières

Claude Beauchamp rappelle également que le gouvernement fédéral a interdit l’accostage des gros navires de croisière d’ici le 1er juillet. Le Port de Québec a déjà annoncé que 18 bâtiments ne viendront pas, que leurs 30 000 passagers ne visiteront pas le Vieux-Québec. Des retombées d’environ 12 millions $ perdues.

À LIRE AUSSI : 30 000 VISITEURS DE MOINS AU PORT 

Même après ce jalon du 1er juillet, des annulations sont enregistrées, regrette M. Beauchamp. «Les perspectives d’emploi pour cet été sont quasiment inexistantes.»

Encore des touristes

Il y a néanmoins toujours des touristes à Québec. «Il y a des compagnies qui offrent encore des tours. Mais ce sont vraiment des tours privés — pour 3, 4, 5 individus —, ce ne sont pas des tours de groupe.»

Les voyageurs fuient cependant rapidement la capitale. «Les taux d’occupation dans les hôtels varient actuellement entre 5 à 15 % dans la plupart des établissements», a indiqué l’Office du tourisme, dans un communiqué diffusé mardi. «L’Association hôtelière de la région de Québec confirme que certains hôtels vont réduire leur capacité ou cesser leurs activités de façon temporaire et préventive. En ce sens, plusieurs hôtels et attractions touristiques nous rapportent avoir déjà été dans l’obligation de faire des mises à pied temporaires dans les derniers jours.»

Rien pour rassurer les guides touristiques.

Le gouvernement a beaucoup à faire, à penser, en ces jours de pandémie de coronavirus, laisse tomber M. Beauchamp. Il espère néanmoins que les travailleurs de l’industrie touristique saisonnière ne seront pas oubliés, d’autant plus qu’ils n’auraient pas droit à l’assurance-emploi. «Les guides touristiques ne peuvent pas travailler à distance [en télétravail]. Pour plusieurs membres, c’est leur seul gagne-pain.»