Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
S’il exprime sa satisfaction aux allégements, le président de la TREMBSL, Michel Lagacé, indique qu’il y a tout de même des attentes qui ne sont pas comblées, comme la réouverture des arénas.
S’il exprime sa satisfaction aux allégements, le président de la TREMBSL, Michel Lagacé, indique qu’il y a tout de même des attentes qui ne sont pas comblées, comme la réouverture des arénas.

COVID-19: les allégements favorablement accueillis dans l’Est-du-Québec

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
Article réservé aux abonnés
MATANE – Les allégements aux mesures de confinement annoncés par le premier ministre François Legault, mardi, sont favorablement accueillis par la majorité des élus et des gens d’affaires de l’Est-du-Québec. Ils ont l’impression que leurs demandes ont été entendues.

Ils poussent un soupir de soulagement à l’idée, dès le 8 février, de voir leur région revenir au palier orange, ce qui signifie que les commerces, les restaurants, les salons de coiffure et les gymnases pourront rouvrir. Ils sont aussi satisfaits d’apprendre que le couvre-feu sera repoussé à 21h30.

En Gaspésie

L’assouplissement des mesures sanitaires plaît en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, où il ne reste aucun cas actif de COVID-19. «On est satisfaits de l’annonce, note la présidente de la Table des préfets de la Gaspésie et préfète de la MRC du Rocher-Percé, Nadia Minassian. On s’attendait à ces mesures, mais dans tous les cas, ce sont de bonnes nouvelles.» Depuis quelques semaines, les élus demandent à Québec de reconnaître la situation de la Gaspésie, bien différente de celle des grands centres. «On a eu la reconnaissance régionale qu’on souhaitait. Maintenant, il faut voir les détails parce que c’est là que le diable se cache», ajoute Mme Minassian.

Alors que de nombreux citoyens réclamaient le retour des barrages aux portes de la région, le premier ministre et la direction de la santé publique nationale ont décidé de ne pas aller de l’avant avec cette mesure. «Nous avons toujours suivi la santé publique et c’est encore le cas. Elle est mieux positionnée que nous pour connaître l’impact de ces mesures et si elles sont nécessaires. Nous, ce qu’on demande, c’est de la clarté et de la cohérence», conclut la préfète.

Une rencontre aura lieu mercredi matin entre les préfets de la Gaspésie et le directeur de la santé publique régionale, le Dr Yv Bonnier-Viger.

Côte-Nord

Du côté de la Côte-Nord, le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, soutient que le retour en zone orange «répond à nos demandes. Là-dessus, tous les maires de la région étaient à la même place. Il fallait revenir à la situation qui prévalait avant Noël», fait-il valoir.

M. Montigny indique, au passage, que la santé publique régionale avait plaidé pour le retour de rencontres entre six personnes provenant de deux familles différentes. «Le gouvernement respecte intégralement la volonté de la santé publique locale et je suis très heureux que les professionnels en santé aient été entendus», argue-t-il. Même réjouissance du maire en ce qui concerne le couvre-feu repoussé à 21h30 à compter du 8 février. «20h, c’était beaucoup trop tôt», lance-t-il, qualifiant aussi de «très bonne idée» de permettre les marches dans un groupe de huit personnes, en respectant, bien sûr, la distanciation de deux mètres. 

«Il y a réouverture des commerces et un début de déconfinement, mais on se serait attendu à un déconfinement un peu plus généreux pour la Côte-Nord, étant donné notre situation», soutient, pour sa part, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Manicouagan, Antonio Hortas. «On comprend mal la zone orange pour la région, étant donné la situation dans les hôpitaux», enchaîne-t-il. Rappelons qu’en date de mardi midi, il n’y avait aucune hospitalisation liée à la COVID-19 sur la Côte-Nord et seulement deux cas actifs parmi les résidents, les deux seuls cas déclarés dans les sept derniers jours.

M. Hortas assure que son organisme continuera à faire de la représentation, «car pour nous, ce n’est qu’une première étape. On voudrait élargir ce déconfinement». S’il se réjouit que les commerces auront enfin un peu d’oxygène avec la réouverture, il a hâte de voir comment cette réouverture se traduira dans les restaurants. «Vont-ils pouvoir ouvrir pour avoir encore moins de clients qu’avant [le confinement]?», s’interroge-t-il.

Bas-Saint-Laurent

Au Bas-Saint-Laurent, les élus sont, eux aussi, heureux de ces annonces. «On avait souhaité avoir des allégements pour reconnaître la contribution de la population du Bas-Saint-Laurent par rapport à la diminution des cas observés et le nombre de cas actifs, rappelle le président de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL), Michel Lagacé. C’est le cas. On souhaitait un retour par palier de couleur parce que c’est plus signifiant pour la population. C’est le cas aussi.»

M. Lagacé, qui est également le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, exprime cependant un bémol. «Il y a encore des zones d’attente. Je présume qu’elles vont être rencontrées si la situation continue à être intéressante au Bas-Saint-Laurent. Je pense notamment à l’utilisation de nos arénas pour ce qui est du hockey mineur et du patinage libre, qui pourrait être permis avec une participation réduite à 20 ou 25 personnes. Je pense que ce pas supplémentaire aurait pu être fait. Mais, somme toute, il faut vraiment se réjouir que les efforts de la population du Bas-Saint-Laurent aient trouvé écho. Nos commerces, nos restaurants et nos musées vont pouvoir rouvrir. Ça va être plus efficace si le couvre-feu est à 21h30.»

Les élus du Bas-Saint-Laurent, principalement ceux du Témiscouata, avaient demandé à Québec de réinstaurer des barrages afin de tenir compte de la réalité entre leur région et le Nouveau-Brunswick, qui connaît actuellement une hausse d’infections de COVID-19. «Éventuellement, le gouvernement va donner suite à cela ou non», s’attend Michel Lagacé, qui précise que la ministre responsable de la région, Marie-Ève Proulx, devrait faire connaître un peu plus tard la décision de Québec à cette demande.

Le député de Rimouski unit sa voix aux élus municipaux du Bas-Saint-Laurent qui se réjouissent du retour de la zone orange. «C’est une décision attendue et bienvenue pour la population de la région, estime Harold LeBel. C’est une bonne nouvelle pour nos entreprises de commerces et de restauration.» Le parlementaire invite d’ailleurs les gens à les redécouvrir. «Cela viendra aussi, je l’espère, calmer l’anxiété que vivent malheureusement beaucoup de jeunes, d’étudiants et d’aînés.»

Le député LeBel qualifie la décision de fixer le couvre-feu à 21h30 de prudente et de sécuritaire. À son avis, ces mesures assouplies sont le reflet des efforts et du respect des gestes-barrières observés par ses concitoyens. Il s’en dit d’ailleurs fier. «Il nous faut continuer à vivre avec ce respect et cette rigueur. Nous savons qu’avec le vaccin, nous retrouverons une vie plus normale dans quelques mois. Il y a de l’espoir.» (Avec la collaboration spéciale de Simon Carmichael et de Steeve Paradis*

INSCRIVEZ-VOUS à notre infolettre «L’Est aujourd’hui», qui vous livre chaque mercredi nos meilleurs reportages et des inédits sur les régions de l’Est-du-Québec