Le Bas-Saint-Laurent est maintenant en mode préalerte (jaune). Mais, selon le directeur régional de la santé publique, le Dr Sylvain Leduc, la région a des critères qui lui permettraient de tendre vers l’orange.
Le Bas-Saint-Laurent est maintenant en mode préalerte (jaune). Mais, selon le directeur régional de la santé publique, le Dr Sylvain Leduc, la région a des critères qui lui permettraient de tendre vers l’orange.

COVID-19: le Bas-Saint-Laurent passe au jaune

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
RIMOUSKI – À l’instar de sept autres régions du Québec, le Bas-Saint-Laurent est passé, mardi, en mode de préalerte (jaune) en vertu du système d’alertes régionales de la COVID-19. Si la situation ne s’améliore pas, la région pourrait facilement basculer vers le code orange, soit en mode d’alerte modérée.

C’est ce qu’a indiqué le directeur régional de la santé publique, qui n’était pas surpris de cette décision gouvernementale. «Le ministre de la Santé a évoqué que, lors de la prise de décision, certaines régions avaient des critères qui penchaient vers l’orange, corrobore Sylvain Leduc. Les critères pour prendre la décision tiennent compte de l’épidémiologie, de la contagiosité et des hospitalisations. Le Bas-Saint-Laurent avait des critères qui lui permettaient de tendre vers l’orange. On est plus proches de la ligne orange que de la ligne verte. Donc, c’est pour ça qu’on doit donner un coup de barre important dans les prochains jours.»

Presque le triple de cas en une semaine

Devant la propagation rapide du virus au Bas-Saint-Laurent, qui a fait presque tripler le nombre de cas de personnes infectées, passant de 79 à 199 en une semaine, le Dr Leduc et son équipe n’ont pas attendu la transition vers le code jaune pour rehausser les mesures. «Dès jeudi, on avait amorcé une série d’actions pour se mettre en mouvement, pour se préparer à ce changement de palier, comme des appels à la vigilance auprès des gens qui auraient notamment participé à certains partys et événements, qui auraient fréquenté certains commerces ou des bars, pour un appel au dépistage.»

Jusqu’au 8 septembre, de 200 à 250 tests de dépistage étaient réalisés chaque jour au Bas-Saint-Laurent. Mardi, 1600 tests ont été effectués dans la même journée. «On a adapté notre offre à la situation [...], confirme le DLeduc. On a mobilisé l’ensemble de nos ressources de santé publique pour faire des enquêtes la fin de semaine, les soirs et même au petit matin, on a réveillé beaucoup de gens pour leur annoncer qu’ils avaient un résultat positif et leur dire de ne pas bouger de chez eux […]. On a fait des tests jusqu’à 1h du matin. On a des gens qui ont été extrêmement dévoués. Ça a été une semaine très active! On a aussi rehaussé nos mesures dans nos installations en prévention des infections pour s’assurer que nos visiteurs ne viennent que pour des raisons importantes et qu’ils n’aient pas de symptômes.» 

Éviter les rassemblements

Avec ce rehaussement de la vigilance, le directeur régional de la santé publique insiste auprès de la population : il faut éviter les rassemblements. Il rappelle que les rassemblements constituent la principale cause de l’explosion de cas au Bas-Saint-Laurent. 

«Ce qui nous a amenés à cette situation malheureuse, c’est une accumulation d’événements sociaux et de rassemblements familiaux avec trop de monde. C’est ce qui a fait en sorte que notre situation s’est détériorée aussi rapidement. Aujourd’hui, on a un réveil brutal, une semaine après avoir eu une situation où on avait le meilleur bilan au Québec! Trop de mauvaises habitudes ont été prises, cet été, dans un contexte où nous sommes toujours en pandémie; ce virus-là n’est pas disparu. J’invite les gens à écouter certains médias internationaux pour voir que dans certains États américains, en France, en Espagne ou en Israël, ce virus-là cause, en ce moment, de grands dommages. C’est ce qu’on veut éviter à tout prix!»

La Sûreté du Québec interpelée

Sylvain Leduc exhorte les personnes qui ont reçu un diagnostic positif à la COVID-19, celles qui sont identifiées comme des contacts proches et celles qui sont en attente d’un résultat à respecter la période d’isolement recommandée. «C’est ça qui permet de diminuer la contagion», souligne le Dr Leduc. Quant aux récalcitrants, le directeur de la santé publique interpelle la Sûreté du Québec «pour augmenter significativement les inspections». «On va continuer à travailler de concert avec eux et si jamais des ordonnances légales étaient nécessaires pour faire respecter l’isolement des gens qui constituent des menaces à la santé de la population, on va le faire. Il y a des gens qui ne comprendront pas tant qu’on n’aura pas transmis un message via la Sûreté du Québec.»

«Les vrais récalcitrants, il n’y en pas tant que ça, nuance néanmoins le directeur de la santé publique. Il y a des négligents, des gens qui ne saisissent pas. On a des gens qui nous narguent. Puis ça, c’est un peu agaçant parce qu’avec la COVID-19, si 20 % des gens ne respectent pas l’isolement, ça crée beaucoup de dommages.»

Semaine intense

Pendant cette semaine intense, la direction de la santé publique a collaboré avec plus établissements d’enseignement, tels que des cégeps, l’Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière et des centres de formation professionnelle qui ont suspendu leurs cours en présentiel et qui ont fait ou qui feront une transition vers la formation à distance. «On comprend la déception de certains élèves de ne pas avoir de cours en présence dans les prochaines semaines, indique Sylvain Leduc. On comprend aussi la difficulté pour les professeurs de se retourner comme ça si rapidement. C’est une nécessité pour s’assurer que le virus, qui circule dans les groupes d’âge qui vont au cégep et à l’université, ne fasse davantage de dégâts.»

Avec ce changement de palier, la collaboration des municipalités et des élus est également sollicitée. «On leur demande de rehausser la vigilance, les mesures de distanciation et le respect de l’hygiène dans leurs installations, dans les services qu’elles offrent, que ce soit des services culturels ou de sports [...]», précise le médecin. 

Un cas de COVID-19 dans une résidence pour aînés

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent confirme qu’un locataire d’une résidence pour personnes âgées de Rivière-du-Loup, la résidence Les Jardins Rose-Hélène, a reçu un diagnostic de COVID-19. Le résident est en isolement et n’est pas hospitalisé.

D’ailleurs, le CISSS a entrepris de visiter toutes les résidences pour aînés de son territoire «pour revoir avec elles les mesures de prévention et de contrôle», précise le Dr Leduc. «On gardait déjà le contact, mais on relance toutes les résidences. Des mesures plus sévères sont prévues, généralement, lors d’un changement de palier vers l’orange.» Pour l’instant, le médecin ne prévoit pas interdire les visites auprès de cette clientèle.