Les deux personnes décédées étaient hébergées à la Résidence Saint-Joseph, de Maria, où une importante éclosion fait rage depuis une semaine.
Les deux personnes décédées étaient hébergées à la Résidence Saint-Joseph, de Maria, où une importante éclosion fait rage depuis une semaine.

COVID-19: deux décès en Gaspésie, une première depuis le printemps 

Gilles Gagné
Gilles Gagné
Collaboration spéciale
CARLETON — La Direction de la santé publique recense deux décès attribuables à la pandémie de COVID-19 en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine. Il s’agit des deux premières mortalités depuis la fin du printemps, et elles touchent deux personnes hébergées à la Résidence Saint-Joseph, de Maria, où une importante éclosion fait rage depuis une semaine.

L’une des victimes est décédée dans un centre hospitalier situé hors de la région, à Rimouski selon toute vraisemblance, tandis que l’autre personne est morte à la Résidence Saint-Joseph. Les deux victimes souffraient déjà d’autres maladies.

«La COVID est venue achever un “travail” amorcé par d’autres pathologies», indique le docteur Yv Bonnier-Viger, directeur de la Santé publique pour la Gaspésie et les Îles.

La Direction de la santé publique ajoute 12 cas d’infection vendredi, ce qui porte le total à 290 dans la région depuis le début de la pandémie et à 63 cas durant la dernière semaine. La MRC d’Avignon compte 45 de ces nouveaux cas et 43 des 59 cas actifs dans la région présentement.

L’éclosion de la Résidence Saint-Joseph de Maria a gagné un cran en importance vendredi alors que deux résidents de plus ont reçu un test positif. Le total de résidents infectés passe à 17, alors que le nombre d’employés touchés s’établit maintenant à six, comparativement à moins de cinq jusqu’à jeudi.

La chasse sous le radar

D’autre part, alors que la chasse au gros gibier s’intensifie en Gaspésie, le docteur Bonnier-Viger sent le besoin de mettre en garde les milliers d’adeptes de cette activité contre des habitudes de longue date à éviter, notamment la grande proximité dans les camps de chasse.

«La chasse, il y a deux façons de la considérer. C’est un genre de fête, avec les amis (…) Ça peut aussi être une grande communion avec la nature, surtout avec le gibier. Je recommande la deuxième façon (…) Il y a eu deux éclosions venant de chasseurs. Ça arrête une activité brusquement. Je pense que les chasseurs pourraient prendre exemple sur les autochtones, et montrer un grand respect pour la nature», signale-t-il.

Le 22 septembre, le code de couleur de la MRC d’Avignon est passé du vert, pour vigilance, au jaune, pour pré-alerte. Pourrait-il changer de couleur, comme passer au code orange, pour alerte modérée? « Ça pourrait arriver mais on attend à lundi matin », signale le docteur Bonnier-Viger, en parlant du moment de la semaine où les recommandations régionales sont communiquées au ministère de la Santé.

Quant à la durée de l’éclosion dans la MRC d’Avignon, où les causes sont toujours sous enquête, le médecin s’attend à ce que ça augmente pendant 14 jours suivant l’éclosion. « Si les gens respectent les règles, peu à peu, le nombre de cas va diminuer de jour en jour », conclut-il.