Le CIUSSS a confirmé deux cas de COVID-19 à la Polyvalente de Charlesbourg.
Le CIUSSS a confirmé deux cas de COVID-19 à la Polyvalente de Charlesbourg.

COVID-19: au moins quatre écoles touchées à Québec

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
Deux cas de COVID-19 ont été signalés dans deux écoles primaires de Québec, lundi soir. Il s’agit de la troisième et de la quatrième école de la capitale à faire face au coronavirus depuis la récente rentrée, après la Polyvalente de Charlesbourg et l’école secondaire Jean-de-Brébeuf.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale a confirmé un cas à l’école Les Prés-Verts dans une missive envoyée aux parents lundi soir, et obtenue par Radio-Canada. «Nous estimons que le risque de votre enfant d’avoir contracté le virus est faible», écrit le CIUSSS, qui précise avoir demandé aux parents des enfants ayant été en contact étroit avec la personne atteinte de garder leur enfant à la maison. Tous les autres peuvent revenir à l’école mardi matin.

Un cas a également été recensé à l’école Jules-Émond, dans le secteur de Val-Bélair. Là aussi, le risque de transmission est considéré «faible», et il a été demandé aux parents des enfants ayant été en contact étroit avec la personne atteinte de garder leur enfant à la maison, selon la lettre de la santé publique envoyée lundi soir aux parents, que Le Soleil a pu consulter. 

Plus tôt dans la journée, le CIUSSS confirmait deux cas de COVID-19 à la Polyvalente de Charlesbourg, et un autre à l’école secondaire Jean-de-Brébeuf. 

Ces trois cas n’étant pas reliés au plan épidémiologique, la Polyvalente de Charlesbourg et l’école Jean-de-Brébeuf ne sont pas considérées comme des milieux «en éclosion». Les trois élèves touchés sont plutôt considérés comme des cas communautaires, précise le CIUSSS dans un communiqué transmis aux médias lundi matin.

Par mesure de précaution, tous les élèves des trois groupes-classes de ces trois cas positifs ont été retirés de leur école pour une période de 14 jours, à compter du 28 août. Cela représente 55 personnes à la Polyvalente de Charlesbourg et 26 à l’école secondaire Jean-de-Brébeuf, pour un total de 81 élèves.

«Ces jeunes et leurs familles ont été contactés le 30 août pour les informer de la situation. Un test de dépistage de la COVID-19 a été recommandé aux élèves des groupes-classes concernés», qui doivent aussi continuer à surveiller leurs symptômes, indique le CIUSSS, précisant que les membres du personnel de l’école ayant été en contact avec ces cas positifs ont aussi été avisés, et que des directives spécifiques s’appliqueront à eux en fonction de leur exposition.

Des corridors dédiés aux élèves ont par ailleurs été aménagés au centre de dépistage Fleur-de-Lys. Pour pouvoir y accéder, ils n’ont qu’à montrer le document de la santé publique qui leur a été transmis. 

Le CIUSSS souligne que tout le personnel ainsi que les parents de tous les étudiants des établissements concernés ont été avisés de la situation. «Il n’y a cependant pas d’autres directives à leur égard que de surveiller les symptômes de la COVID-19 et de suivre les consignes habituelles d’hygiène des mains, de port du masque et de distanciation physique», précise-t-il. 

Le CIUSSS a confirmé un cas de COVID-19 à l’école secondaire Jean-de-Brébeuf.

Isolement préventif automatique

En entrevue au Soleil, lundi, le directeur de santé publique de la Capitale-Nationale par intérim, le Dr Jacques Girard, a confirmé que l’isolement préventif de tous les élèves d’un groupe-classe sera de mise chaque fois qu’un cas de COVID-19 y aura été recensé. 

«Quand les élèves sont assis dans leur classe, ils enlèvent leur couvre-visage» et n’ont pas à respecter une distance de deux mètres entre eux, rappelle le Dr Girard pour justifier cette mesure préventive. L’idée, explique-t-il, c’est de ne pas avoir à fermer toute l’école.

Seuls le port du couvre-visage en classe et la distanciation entre les élèves pourraient permettre d’éviter d’isoler des groupes-classes entiers lorsque des cas y sont détectés, convient le Dr Girard.

«C’est un choix qu’on a fait. En utilisant ce mécanisme de bulle-classe, ça permet de laisser un espace de liberté pour les jeunes dans un milieu plus naturel. […] On s’attend à ce qu’il y ait des cas, mais si on arrive à les identifier rapidement, on évite d’essaimer [le virus] dans l’ensemble du milieu scolaire», explique le médecin. 

Le Dr Jacques Girard souligne d’ailleurs l’importance pour le milieu scolaire d’être «vraiment alerte» et de respecter le concept des fameuses «bulles-classes». 

À propos des activités parascolaires et des programmes de sports-arts-études, qui mélangent des élèves provenant de groupes-classes différents au sein d’une même discipline (et parfois des élèves provenant de disciplines différentes au sein d’un même groupe-classe dans le cas des programmes de sports-arts-études), le Dr Jacques Girard mentionne que la santé publique est en train de «peaufiner» les mesures «afin que ça se fasse en toute sécurité».

«Lorsqu’on dit qu’on va peut-être assouplir certaines règles, on ne le fait pas à n’importe quelle condition. […] Il faut s’assurer que les groupes sont relativement stables dans le temps, parce que si on changeait [constamment] ces groupes, ça nous compliquerait la vie. Il faut savoir, quand il y a un cas, avec qui ce jeune-là s’est tenu», expose le DJacques Girard.

Vendredi, le premier ministre François Legault a cédé à la pression populaire et annoncé que les directions d’écoles pourront aller de l’avant avec les programmes de sports-arts-études et les activités parascolaires le 14 septembre «si tout va bien». 

Plusieurs établissements ont toutefois décidé de ne pas attendre cette date et de commencer comme prévu leurs programmes de sports-arts-études à la rentrée.

Dans un courriel transmis au Soleil, lundi, l’attaché de presse du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a tenu à rappeler que «les sports-études, art-études et activités parascolaires ne sont pas interdits». 

«Ceux-ci peuvent se tenir, dans la mesure où la consigne du groupe-stable est respectée. Plusieurs centres de services ont d’ailleurs maintenu l’ensemble de leur offre» dans le respect des consignes, écrit Francis Bouchard. 

L’attaché de presse du ministre Roberge souligne que les premiers cas positifs déclarés dans le réseau scolaire rappellent l’importance de «jouer de prudence». «Comme le premier ministre l’a mentionné aujourd’hui, la dernière chose qu’on veut, c’est fermer nos écoles. Ce doit être la grande priorité et chacun doit y mettre du sien», insiste-t-il.

Objectif de 4000 tests dans la Capitale-Nationale

Dans la Capitale-Nationale, des équipes mobiles de dépistage pourraient être déployées dans les écoles qui seraient aux prises avec une éclosion, indique le Dr Jacques Girard.

Actuellement, la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale réalise entre 1000 et 1400 tests de dépistage par jour, mais elle pourrait en faire 1900. «Cette capacité va être rehaussée. On pense pouvoir atteindre 4000 tests par jour éventuellement, mais ce n’est pas pour tout de suite», précise le Dr Girard.

Le taux de positivité des tests réalisés dans la Capitale-Nationale n’est actuellement que de 0,2 %, mais le Dr Girard s’attend à le voir augmenter cet automne.