Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé
Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé

COVID-19: 47 écoles du Québec ont rapporté au moins un cas [VIDÉO]

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Au Québec, 47 écoles ont rapporté au moins un cas de COVID-19 depuis le 26 août, selon la liste officielle rendue publique vendredi après-midi par le gouvernement de François Legault.Cette liste avait été promise jeudi par le gouvernement.

Elle présente les établissements d’enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de la formation générale des adultes ainsi que les centres de formation professionnelle ayant rapporté au moins un cas chez les élèves ou les membres du personnel, entre le 26 août et le 3 septembre.

Consultez la liste des écoles touchées par la COVID-19

Le document ne dévoile pas le nombre de cas par établissement, ni le total en milieu scolaire.

Mais selon le ministre de la Santé, Christian Dubé, il s’agit «principalement de cas uniques», c’est-à-dire un seul cas répertorié par école, a-t-il précisé en conférence de presse, vendredi, à Montréal, peu avant la publication de la liste.

Seulement deux éclosions ont été comptabilisées, a confirmé le conseiller médical stratégique à la Direction générale de la santé publique, le Dr Richard Massé: la première dans une polyvalente près de Montréal. Il s’agit d’un enseignant sans symptôme qui ignorait être infecté, mais qui a contaminé plusieurs collègues avant même la rentrée scolaire, lors des journées de préparation des classes.

L’autre éclosion ne compte que deux cas reliés.

«C’est très peu, cela s’est très bien passé pour une première semaine», a commenté le ministre Dubé, qui rappelle qu’il y a quelque 3100 écoles au Québec. Il reconnaît que ce n’est «pas parfait», mais qu’»on était bien préparés».

Dès la semaine prochaine, cette liste sera bonifiée sur une base quotidienne en identifiant les nouveaux cas rapportés au cours de la journée précédente, promet le gouvernement.

Le ministre Dubé a dit vouloir être prudent: il ne veut pas qu’une fausse information ne s’y retrouve, ni qu’un enfant ne soit identifié, ce qui pourrait être le cas, par exemple, s’il n’y a qu’un seul cas rapporté dans une école.

«Cette liste représente une première étape dans la volonté du ministère de la Santé et des Services sociaux et du ministère de l’Éducation de tenir la population - et particulièrement les parents - au fait de la propagation du virus au sein du réseau scolaire», est-il indiqué dans un communiqué diffusé en fin d’après-midi vendredi.

Le gouvernement rappelle que lorsqu’un cas est rapporté dans l’établissement scolaire fréquenté par leur enfant, tous les parents reçoivent systématiquement un avis de leur direction d’école, de même que les membres du personnel.

Système d’alerte

Vendredi, devant la progression du nombre de cas de COVID-19, maintenu à plus de 180 depuis deux jours, le ministre Dubé a déclaré qu’il s’agit «d’un niveau d’alerte important».

D’ailleurs, Québec s’apprête à créer un système d’alerte à quatre niveaux qui permettra de désigner les régions par zone, selon le nombre de cas de COVID-19 qu’on y retrouve.

M. Dubé l’a confirmé vendredi, affirmant toutefois que les détails à ce sujet seront dévoilés mardi.

Il a comparé le futur système aux tableaux que l’on retrouve dans certains parcs du Québec, sur lesquels sont indiquées les zones vertes, jaunes ou rouges.

«Notre système d’alerte sera fait sur une base régionale et par secteur», a-t-il précisé.

Mais le ministre a été clair: il souhaite qu’on n’ait pas à s’en servir.

«Si on garde nos cas bas, on n’aura pas besoin de changer de zone, d’aller au jaune», a-t-il illustré, mentionnant toutefois qu’il s’attend à voir les nombres de nouveaux cas augmenter au cours des prochains jours. Cela risque d’arriver vu le grand nombre de tests actuellement effectués: jeudi, il y en a eu 19 000, un record selon le ministre.

Par ailleurs, à l’instar du premier ministre François Legault, il a enjoint les Québécois à être prudents au cours du long week-end de la fête du Travail, qui est pour plusieurs l’occasion de rassemblements.

Il a rapporté le cas d’un récent souper à Laval réunissant 17 convives. «J’ai eu 14 cas sur 17», s’est-il exclamé en point de presse. Un exemple de situation que les autorités sanitaires redoutent.

M. Dubé dit avoir aussi eu vent que des activités d’initiation avaient été organisées pour la rentrée, notamment dans les universités. Il a demandé aux organisateurs de revoir leurs plans, voire d’annuler les activités. «C’est dangereux», a-t-il répété.

«Surprenez-nous donc en fin de semaine», a-t-il lancé aux Québécois.