Sylvain Gaudreault est membre du Parti québécois depuis 1987.
Sylvain Gaudreault est membre du Parti québécois depuis 1987.

Course au PQ: un pas de plus pour le militant Sylvain Gaudreault

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le Parti québécois choisira son nouveau chef le 9 octobre, deux ans après la démission de Jean-François Lisée. Au cours des quatre dernières semaines de cette course marathon, Le Soleil vous présente les quatre candidats en lice pour mener le PQ aux élections générales de 2022. Aujourd’hui : Sylvain Gaudreault

«J’ai tout fait. J’ai posé des affiches, j’ai fait du financement, j’ai fait du porte-à-porte. J’ai été candidat, député, ministre, j’ai été chef intérimaire du parti. Je le connais parfaitement, ce parti-là! Et toute ma vie politique a été inscrite au cœur de mon rôle de militant.»

Sylvain Gaudreault veut maintenant devenir chef permanent du PQ. Cela n’a jamais été un objectif en soi, assure-t-il. Mais il voit ce pas de plus comme un nouvel outil pour «changer les choses pour la société québécoise vers l’indépendance, mais changer aussi les choses à l’intérieur du parti».

Membre du Parti québécois depuis 1987, il était au cégep. Il est devenu député 20 ans plus tard, en 2007, et a maintenant été élu à cinq reprises dans la circonscription de Jonquière. Dont la dernière fois, en 2018, avec son plus fort pourcentage de vote, 48,4 %.

«Dans ma vie politique, la chefferie, c’est l’expérience la plus forte que j’ai vécue en termes de campagne électorale. Sans diminuer ce que je vis dans le comté. Mais faire le tour du Québec, aller à la rencontre des gens... Et il faut être bon sur tout, pas juste sur l’environnement ou les enjeux locaux ou régionaux. Là, il faut avoir des choses à dire sur la langue française, sur le développement économique, sur l’urbanisme, etc.» énumère-t-il, en entrevue au Soleil.

«Je ne quitterai pas ma famille»

En tête de peloton depuis plusieurs semaines d’une lutte à quatre qui se sera étirée sur près d’un an —  M. Gaudreault a été le premier candidat déclaré, en novembre —, l’homme de 50 ans avance ne préparer aucun autre scénario que celui de la victoire.

«Je suis dans un état d’esprit pour gagner. Ç’a toujours été ça! J’ai fait cinq campagnes dans Jonquière, j’ai toujours gagné. Je n’ai pas d’autre scénario», affirme-t-il.


« J’ai tout fait. J’ai posé des affiches, j’ai fait du financement, j’ai fait du porte-à-porte. J’ai été candidat, député, ministre, j’ai été chef intérimaire du parti. Je le connais parfaitement, ce parti-là! Et toute ma vie politique a été inscrite au cœur de mon rôle de militant »
Sylvain Gaudreault

Mais advenant une défaite le 9 octobre, n’attendez pas de coup d’éclat ou de claquement de porte de la part de celui qui a déjà été témoin privilégié de trois courses à la chefferie et de nombreuses tempêtes au sein du PQ.

«Le Parti québécois, c’est ma famille politique. Je ne quitterai pas ma famille, confirme M. Gaudreault.

Se qualifiant lui-même de «réformateur du parti de l’intérieur», il mettrait en place ses «neuf chantiers de l’indépendance» dès le lendemain de son élection comme chef.

«Dans mon plan de transition vers l’indépendance, j’ai neuf chantiers. Je veux mettre ça rapidement sur pied pour avoir des réponses aux questions des citoyens en vue de l’élection 2022. Je veux aussi qu’on se branche encore plus sur les réalités locales et régionales, parce mon objectif est de gagner en 2022 et pour ça, ça nous prend plus de députés», fait-il valoir.

Pas de salaire de chef

Seul député parmi les quatre aspirants au titre de 10e chef élu du PQ, premier depuis les lendemains de l’élection du 1er octobre 2018, M. Gaudreault ne chômera pas d’ici au vote. Malgré l’annulation récente de ses dernières rencontres de campagne à cause de la recrudescence de la COVID-19.

Il sera occupé au parlement avec l’étude du projet de loi 50, qui touche la rivière Shipshaw, dans son comté, et l’adoption prochaine du projet de loi 44 sur le climat, sujet dont il est porte-parole pour son parti.

«Mon travail de député m’occupe en parallèle de la course à la chefferie, mais ça comporte aussi des avantages. Je comprends plusieurs éléments de contenu à travers mon travail», indique-t-il.

«Autre chose, aussi. Je n’ai pas besoin de salaire. Au Parti québécois, c’est public, on a un enjeu financier important. Moi, je ne demanderai pas de salaire au parti comme chef. J’aurai mon salaire de député et de chef parlementaire [de l’Assemblée nationale], c’est tout. C’est quand même une réalité importante, ça fait partie du contexte. Ça fait partie de l’ensemble des arguments, les pour et les contre que les membres doivent peser. J’arrive avec ça, c’est ma dot!» poursuit M. Gaudreault.

Transformer le parti de l’intérieur

Plus que cela, sa «capacité d’amener le parti ailleurs et plus loin» devrait le faire élire, croit-il.

«C’est moi qui ai parlé le plus de l’enjeu de la crise climatique avec les propositions les plus fortes et les plus concrètes. J’ai fait la démonstration qu’il nous faut absolument l’indépendance pour aller au devant des autres sur la crise climatique. On n’a plus rien à faire dans le Canada, qui est englué dans les sables bitumineux, souligne-t-il.

«Et c’est moi qui, à l’intérieur du parti, ai proposé les mesures les plus fortes pour changer l’organisation. J’ai parlé à plusieurs reprises d’“inverser la pyramide” pour que le national soit au service des circonscriptions. Je suis un réformateur à l’intérieur du parti. J’ai la capacité de livrer la marchandise pour transformer le parti», promet Sylvain Gaudreault.

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